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Aug 26 2014

INDE : L’enlèvement manuel des excréments humains continue, avec la complicité des autorités locales


Gangashree parcourt le village de Kasela (Uttar Pradesh) pour collecter manuellement les excréments humains des toilettes. Elle porte ces excréments dans son panier pour les jeter à l’extérieur du village. © 2014 Digvijay Singh

Gangashree parcourt le village de Kasela (Uttar Pradesh) pour collecter manuellement les excréments humains des toilettes. Elle porte ces excréments dans son panier pour les jeter à l’extérieur du village. © 2014 Digvijay Singh

Le gouvernement indien devrait mettre fin au ramassage manuel des excréments humains par les communautés issues des castes les plus défavorisées, en s’assurant que les responsables locaux fassent respecter les lois interdisant ces pratiques discriminatoires, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié ce 25 août. Le gouvernement doit mettre en œuvre la législation existante destinée à aider les membres des communautés qui récupèrent les excréments à trouver un mode de vie alternatif durable.

Le rapport de 96 pages, intitulé «Cleaning Human Waste: ‘Manual Scavenging,’ Caste, and Discrimination in India » dénonce le caractère coercitif de la récupération manuelle des excréments. En Inde, les éboueurs manuels, appartenant à une sous-caste des dalits, récupèrent quotidiennement des excréments humains et les transportent avec des paniers en rotin. Les femmes issues de ces castes nettoient généralement les toilettes à domicile tandis que les hommes se chargent des tâches plus physiques comme nettoyer les égouts et les fosses septiques. Le rapport décrit les obstacles rencontrés par les personnes qui veulent arrêter ces tâches : des menaces de violences et d’expulsions de la part des autres habitants mais également des menaces, des actes de harcèlement et des retenues illégales sur salaires par les autorités locales.

« Les tentatives des gouvernements indiens successifs pour mettre fin au nettoyage d’excrément fondé sur des critères de castes ont été mises à mal par une discrimination continue et la complicité des autorités locales » a déclaré Meenakshi Guaguly, directeur Asie du Sud à Human Rights Watch. « Le gouvernement doit sérieusement mettre en œuvre les lois interdisant le nettoyage manuel des déchets et venir en aide aux communautés concernées. »

Pour voir la vidéo sur les éboueurs manuels accompagnant le rapport de HRW, cliquez ici

Source: Human Rights Watch

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Aug 12 2014

Genève – Inquiétudes des Nations Unies face à la discrimination des Burakus au Japon


Lors de la session consacrée au Japon en août 2014, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (CCPR) a fait part de ses préoccupations face aux discriminations auxquelles sont exposés les Burakus au Japon, et tout particulièrement les femmes Burakus.

Un couple buraku du Japon

Un couple buraku du Japon

Les Nations Unies regrettent notamment le manque de participation des femmes Burakus à des postes politiques et le Japon a été invité à prendre des mesures concrètes pour évaluer et soutenir cette participation politique des femmes Burakus.

En outre, le comité s’est dit préoccupé par le discours raciste répandu au Japon incitant à la haine contre les minorités en général et les Burakus en particulier, ainsi que les protections insuffisantes face à ces actes dans le code pénal et civil.

Megumi Komori du Mouvement international contre toutes formes de racisme et de discrimination (IMADR) commente la prise de position des Nations Unies en ces termes :

“Nous nous félicitons des commentaires du comité de CCPR concernant les femmes Burakus, dont la participation n’a pas été reconnue dans le plan du gouvernement pour l’égalité des sexes. Le problème le plus grave incombe à l’échec du gouvernement à accepter et à appliquer les recommandations des Nations Unies. Le CCPR est profondément préoccupé par cette attitude “.

Des représentants de communautés minoritaires du Japon, y compris des Burakus, seront également présents en ce mois d’août 2014 lors de l’examen du Japon par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), afin de mettre en évidence la question de la discrimination fondée sur l’ascendance.

Les Burakus sont une minorité sociale japonaise d’environ 6 millions de personnes, sans pour autant se distinguer des autres Japonais quant à la langue ou l’ethnie. Ils sont discriminés en raison d’un lien avec un travail autrefois considéré comme impur, à savoir le dépeçage des animaux ou le tannage du cuir, et de leur place dans le système de castes japonais. En particulier, ils ont souvent du mal à trouver un partenaire pour se marier ou un emploi.

Source et photo : IMADR

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Aug 04 2014

Genève – Nations Unies et violences subies par les femmes dalits


A l’occasion de la 26e session du Conseil des Droits de l’Homme qui s’est tenue en juin 2014 à Genève, une conférence parallèle a abordé le 17 juin le rôle des Nations Unies dans la lutte menée contre la violence et la discrimination subies par les femmes dalits.

Femmes et filles dalits: particulièrement exposées à la violence

Femmes et filles dalits: particulièrement exposées à la violence

Les participants à cet événement organisé par plusieurs ONG internationales et le Réseau International de Solidarité Dalit (IDSN) ont pris connaissance des appels formulés par plusieurs hauts fonctionnaires des Nations Unies en vue d’une approche cohérente et coordonnée des Nations Unies lorsque sont abordées les violences et discriminations basées sur la caste dont sont principalement victimes des femmes et des jeunes filles. Navi Pillai, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des violences et des discriminations basées sur la caste en disant : « Notre indignation est insuffisante. Nous devons mener des actions concrètes et ciblées en vue de réparer les échecs dramatiques qu’ont essuyés nos sociétés incapables de défendre les droits des personnes appartenant à des castes discriminées, spécialement les femmes et les jeunes filles. »

Plusieurs intervenants, originaires d’Asie du Sud et défenseurs des droits humains, ont dénoncé l’intensification de la brutalité et des violences à l’égard des femmes dalits surtout quand celles-ci affirmaient leurs droits, demandaient que leurs gouvernements prennent toutes mesures utiles pour mettre en œuvre les lois censées les protéger et aussi que la communauté internationale soutienne leur lutte.

Une représentante de la mission permanente de l’Inde auprès des Nations Unies à Genève prit la parole pour reconnaître la gravité du problème et aussi la difficulté énorme à mettre en pratique les lois visant à assurer la protection des dalits en Inde à cause des racines profondes de cette situation extrêmement complexe. Cette représentante ajouta encore que le Gouvernement de l’Inde reconnaissait le problème de l’accès à la justice pour les dalits qui forment un groupe particulièrement vulnérable en Inde. De tous côtés, les intervenants successifs réclamaient le lancement d’une stratégie globale d’actions coordonnées à mener par ceux qui cherchent une solution aux violences et discriminations.

La directrice de la Commission des Nations Unies pour une politique de la femme, Saraswathi Menon, résuma les  prises de position des divers intervenants en disant : « Des paroles et des lois ne suffisent pas, nous avons besoin d’actions concrètes. La législation seule ne peut aborder valablement la discrimination structurelle. Les Nations Unies ont un rôle important à jouer et doivent monter en première ligne pour aider à mettre un terme à toute violence basée sur la caste dont les femmes sont les principales victimes.

Cette conférence parallèle était sponsorisée par Human Rights Watch, International Movement against all forms of Discrimination and Racism, Minority Rights Group, Franciscans International et Asian Forum for Human Rights and Development. Elle était organisée en association avec le Réseau International de Solidarité Dalit (IDSN) et co-sponsorisée par le Danemark et la Norvège. La conférence connut un grand succès de participation, y compris des nombreuses délégations nationales officielles.

Source : IDSN

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Jul 28 2014

Nations Unies : les dalits disent MERCI à Mme Pillay


Des militants dalits ont rencontré Mme Navi Pillay et lui ont exprimé leur gratitude pour son soutien sans faille dans la lutte pour mettre fin à la discrimination basée sur la caste. Cette cérémonie a eu lieu à Genève en juin dernier, à la fin du mandat de la Haut-Commissaire pour les Droits de l’homme, mandat qui se termine en août 2014.fe4eaf68ae

 

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Mme Navi Pillay avec des militants dalits (Photos IDSN)

 

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Manjula Pradeep, militante dalit indienne, a offert à Mme Pillay un foulard brodé par une jeune femme dalit et Asha Kowtal, responsable du mouvement des femmes dalit AIDMAM (Inde) lui a donné une affiche encadrée de la Marche pour le respect de soi des femmes dalits. Mme Pillay a également reçu une carte du Réseau international de solidarité dalit IDSN avec le message suivant :

 

Madame Navi Pillay,

Nous tenons à vous remercier du fond du cœur pour votre courage et dévouement à la lutte contre la discrimination basée sur la caste tout au long de votre mandat en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’homme.

Vous avez parlé quand les autres sont restés silencieux, non pas une fois, mais à plusieurs reprises et avec une passion et un engagement qui ont laissé leur marque sur le monde.

Nous tenons à vous remercier pour votre travail en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme avec un véritable esprit de défenseur des droits humains, malgré les pressions et intimidations, en cherchant sans crainte la justice pour tous ceux qui souffrent de l’un des systèmes d’oppression les plus brutaux du monde.

A une époque où la bataille pour que la caste soit reconnue aux Nations Unies, à égalité avec les autres formes de discrimination, a semblé un défi insurmontable, vous avez allumé une lumière d’espoir avec vos déclarations répétées de soutien et vos demandes aux Etats membres des Nations Unies pour prendre des actions. Vos mots résonneront encore longtemps dans notre mouvement, bien au-delà de votre mandat au Haut-Commissariat des Droits de l’homme (HCDH).

Nous espérons et croyons que la marque que vous avez laissée sur le Haut-Commissariat assurera un engagement futur fort et un plaidoyer de haut niveau du HCDH dans la lutte pour mettre fin à la discrimination basée sur la caste.

Vous avez été un vrai champion de la cause et nous espérons que vous continuerez à rester à nos côtés dans cette lutte pour de nombreuses années à venir.

Avec la plus profonde gratitude,

Les membres des mouvements dalits en Asie du Sud et le Réseau international de solidarité dalit IDSN

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Jul 16 2014

Nations Unies : Préoccupations graves pour les femmes dalits et l’absence de mise en œuvre des lois


Dans sa session consacrée à l’examen de l’Inde le 2 juillet 2014, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a soulevé de nombreuses questions concernant les femmes et les filles dalits. Pour le Comité, la situation des femmes dalits et l’absence de mise en œuvre des lois sont des sujets très préoccupants.

La délégation indienne a répondu aux préoccupations soulevées par le Comité d’experts en énumérant les dispositions constitutionnelles, législatives et de législation spéciale en place pour faire face à la discrimination et à la violence envers les femmes en général et les femmes dalits en particulier.

Le Comité a répondu qu’il est bien conscient de la législation, mais ces lois ne sont pas appliquées. Il en appelle à l’Inde pour améliorer la mise en œuvre de la législation en vigueur.

La délégation de l’Inde a également reconnu l’écart entre les dispositions juridiques et leur mise en œuvre dans la pratique et a dit que la taille du pays et de sa population ainsi que sa diversité posent un défi particulier pour la mise en œuvre des lois.

La délégation a également indiqué que des progrès importants ont été réalisés pour assurer l’accès à la justice, et notamment par un projet mené conjointement par le Ministère de la Justice et le PNUD qui a amélioré l’accès à la justice pour les personnes marginalisées et pauvres, les femmes, les castes et les minorités.

Le Comité s’est également dit préoccupé du sort des femmes dalits et de la discrimination de caste dans une série de domaines comme la représentation inadéquate au gouvernement, les taux d’abandon scolaires élevés pour les filles dalits, la pratique du travail forcé, le ramassage manuel des excréments et la tradition Devadasi de prostitution de temple basée sur la caste. Il a également évoqué les inconvénients des femmes dalits en matière de santé, comme par exemple leur taux élevé de mortalité maternelle. Dans sa réponse, la délégation indienne a principalement renvoyé aux dispositions légales existantes.

Avant l’examen de l’Inde au sein du CEDAW, trois organisations dalits avaient soumis leur analyse commune sur les discriminations multiples contre les femmes dalits. Il s’agissait de deux organisations indiennes (AIDMAM et Navsarjan Trust) et de l’organisation internationale IDSN.  D’autres ONG ont également fait référence aux discriminations de caste dans leurs rapports parallèles, en particulier Human Rights Watch et Amnesty International.

La première journée de la session fut consacrée notamment à des rencontres avec des représentants d’ONG et de la Commission nationale des droits de l’homme de l’Inde. Mme Asha Kowtal, secrétaire générale du mouvement des femmes dalits AIDMAM et Mme Ruth Manorama, présidente de l’Alliance nationale des femmes y ont pris la parole. Mme Kowtal a fait référence aux commentaires de la Commission nationale indienne des droits de l’homme, qui reconnaissait que les femmes dalits élues étaient confrontées à des obstacles graves dans l’exercice de leurs mandats politiques. En outre, selon le représentant de cette commission nationale, la loi censée protéger les dalits et tribaux contre des violences n’est pas mise en œuvre de manière efficace et les coupables de viol et d’assassinat ne sont pas punis. Par ailleurs, il n’est pas rare en Inde que des femmes dalits soient exhibées nues en public.

Dans les observations finales et recommandations, on s’attend à ce que le Comité CEDAW reprenne les nombreuses préoccupations soulevées lors de l’examen sur la discrimination et la violence basées sur la caste dont souffrent les femmes, ainsi que l’absence de mise en œuvre des lois visant à protéger les femmes dalits.

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Jul 16 2014

Grande-Bretagne: La discrimination de caste débattue à Westminster


Le 9 juillet dernier, des parlementaires britanniques ont interpellé Mme Helen Grant, secrétaire d’Etat pour les Femmes et l’Egalité, sur la situation des dalits en Grande-Bretagne. A la base de cette interpellation, le fait que des mariages aient été refusés parce que les époux étaient  de castes différentes, que des dalits ne puissent avoir accès à certains lieux de culte ou qu’ils soient considérés comme des êtres inférieurs.

En Grande-Bretagne, la communauté des Asiatiques du Sud, principalement les Indiens et Pakistanais, compte près de 4,5 millions de personnes, dont environ 860.000 de dalits. Et selon le député Adam Holloway, des enquêtes ont révélé que 58% d’entre eux estiment être confrontés à des discriminations à cause de leur caste. Plus important, 80% des dalits britanniques croient que la police ne comprend pas cette discrimination si une plainte est  déposée. Toujours selon cette enquête, certains dalits se sont vus refuser une promotion professionnelle à cause de leur statut d’intouchable, alors que d’autres dalits se disent victimes d’humiliations ou d’harcèlements.

D’où la question que se pose le député : « Y aurait-il un apartheid caché sur notre île ? »

Si les discriminations envers les dalits sont de mieux en mieux connues en Asie du Sud, le débat parlementaire d’une demie heure à Londres montre à l’évidence que le problème s’est exporté à travers le monde entier où vit la diaspora indienne, pakistanaise, etc.

En 2010, le gouvernement travailliste avait d’ailleurs inclus dans la loi sur l’Egalité une possibilité d’amendement, assimilant la caste à la race, afin de pouvoir poursuivre des actes de discrimination basés sur la caste. L’amendement est entré en vigueur en avril 2013, interdisant toute discrimination de caste. Mais des zones d’ombre persistent, et le gouvernement actuel a prévu une consultation jusqu’après les élections de 2015 pour se prononcer définitivement.

Appuyé par plusieurs autres parlementaires, M. Holloway a dès lors conclu en présentant trois questions à la ministre en charge des questions d’égalité : Pourquoi prévoir un calendrier qui va au-delà des élections parlementaires de 2015 ? Le gouvernement entendra-t-il les groupes et communautés de la société civile impliqués dans l’enquête mentionnée plus haut ? Et quand le document pour la consultation sera-t-il publié ?

Dans sa réponse orale en fin du débat, Mme Grant a rappelé que le gouvernement britannique ne tolère pas des discriminations illégales ou autres préjudices dans la société. Cela s’applique, selon elle, aux questions concernant la caste, la race, la religion ou la croyance. « Je voudrais être claire », a-t-elle poursuivi, « le gouvernement éprouve toute sa sympathie avec les gens dans ces situations. L’expérience d’un tel antagonisme et d’une exclusion de la part de sa propre communauté doit être incroyablement pénible. » Et de rappeler que le gouvernement fait tout pour introduire une législation qui rend illégale toute discrimination de caste. Mais d’après elle, la question est très complexe. Une recherche scientifique a dès lors été commanditée avant de lancer une consultation plus large. Malgré les premières conclusions de la recherche publiées au printemps 2014, la ministre dit avoir postposé jusqu’en automne de cette année la consultation suite à de nouvelles questions juridiques apparues au cours de l’année et se dit ouverte à entendre les groupes concernés.

Elle rappelle que la question reste sensible et qu’elle prendra le temps qu’il faut afin de préparer une législation offrant une protection correcte pour tous ceux qui en ont besoin.

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Jul 14 2014

INDE : indignation générale des médias au sujet du viol et de la pendaison d’adolescentes


La nuit du 27 au 28 mai dernier, deux adolescentes dalits ont été violées et pendues à Badaun, Uttar Pradesh. Ce double crime a déclenché dans la plupart des médias une inondation d’articles, et l’affaire est loin d’être terminée. Ces articles dénoncent le viol et la violence perpétrés sur des femmes en Inde mais aussi sur les liens étroits de tels comportements avec la discrimination de castes.

Plusieurs contributions ont mis en lumière le fait que ni la « culture du viol » ni la « culture de l’impunité » ne cesseraient tant qu’on n’aura pas abordé de front la discrimination de castes. Les principales ONG de défense des droits humains ainsi que les Nations Unies ont également publié des déclarations à ce sujet.

Bien que l’affaire de Badaun ait fait la une des divers médias, des cas similaires de viols, de viols collectifs ou de meurtres d’adolescentes et de femmes dalits en Inde se passent chaque jour sans jamais être rapportés par les médias. Ainsi, alors que la plupart des médias s’indignaient au sujet du cas de Badaun, quatre adolescentes dalits, victimes de viols collectifs perpétrés par des membres de la caste dominante dans l’Etat d’Haryana, manifestaient à New Delhi pour que justice soit faite et que les coupables soient arrêtés et jugés. Mais l’impunité reste malheureusement la règle dans les cas de viol ou de violence sur des femmes dalits lorsque les coupables sont des hommes appartenant à des castes dominantes.

Malgré les garanties constitutionnelles et les lois spéciales, à travers tout le sous-continent indien,   les dalits – et en particulier les femmes – sont confrontés à diverses formes de discrimination et de violence. Les membres des castes dominantes sont réputés d’user de violence sexuelle sur les femmes et jeunes filles dalits comme d’un instrument politique visant à punir et humilier mais aussi pour faire valoir leur pouvoir.

Les crimes commis sur des dalits sont rarement enregistrés de manière adéquate ou soumis à une enquête, les taux de condamnations sont bas et il existe une longue liste de dossiers judiciaires en souffrance. La police a aussi la réputation d’être en connivence avec des criminels issus de castes dominantes couvrant leurs actes violents en ne les enregistrant pas ou en ne menant aucune enquête au sujet des délits commis sur des dalits.

L’Inde a, selon les lois internationales, l’obligation de prendre des mesures appropriées et efficaces pour prévenir et punir toute forme de violence sexuelle. Les autorités de l’Etat d’Uttar Pradesh doivent assurer que le viol collectif et le meurtre des deux adolescentes fassent l’objet d’une enquête impartiale et aussi que les auteurs de ces actes comparent rapidement devant la justice. Elles doivent aussi tenir pour responsables les agents de police coupables d’avoir refusé d’enregistrer les plaintes ou d’ouvrir une enquête.

Enfin, le nouveau gouvernement de l’Inde doit prendre des mesures immédiates et de grande envergure pour mieux protéger les droits à la sécurité et à la dignité des femmes dalits et de mettre un terme à l’impunité qui caractérise toujours les crimes commis contre elles.

Source: IDSN et Amnesty International

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Jul 14 2014

Népal : Campagne en faveur de l’égalité des droits pour les dalits


Fin mai 2014, des organisations de la société civile du Népal ont lancé une campagne de 12 jours contre la discrimination de caste et «l’intouchabilité». Elle s’est terminée le 4 juin dernier avec un grand rassemblement populaire. La campagne visait en particulier à ce que le gouvernement mette en œuvre la législation existante contre la discrimination de caste.

Au cours des dernières années, le Népal a pris des dispositions constitutionnelles et légales importantes contre la pratique de «l’intouchabilité» et d’autres formes de discrimination. Mais selon un ministre du gouvernement, « la mise en œuvre est pathétique ».

Pour M. Madhav Paudel, ministre de l’Information et de la Communication, « l’intouchabilité est restée une question nationale ». Il a promis que des mesures seront prises pour veiller à ce que la loi contre la discrimination de caste soit effectivement mise en œuvre.

Les organisations à l’origine de la campagne de 12 jours étaient parvenues à mobiliser des parties importantes de la société népalaise, y compris les groupes non-dalits, les médias et les partis politiques. Le slogan de la campagne appelait d’ailleurs à « lutter ensemble contre la discrimination et l’intouchabilité fondée sur la caste ».

Cette campagne a trouvé son point culminant lors d’une rencontre avec le Premier Ministre du Népal. Les organisations de dalits lui ont soumis leurs revendications pour une mise en œuvre complète de la loi sur la discrimination de castes et l’intouchabilité, si du moins le Népal souhaitait atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de devenir une nation débarrassée de l’intouchabilité.

Selon les organisateurs, la campagne a porté sur trois aspects: elle célèbre l’engagement de l’Etat en vue d’assurer l’égalité des droits en faveur des Dalits; elle fait appel à l’État et aux autres parties prenantes pour rétablir la dignité des Dalits et garantir leurs droits; et elle sensibilise à la mise en œuvre effective de la loi anti-discrimination de caste.

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Jun 27 2014

Dalits et Objectifs du millénaire : l’Inde peut faire mieux


Les dalits manifestent à Delhi pour plus de justice (Photo A. Noiret)

Les dalits manifestent à Delhi pour plus de justice (Photo A. Noiret)

A environ  an de la fin de la date butoir pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, l’Inde a fait de sérieux pas pour réduire de façon drastique l’extrême pauvreté et pourra probablement atteindre, à peu de choses près, certains indicateurs liés à cet Objectif numéro 1. Malheureusement, les nouvelles sont moins bonnes pour les dalits, car l’écart se creuse entre ces derniers et les populations pauvres des autres castes.

Selon les chiffres publiés par les Nations Unies et se basant sur le rapport 2009 du gouvernement indien, ce dernier espère arriver à un taux de pauvreté de 22,1% en 2015, alors que l’objectif initial était de réduire de moitié le taux initial pour arriver à un taux de 18,6%. Mais les pourcentages concernant la population dalit s’écartent de cette moyenne nationale ; ils sont passés de 48,3% en 1993-1994 à 29,6% en 2009-2010, et l’écart par rapport à la moyenne nationale va en grandissant.

C’est ce qui ressort du Travail de fin d’études présenté par Alice Noiret à l’école HEPN de Namur (Belgique) en vue d’obtenir le baccalauréat en Coopération internationale. Analysant les données recueillies lors de son stage au NCDHR (National Campaign on Dalit Human Rights) basé à Delhi, Alice Noiret arrive à la conclusion qu’une approche qui ne tient pas compte de façon explicite de la stratification en castes de la société indienne, lèse une nouvelle fois les dalits, déjà marginalisés et discriminés à de nombreux égards.

Plutôt que de promouvoir la charité envers les dalits, elle plaide pour une reconnaissance de leurs droits humains et sociaux afin que justice soit faite. Et qui dit reconnaissance de droits en Inde dit également lutte contre l’impunité rampante dans ce pays à l’échelle d’un sous-continent. En effet, depuis l’indépendance acquise en 1947 et l’acceptation de la Constitution deux ans plus tard, l’Inde n’a pas manqué de passer des lois protégeant et favorisant les catégories plus vulnérables, en particulier les dalits. Mais faute d’une application scrupuleuse de ces législations qui incluent la prévention de la violence à l’égard des dalits et des populations tribales ou encore des mesures pour favoriser leur accès à l’enseignement et à l’emploi, ils restent à la traîne de la société indienne et les « champions » de la pauvreté.

Pour changer cette situation, il faudrait améliorer la législation existante et l’appliquer de façon correcte. L’action récente en vue de la révision de la loi contre les atrocités subies par les dalits en est un bel exemple, montrant l’importance des luttes courageuses des dalits pour le respect de leur dignité humaine. Mais en outre, il faudra un changement d’attitude de la part des castes privilégiées qui bénéficient de la situation actuelle ; mais cette volonté de changement conduisant à de véritables transformations structurelles existe-t-elle ? C’est sur cette question et d’autres encore qu’Alice Noiret ouvre le débat, car une solution miracle à très court terme n’existe pas dans ce pays dont l’histoire a montré plus d’une fois une certaine rigidité face au changement, en particulier en ce qui concerne le système de castes.

Les marques de solidarité sur le plan international voire mondial restent donc primordiales, comme l’avait montré la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud à la fin du 20e siècle.

 

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Jun 27 2014

BANGLADESH : Améliorer l’accès à l’eau et aux sanitaires pour les dalits


Photo J Carlsen Dans les quartiers dalits, les conditions d'hygiène laissent à désirer

Photo J Carlsen
Dans les quartiers dalits de Dacca, les conditions d’hygiène laissent fortement à désirer

Le 22 mai dernier, des mouvements de la société civile de Dacca ont interpellé les autorités politiques pour qu’une solution soit trouvée aux problèmes d’eau et d’installations sanitaires dont souffre la communauté dalit marginalisée à Dacca et ailleurs au Bangladesh. De telles revendications avaient évidemment pour but d’assurer l’amélioration des conditions de vie des dalits dans le pays.

De fait, les dalits forment une des communautés les plus désavantagées, pauvres et négligées au Bangladesh. Cette situation requiert l’attention immédiate du gouvernement, ont déclaré avec force les divers conférenciers qui ont pris la parole lors du programme organisé par le Forum des citoyens à Dacca. Ce programme avait pour thème : « Comment garantir réellement l’accès à l’eau et  à des conditions sanitaires acceptables au profit de la communauté dalit ? » et était animé par S.K. Mridha, président du Mouvement pour les droits des dalits et des exclus au Bangladesh.

Les diverses personnalités invitées ont exprimé leur opposition au système des castes, le déclarant ‘un ordre social choquant et intolérable’. Ces intervenants ajoutaient que ce système de caste devait être aboli immédiatement pour permettre aux dalits et autres communautés marginalisées de mener une vie digne. En outre, ils insistaient aussi sur le fait que l’éducation est un droit fondamental de tous et qu’en conséquence le gouvernement devait prendre toutes initiatives nécessaires pour assurer l’accès des enfants à l’éducation.

La population dalit du Bangladesh compte environ cinq millions de personnes dont la plupart sont actifs dans le secteur du nettoyage des bâtiments et des rues. Dans la pratique, ces dalits sont relégués en marge de la société bangladaise et vivent généralement dans des colonies, quartiers malsains où ils doivent faire face tant  à des difficultés d’accès à l’eau potable qu’à des problèmes sanitaires. Il est dès lors urgent que le gouvernement trouve une solution adéquate à ces problèmes, d’autant plus que les quelques mesures déjà prises par le gouvernement restent, à ce jour, gravement insuffisantes.

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