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Oct 06 2014

PAKISTAN – Des milliers de dalits protestent contre les attaques et la discrimination à leur égard


Photo: PILER

Photo: PILER

Fin septembre 2014, 15.000 hindous – dont une majorité de dalits – ont défilé dans les rues de Karachi pour que le gouvernement provincial du Sind (sud-est du Pakistan) réponde à leurs demandes et arrête l’escalade de la discrimination contre les hindous de la région.

La manifestation a été déclenchée suite à l’assassinat, à Umerkot, de deux commerçants hindous de la communauté marginalisée des Malhi. Les meurtres ont suivi une série d’attaques sur les communautés non-musulmanes sous la forme de meurtres, d’enlèvements, de conversions forcées et d’attaques contre des lieux de culte. La manifestation était conduite par M. Lal Malhi, un membre de l’Assemblée nationale du Pakistan élu sur les sièges réservés aux minorités.

Le district d’Umerkot, où la population non-musulmane est majoritaire, est de plus en plus une plaque tournante d’attaques ciblées contre la communauté hindoue. Des assassinats fréquents, des enlèvements et des conversions forcées de femmes hindoues ont conduit à un exode massif de la population locale de la région. Lors des élections générales de l’année dernière, la communauté hindoue a reçu une nouvelle fois des menaces de la part de personnalités puissantes essayant d’usurper leur droit de vote. Il n’y a eu aucune attention particulière face à cette menace contre la communauté locale. Ni le gouvernement provincial, ni le gouvernement fédéral n’ont pris des mesures pour répondre aux préoccupations de la population locale.

Le document de revendications présenté par les manifestants au gouvernement de Sind comprenait des mesures clés à prendre pour mettre fin à la discrimination et aux attaques visant les Hindous et d’autres groupes minoritaires au Pakistan. Le document demandait une attention particulière à la situation des dalits dans le Sind, car ils constituent un groupe très vulnérable souffrant de multiples discriminations. Les manifestants demandèrent également une enquête urgente sur la crise humanitaire en cours dans le désert du Thar pour répondre aux causes profondes sociales, économiques et politiques de la question pour faire face au mécontentement croissant dans la région.

En outre, les manifestants ont exhorté le gouvernement à appliquer le verdict historique de la Cour suprême du Pakistan de mai 2014, demandant au gouvernement de constituer un Conseil national pour les droits des minorités, de former une force de police spéciale pour la protection des lieux de culte des minorités et d’enlever le matériel haineux des programmes d’études. Ils ont exigé que des mesures soient prises pour mettre en œuvre toutes les recommandations, y compris l’application des directives politiques concernant la réservation de quotas pour les minorités dans tous les services gouvernementaux.

Suite à la manifestation, un comité du gouvernement du Sindh, comprenant 3 ministres et de hauts fonctionnaires, a accepté toutes les exigences énoncées dans le document de revendications, après avoir rencontré une délégation, dont les organisateurs de la manifestation. Le gouvernement du Sind a également convenu de former un comité mixte pour la mise en œuvre des demandes et suggestions restantes.

Enfin, le gouvernement s’est engagé par écrit à n’entreprendre aucune mesure punitive envers les manifestants et les organisateurs pour avoir organisé une telle manifestation à Karachi. Après la signature de cet accord, la manifestation a été dissoute, en attendant un résultat prometteur qui nécessitera un suivi. Parmi les 15 000 manifestants, 80% étaient des dalits, selon le Pakistan Dalit Solidarity Network (PDSN).

Source: IDSN

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Oct 01 2014

NEPAL – Les filles dalits particulièrement vulnérables au mariage des enfants


Dans une analyse intitulée «Népal: pourquoi le mariage des enfants persiste”, basée sur des données recueillies par Save the Children, World Vision et Plan, le service de presse IRIN News souligne que les filles dalits constituent un groupe particulièrement à risque pour des mariages d’enfants au Népal, et que des efforts concertés sont nécessaires pour améliorer le bien-être social des dalits dans ce pays.

Jeune fille dalit au Népal Photo: Jakob Carlsen

Jeune fille dalit au Népal
Photo: Jakob Carlsen

Rami Biswokarma a 33 ans et est mariée depuis 20 ans. Son village de Kateghari dans l’ouest du district de Surkhet au Népal a connu plusieurs campagnes contre le mariage des enfants, mais, selon elle, peu de choses ont changé. “Seul l’âge des mariées est passé de 12 à 16 ans maintenant”, a-t-elle déclaré à IRIN.

Biswokarma est analphabète. Elle s’occupe de sa petite ferme et a cinq filles adolescentes et un fils de 20 ans. Elle est également dalit, l’échelon le plus bas du système de castes hindou. Malgré les lois qui interdisent le mariage des enfants et de nombreuses campagnes de sensibilisation le concernant, les données nationales montrent que les mariages d’enfants sont particulièrement fréquents chez les dalits ; les experts attribuent ce phénomène à la pauvreté persistante et à l’analphabétisme de cette population historiquement marginalisée.

Tikaram Acharya, directeur de l’ONG Social Awareness Centre (SAC), insiste: « La difficulté des dalits est due à l’extrême pauvreté et aux taux élevés d’analphabétisme qui contribuent au mariage des enfants dans la communauté dalit ; et à moins que cela ne change, nous n’éliminerons jamais ce problème. »

Selon le recensement de 2011, plus de 750.000 femmes au Népal se sont mariées à l’âge de 10 à 14 ans. Plus de la moitié des filles et femmes entre 15 et 19 ans (soit 2,7 millions sur 4,3 millions) ont déclaré qu’elles sont mariées, ce qui signifie que plus de 73 pour cent des filles sont mariées avant l’âge de 19 ans (l’âge adulte).

Mais le phénomène du mariage des enfants est particulièrement important dans la communauté dalit, selon le rapport publié en 2012 par Save the Children, World Vision et Plan. Et les experts insistent que des interventions ciblées sont nécessaires pour aider les dalits à inverser cette tendance inquiétante.

Les risques liés aux mariages des enfants

«Des études ont montré que les jeunes filles mariées sont souvent victimes de violences sexuelles et domestiques, leur santé est sujette à risque et elles n’ont aucune perspective d’avenir », explique Ola Perczynska, directrice du programme népalais de l’ONG internationale Her Turn basée à Katmandou.

Selon le rapport conjoint de 2012, les filles qui se marient jeunes souffrent de complications liées à la grossesse, de mortalité infantile et maternelle, de malnutrition de la mère et de l’enfant ainsi que de problèmes psychologiques, y compris la dépression, de relations conjugales violentes et de suicides.

« Quand une jeune fille mariée tombe enceinte, le risque de mourir pendant l’accouchement est cinq fois supérieur à celui des femmes dans leur vingtaine, et c’est une des raisons principales pour pousser à retarder l’âge du mariage », explique Giulia Valais, représentante au Népal du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

Selon le Rapport sur ​​le développement humain du Népal (2014), les dalits représentent 13 pour cent des 27,4 millions d’habitants du Népal, et 43,6 pour cent des dalits vivent dans l’extrême pauvreté, avec moins d’un dollar US par jour. Quarante-huit pour cent sont analphabètes.

« Le faible indice de développement humain et les mauvais indicateurs sociaux de la population dalit doivent absolument être améliorés, sinon il sera très difficile d’éliminer le mariage des enfants », explique Tanka Biswakarma, militant pour les droits des dalits et vice-président de l’ONG Dalit Welfare Organization.

« Cela nous préoccupe fortement quand une de nos élèves de famille dalit se marie dès qu’elle atteint l’âge de 15 ans », déclare Bal Bahadur Thapa, directeur d’une école secondaire au village de Kateghari. Plus de six filles sur 100 de son école se sont mariées dans les deux dernières années, a-t-il dit.

Un appui gouvernemental nécessaire

Attirant l’attention sur la pauvreté en tant que principal moteur du mariage des enfants, les experts affirment qu’il reste encore beaucoup à faire pour aider les familles dalits.

« Un tout nouveau système doit être créé dans lequel toutes les parties prenantes impliquées doivent être responsabilisées », déclare Kirti Thapa, un spécialiste de la protection des enfants à l’ONG népalaise Save the Children (SCF).

Thapa explique que le mariage des enfants ne doit plus être traité seulement comme une question de protection pour les filles concernées, mais que le sujet doit être intégré dans l’ensemble des interventions humanitaires et économiques en faveur des communautés les plus pauvres, en particulier les dalits.

Une coalition comprenant des ONG internationales, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) ont travaillé avec le gouvernement pour élaborer une nouvelle stratégie nationale exclusivement centrée sur le mariage des enfants.

« La stratégie nationale pour mettre fin aux mariages d’enfants devrait non seulement avoir un impact au niveau politique mais apporter également un changement dans le système gouvernemental global et à la base de la communauté, y compris dans les croyances des gens et les normes sociales”, a déclaré Nafisa Binte Shafique, chef de programme à UNICEF Népal.

 

Extraits tirés de l’article « Népal: pourquoi le mariage des enfants persiste » dans IRIN News du 17 août 2014

 

 

 

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Sep 26 2014

INDE : Le Premier ministre et le président appellent les Indiens à mettre fin à l’esprit de caste


Dans deux discours distincts, le Premier ministre, M. Narendra Modi, et le président de l’Inde, Shri Pranab Mukherjee, ont souligné la nécessité urgente de mettre fin à l’esprit de caste et à la violence communautaire qui divisent la nation et entravent le développement de l’Inde.

Dans son discours officiel lors de la fête de l’Indépendance, le Premier ministre a déclaré:

« Frères et sœurs, pour une raison ou une autre, nous avons eu des tensions communautaires depuis des temps immémoriaux. Cela a conduit à la division du pays. Même après l’indépendance, nous avons dû faire face au poison du système des castes et du communautarisme. Combien de temps ces maux vont-ils continuer? Qui en bénéficie réellement? Il y a eu assez de luttes, et beaucoup y ont perdu la vie. Amis, regardez en arrière et vous verrez que personne n’en a bénéficié. Par conséquent, je lance un appel à tous : que ce soit l’esprit malveillant de caste, le communautarisme, le régionalisme, la discrimination sociale et économique, tout cela, ce sont des obstacles pour aller de l’avant. Engageons-nous pour une fois dans nos cœurs, mettons un moratoire de dix ans sur toutes ces activités, et nous irons vers une société qui sera libre de toutes ces tensions. Et vous verrez combien la paix, l’unité, la bonne volonté et la fraternité nous renforceront. Tentons l’expérience pour une fois. »

Avec une formulation similaire, le Président de l’Inde a répété ces sentiments dans son discours à l’occasion de l’anniversaire d’Ambedkar le 4 septembre, déclarant que:

« Il est vrai, cependant, que malgré toutes les réalisations dont nous pouvons légitimement être fiers, notre démocratie continue de faire face à de nombreux défis. Un grand nombre d’Indiens vivent toujours dans la pauvreté, la privation et le besoin. Malheureusement, le système des castes reste un phénomène que nous devons encore effacer de notre pays et de notre société … Nous devons veiller à ce que l’intouchabilité ou toute forme de handicap fondée sur la caste, la croyance, la religion ou le sexe ne soient plus pratiquées, n’importe où dans notre pays. Ce n’est que par de tels efforts que nous pouvons occuper la place que nous méritons parmi les principaux pays de la communauté des nations. »

Alors que les militants des droits des dalits accueillent avec bienveillance ces expressions d’engagement pour mettre fin à la discrimination et à la violence fondée sur la caste, des questions ont été soulevées quant à la raison pour laquelle Modi pousse le pays à entreprendre uniquement un moratoire de dix ans sur le système des castes – et pas pour toujours. Il reste aussi à voir quelles initiatives le gouvernement mettra en place pour favoriser un tel développement. De grandes déclarations sur la fin de la discrimination fondée sur la caste ont été faites dans le passé par les chefs d’Etat indiens, mais la mise en œuvre de ces intentions a cruellement fait défaut sur ​​le terrain, même au Gujarat quand M. Modi était en charge de cet Etat.

Source : IDSN

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Sep 19 2014

Madurai (Inde) : 75e anniversaire de l’ouverture de son célèbre temple aux Dalits


Temple de Madurai (Photo Arian Zwegers)

Temple de Madurai (Photo Arian Zwegers)

« Je ne pouvais pas le croire. Cela semblait trop beau pour être vrai … un miracle s’était produit. »

C’est ainsi que C. Rajagopalachari, alors Premier ministre de la Présidence de Madras, réagit aux nouvelles d’un groupe de Harijans qui avait pu entrer dans le temple de Meenakshi-Sundareswarar à Madurai, le 8 juillet 1939.

En 2014, les dalits célèbrent le 75e anniversaire de cet exploit, souvent salué comme un événement révolutionnaire dans les annales de l’hindouisme moderne et de la politique indienne.

Le groupe de quatre dalits et un Nadar comprenait notamment le leader du Parti du Congrès, P. Kakkan, qui deviendra plus tard ministre fédéral de l’Intérieur.

Il y avait beaucoup d’opposition à l’événement de la part des conservateurs qui ont soutenu que les temples deviendraient «impurs» si ceux considérés comme des «intouchables» y entraient. Mais de manière significative, l’événement de Madurai était paisible, comme le relate M. Rajagopalachari dans son discours à Madras le 9 juillet 1939.

Soulignant l’importance de cet événement, le Mahatma Gandhi, dans l’édition du 22 juillet 1939 de la publication Harijan, écrit que l’entrée des dalits dans le temple de Madurai a été une plus grande réussite que l’ouverture des temples de l’État de Travancore. « L’ouverture des temples de l’État de Travancore était sans aucun doute un grand pas mais c’était la prérogative du Maharaja. Mais l’ouverture du célèbre temple de Madurai est un événement plus grand car c’est la volonté populaire qui y a conduit », expliqua le Mahatma.

L’entrée des dalits dans le temple de Meenakshi a eu un effet immédiat sur d’autres temples. The Hindu signala le 9 juillet de la même année que le soir même, M. Aiyar a également conduit les harijans dans le Temple Koodal Alagar, également situé à Madurai, « à l’invitation des autorités du temple ».  Il ne faut cependant pas oublier que ce geste de M. Aiyar ne fut pas apprécié par certains hindous de castes supérieures et qu’il a fallu adopter une loi pour protéger les droits des classes opprimées à prier dans les temples.

Alors que 75 années se sont écoulées, les dalits continuent d’être privés de leur droit d’entrer dans des temples dans de nombreuses parties de l’État, surtout dans les villages, selon G. Ramakrishnan, responsable du Parti communiste indien CPI (M).

D’après lui, les grands partis dravidiens ont une responsabilité énorme dans le déni persistant des droits des dalits. Ce sont eux, en effet, qui ont dirigé en permanence l’État, sans prendre fait et cause pour les dalits, et leurs rangs ont été dominés par des castes intermédiaires. « À moins que les non-dalits commencent à s’engager pour l’égalité, cette situation va se poursuivre », fait-il remarquer.

D’après The Hindu, 8 juillet 2014

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Aug 26 2014

INDE : L’enlèvement manuel des excréments humains continue, avec la complicité des autorités locales


Gangashree parcourt le village de Kasela (Uttar Pradesh) pour collecter manuellement les excréments humains des toilettes. Elle porte ces excréments dans son panier pour les jeter à l’extérieur du village. © 2014 Digvijay Singh

Gangashree parcourt le village de Kasela (Uttar Pradesh) pour collecter manuellement les excréments humains des toilettes. Elle porte ces excréments dans son panier pour les jeter à l’extérieur du village. © 2014 Digvijay Singh

Le gouvernement indien devrait mettre fin au ramassage manuel des excréments humains par les communautés issues des castes les plus défavorisées, en s’assurant que les responsables locaux fassent respecter les lois interdisant ces pratiques discriminatoires, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié ce 25 août. Le gouvernement doit mettre en œuvre la législation existante destinée à aider les membres des communautés qui récupèrent les excréments à trouver un mode de vie alternatif durable.

Le rapport de 96 pages, intitulé «Cleaning Human Waste: ‘Manual Scavenging,’ Caste, and Discrimination in India » dénonce le caractère coercitif de la récupération manuelle des excréments. En Inde, les éboueurs manuels, appartenant à une sous-caste des dalits, récupèrent quotidiennement des excréments humains et les transportent avec des paniers en rotin. Les femmes issues de ces castes nettoient généralement les toilettes à domicile tandis que les hommes se chargent des tâches plus physiques comme nettoyer les égouts et les fosses septiques. Le rapport décrit les obstacles rencontrés par les personnes qui veulent arrêter ces tâches : des menaces de violences et d’expulsions de la part des autres habitants mais également des menaces, des actes de harcèlement et des retenues illégales sur salaires par les autorités locales.

« Les tentatives des gouvernements indiens successifs pour mettre fin au nettoyage d’excrément fondé sur des critères de castes ont été mises à mal par une discrimination continue et la complicité des autorités locales » a déclaré Meenakshi Guaguly, directeur Asie du Sud à Human Rights Watch. « Le gouvernement doit sérieusement mettre en œuvre les lois interdisant le nettoyage manuel des déchets et venir en aide aux communautés concernées. »

Pour voir la vidéo sur les éboueurs manuels accompagnant le rapport de HRW, cliquez ici

Source: Human Rights Watch

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Aug 12 2014

Genève – Inquiétudes des Nations Unies face à la discrimination des Burakus au Japon


Lors de la session consacrée au Japon en août 2014, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (CCPR) a fait part de ses préoccupations face aux discriminations auxquelles sont exposés les Burakus au Japon, et tout particulièrement les femmes Burakus.

Un couple buraku du Japon

Un couple buraku du Japon

Les Nations Unies regrettent notamment le manque de participation des femmes Burakus à des postes politiques et le Japon a été invité à prendre des mesures concrètes pour évaluer et soutenir cette participation politique des femmes Burakus.

En outre, le comité s’est dit préoccupé par le discours raciste répandu au Japon incitant à la haine contre les minorités en général et les Burakus en particulier, ainsi que les protections insuffisantes face à ces actes dans le code pénal et civil.

Megumi Komori du Mouvement international contre toutes formes de racisme et de discrimination (IMADR) commente la prise de position des Nations Unies en ces termes :

“Nous nous félicitons des commentaires du comité de CCPR concernant les femmes Burakus, dont la participation n’a pas été reconnue dans le plan du gouvernement pour l’égalité des sexes. Le problème le plus grave incombe à l’échec du gouvernement à accepter et à appliquer les recommandations des Nations Unies. Le CCPR est profondément préoccupé par cette attitude “.

Des représentants de communautés minoritaires du Japon, y compris des Burakus, seront également présents en ce mois d’août 2014 lors de l’examen du Japon par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), afin de mettre en évidence la question de la discrimination fondée sur l’ascendance.

Les Burakus sont une minorité sociale japonaise d’environ 6 millions de personnes, sans pour autant se distinguer des autres Japonais quant à la langue ou l’ethnie. Ils sont discriminés en raison d’un lien avec un travail autrefois considéré comme impur, à savoir le dépeçage des animaux ou le tannage du cuir, et de leur place dans le système de castes japonais. En particulier, ils ont souvent du mal à trouver un partenaire pour se marier ou un emploi.

Source et photo : IMADR

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Aug 04 2014

Genève – Nations Unies et violences subies par les femmes dalits


A l’occasion de la 26e session du Conseil des Droits de l’Homme qui s’est tenue en juin 2014 à Genève, une conférence parallèle a abordé le 17 juin le rôle des Nations Unies dans la lutte menée contre la violence et la discrimination subies par les femmes dalits.

Femmes et filles dalits: particulièrement exposées à la violence

Femmes et filles dalits: particulièrement exposées à la violence

Les participants à cet événement organisé par plusieurs ONG internationales et le Réseau International de Solidarité Dalit (IDSN) ont pris connaissance des appels formulés par plusieurs hauts fonctionnaires des Nations Unies en vue d’une approche cohérente et coordonnée des Nations Unies lorsque sont abordées les violences et discriminations basées sur la caste dont sont principalement victimes des femmes et des jeunes filles. Navi Pillai, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des violences et des discriminations basées sur la caste en disant : « Notre indignation est insuffisante. Nous devons mener des actions concrètes et ciblées en vue de réparer les échecs dramatiques qu’ont essuyés nos sociétés incapables de défendre les droits des personnes appartenant à des castes discriminées, spécialement les femmes et les jeunes filles. »

Plusieurs intervenants, originaires d’Asie du Sud et défenseurs des droits humains, ont dénoncé l’intensification de la brutalité et des violences à l’égard des femmes dalits surtout quand celles-ci affirmaient leurs droits, demandaient que leurs gouvernements prennent toutes mesures utiles pour mettre en œuvre les lois censées les protéger et aussi que la communauté internationale soutienne leur lutte.

Une représentante de la mission permanente de l’Inde auprès des Nations Unies à Genève prit la parole pour reconnaître la gravité du problème et aussi la difficulté énorme à mettre en pratique les lois visant à assurer la protection des dalits en Inde à cause des racines profondes de cette situation extrêmement complexe. Cette représentante ajouta encore que le Gouvernement de l’Inde reconnaissait le problème de l’accès à la justice pour les dalits qui forment un groupe particulièrement vulnérable en Inde. De tous côtés, les intervenants successifs réclamaient le lancement d’une stratégie globale d’actions coordonnées à mener par ceux qui cherchent une solution aux violences et discriminations.

La directrice de la Commission des Nations Unies pour une politique de la femme, Saraswathi Menon, résuma les  prises de position des divers intervenants en disant : « Des paroles et des lois ne suffisent pas, nous avons besoin d’actions concrètes. La législation seule ne peut aborder valablement la discrimination structurelle. Les Nations Unies ont un rôle important à jouer et doivent monter en première ligne pour aider à mettre un terme à toute violence basée sur la caste dont les femmes sont les principales victimes.

Cette conférence parallèle était sponsorisée par Human Rights Watch, International Movement against all forms of Discrimination and Racism, Minority Rights Group, Franciscans International et Asian Forum for Human Rights and Development. Elle était organisée en association avec le Réseau International de Solidarité Dalit (IDSN) et co-sponsorisée par le Danemark et la Norvège. La conférence connut un grand succès de participation, y compris des nombreuses délégations nationales officielles.

Source : IDSN

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Jul 28 2014

Nations Unies : les dalits disent MERCI à Mme Pillay


Des militants dalits ont rencontré Mme Navi Pillay et lui ont exprimé leur gratitude pour son soutien sans faille dans la lutte pour mettre fin à la discrimination basée sur la caste. Cette cérémonie a eu lieu à Genève en juin dernier, à la fin du mandat de la Haut-Commissaire pour les Droits de l’homme, mandat qui se termine en août 2014.fe4eaf68ae

 

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Mme Navi Pillay avec des militants dalits (Photos IDSN)

 

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Manjula Pradeep, militante dalit indienne, a offert à Mme Pillay un foulard brodé par une jeune femme dalit et Asha Kowtal, responsable du mouvement des femmes dalit AIDMAM (Inde) lui a donné une affiche encadrée de la Marche pour le respect de soi des femmes dalits. Mme Pillay a également reçu une carte du Réseau international de solidarité dalit IDSN avec le message suivant :

 

Madame Navi Pillay,

Nous tenons à vous remercier du fond du cœur pour votre courage et dévouement à la lutte contre la discrimination basée sur la caste tout au long de votre mandat en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’homme.

Vous avez parlé quand les autres sont restés silencieux, non pas une fois, mais à plusieurs reprises et avec une passion et un engagement qui ont laissé leur marque sur le monde.

Nous tenons à vous remercier pour votre travail en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme avec un véritable esprit de défenseur des droits humains, malgré les pressions et intimidations, en cherchant sans crainte la justice pour tous ceux qui souffrent de l’un des systèmes d’oppression les plus brutaux du monde.

A une époque où la bataille pour que la caste soit reconnue aux Nations Unies, à égalité avec les autres formes de discrimination, a semblé un défi insurmontable, vous avez allumé une lumière d’espoir avec vos déclarations répétées de soutien et vos demandes aux Etats membres des Nations Unies pour prendre des actions. Vos mots résonneront encore longtemps dans notre mouvement, bien au-delà de votre mandat au Haut-Commissariat des Droits de l’homme (HCDH).

Nous espérons et croyons que la marque que vous avez laissée sur le Haut-Commissariat assurera un engagement futur fort et un plaidoyer de haut niveau du HCDH dans la lutte pour mettre fin à la discrimination basée sur la caste.

Vous avez été un vrai champion de la cause et nous espérons que vous continuerez à rester à nos côtés dans cette lutte pour de nombreuses années à venir.

Avec la plus profonde gratitude,

Les membres des mouvements dalits en Asie du Sud et le Réseau international de solidarité dalit IDSN

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Jul 16 2014

Nations Unies : Préoccupations graves pour les femmes dalits et l’absence de mise en œuvre des lois


Dans sa session consacrée à l’examen de l’Inde le 2 juillet 2014, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a soulevé de nombreuses questions concernant les femmes et les filles dalits. Pour le Comité, la situation des femmes dalits et l’absence de mise en œuvre des lois sont des sujets très préoccupants.

La délégation indienne a répondu aux préoccupations soulevées par le Comité d’experts en énumérant les dispositions constitutionnelles, législatives et de législation spéciale en place pour faire face à la discrimination et à la violence envers les femmes en général et les femmes dalits en particulier.

Le Comité a répondu qu’il est bien conscient de la législation, mais ces lois ne sont pas appliquées. Il en appelle à l’Inde pour améliorer la mise en œuvre de la législation en vigueur.

La délégation de l’Inde a également reconnu l’écart entre les dispositions juridiques et leur mise en œuvre dans la pratique et a dit que la taille du pays et de sa population ainsi que sa diversité posent un défi particulier pour la mise en œuvre des lois.

La délégation a également indiqué que des progrès importants ont été réalisés pour assurer l’accès à la justice, et notamment par un projet mené conjointement par le Ministère de la Justice et le PNUD qui a amélioré l’accès à la justice pour les personnes marginalisées et pauvres, les femmes, les castes et les minorités.

Le Comité s’est également dit préoccupé du sort des femmes dalits et de la discrimination de caste dans une série de domaines comme la représentation inadéquate au gouvernement, les taux d’abandon scolaires élevés pour les filles dalits, la pratique du travail forcé, le ramassage manuel des excréments et la tradition Devadasi de prostitution de temple basée sur la caste. Il a également évoqué les inconvénients des femmes dalits en matière de santé, comme par exemple leur taux élevé de mortalité maternelle. Dans sa réponse, la délégation indienne a principalement renvoyé aux dispositions légales existantes.

Avant l’examen de l’Inde au sein du CEDAW, trois organisations dalits avaient soumis leur analyse commune sur les discriminations multiples contre les femmes dalits. Il s’agissait de deux organisations indiennes (AIDMAM et Navsarjan Trust) et de l’organisation internationale IDSN.  D’autres ONG ont également fait référence aux discriminations de caste dans leurs rapports parallèles, en particulier Human Rights Watch et Amnesty International.

La première journée de la session fut consacrée notamment à des rencontres avec des représentants d’ONG et de la Commission nationale des droits de l’homme de l’Inde. Mme Asha Kowtal, secrétaire générale du mouvement des femmes dalits AIDMAM et Mme Ruth Manorama, présidente de l’Alliance nationale des femmes y ont pris la parole. Mme Kowtal a fait référence aux commentaires de la Commission nationale indienne des droits de l’homme, qui reconnaissait que les femmes dalits élues étaient confrontées à des obstacles graves dans l’exercice de leurs mandats politiques. En outre, selon le représentant de cette commission nationale, la loi censée protéger les dalits et tribaux contre des violences n’est pas mise en œuvre de manière efficace et les coupables de viol et d’assassinat ne sont pas punis. Par ailleurs, il n’est pas rare en Inde que des femmes dalits soient exhibées nues en public.

Dans les observations finales et recommandations, on s’attend à ce que le Comité CEDAW reprenne les nombreuses préoccupations soulevées lors de l’examen sur la discrimination et la violence basées sur la caste dont souffrent les femmes, ainsi que l’absence de mise en œuvre des lois visant à protéger les femmes dalits.

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Jul 16 2014

Grande-Bretagne: La discrimination de caste débattue à Westminster


Le 9 juillet dernier, des parlementaires britanniques ont interpellé Mme Helen Grant, secrétaire d’Etat pour les Femmes et l’Egalité, sur la situation des dalits en Grande-Bretagne. A la base de cette interpellation, le fait que des mariages aient été refusés parce que les époux étaient  de castes différentes, que des dalits ne puissent avoir accès à certains lieux de culte ou qu’ils soient considérés comme des êtres inférieurs.

En Grande-Bretagne, la communauté des Asiatiques du Sud, principalement les Indiens et Pakistanais, compte près de 4,5 millions de personnes, dont environ 860.000 de dalits. Et selon le député Adam Holloway, des enquêtes ont révélé que 58% d’entre eux estiment être confrontés à des discriminations à cause de leur caste. Plus important, 80% des dalits britanniques croient que la police ne comprend pas cette discrimination si une plainte est  déposée. Toujours selon cette enquête, certains dalits se sont vus refuser une promotion professionnelle à cause de leur statut d’intouchable, alors que d’autres dalits se disent victimes d’humiliations ou d’harcèlements.

D’où la question que se pose le député : « Y aurait-il un apartheid caché sur notre île ? »

Si les discriminations envers les dalits sont de mieux en mieux connues en Asie du Sud, le débat parlementaire d’une demie heure à Londres montre à l’évidence que le problème s’est exporté à travers le monde entier où vit la diaspora indienne, pakistanaise, etc.

En 2010, le gouvernement travailliste avait d’ailleurs inclus dans la loi sur l’Egalité une possibilité d’amendement, assimilant la caste à la race, afin de pouvoir poursuivre des actes de discrimination basés sur la caste. L’amendement est entré en vigueur en avril 2013, interdisant toute discrimination de caste. Mais des zones d’ombre persistent, et le gouvernement actuel a prévu une consultation jusqu’après les élections de 2015 pour se prononcer définitivement.

Appuyé par plusieurs autres parlementaires, M. Holloway a dès lors conclu en présentant trois questions à la ministre en charge des questions d’égalité : Pourquoi prévoir un calendrier qui va au-delà des élections parlementaires de 2015 ? Le gouvernement entendra-t-il les groupes et communautés de la société civile impliqués dans l’enquête mentionnée plus haut ? Et quand le document pour la consultation sera-t-il publié ?

Dans sa réponse orale en fin du débat, Mme Grant a rappelé que le gouvernement britannique ne tolère pas des discriminations illégales ou autres préjudices dans la société. Cela s’applique, selon elle, aux questions concernant la caste, la race, la religion ou la croyance. « Je voudrais être claire », a-t-elle poursuivi, « le gouvernement éprouve toute sa sympathie avec les gens dans ces situations. L’expérience d’un tel antagonisme et d’une exclusion de la part de sa propre communauté doit être incroyablement pénible. » Et de rappeler que le gouvernement fait tout pour introduire une législation qui rend illégale toute discrimination de caste. Mais d’après elle, la question est très complexe. Une recherche scientifique a dès lors été commanditée avant de lancer une consultation plus large. Malgré les premières conclusions de la recherche publiées au printemps 2014, la ministre dit avoir postposé jusqu’en automne de cette année la consultation suite à de nouvelles questions juridiques apparues au cours de l’année et se dit ouverte à entendre les groupes concernés.

Elle rappelle que la question reste sensible et qu’elle prendra le temps qu’il faut afin de préparer une législation offrant une protection correcte pour tous ceux qui en ont besoin.

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