Genève : Une déclaration commune appelle le Pakistan à protéger de façon concrète les droits des dalits

Dec 04 2017

Genève : Une déclaration commune appelle le Pakistan à protéger de façon concrète les droits des dalits


A l’occasion de la session des Nations Unies sur la situation des droits humains au Pakistan le 13 novembre dernier, plusieurs organisations de défense des droits humains et de dalits en particulier (1) ont publié une déclaration commune appelant le gouvernement du Pakistan à s’engager dans des plans d’actions précis pour mettre fin aux graves violations des droits humains commises contre les dalits au Pakistan.

En voici quelques extraits :

« Malgré les engagements généraux pris à cet effet lors des précédents examens du Pakistan par l’ONU, le gouvernement n’a malheureusement pas mis en œuvre ses engagements et les violations comme le travail forcé, les conversions forcées et les disparitions, les meurtres et la persécution des défenseurs des droits des dalits se poursuivent sans relâche. En tant que membre nouvellement élu du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Pakistan doit veiller à ce que les engagements visant à protéger les droits des dalits soient mis en œuvre de façon urgente et concrète.

Conversions forcées et disparitions à la hausse

« Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations émanant des défenseurs des droits humains au Pakistan indiquant que nombre de ces violations ont augmenté depuis le dernier examen en 2012, en attirant particulièrement l’attention sur la question des conversions forcées et des enlèvements de jeunes filles et femmes dalits, de même que celle les défenseurs de droits humains confrontés à des disparitions forcées, à la persécution et même à des meurtres pour avoir tenté de protéger et de promouvoir les droits humains des dalits.

« L’intouchabilité est pratiquée dans tous les domaines de la vie privée et publique et les crimes contre les dalits sont souvent commis en toute impunité. Malgré cela, il ne semble pas y avoir de mesures sérieuses prises par le gouvernement pour protéger et faire respecter les droits des dalits estimés à plus de 2 millions au Pakistan.

Le Pakistan néglige ses engagements en matière de droits de l’homme

« En 2016, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a exprimé sa profonde préoccupation face à la discrimination persistante des dalits, en particulier dans l’emploi et l’éducation, ainsi que concernant l’enlèvement de femmes et de filles dalits à des fins de conversion forcée à l’islam et des mariages forcés.

« En juin 2017, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR) des Nations Unies a recommandé au gouvernement de mener une étude sur la situation des castes répertoriées ou dalits, et de prendre des mesures efficaces pour éradiquer la stigmatisation et les préjugés contre les membres des castes répertoriées.

« Cependant, malgré de nombreux documents, lors du premier examen du Pakistan en juin 2017, le gouvernement pakistanais a affirmé qu’il n’y avait pas de discrimination fondée sur la caste dans le pays et qu’il ignorait où vivaient les dalits. Cela indique que les problèmes rencontrés par les dalits et les communautés minoritaires au Pakistan ne sont pas une priorité pour le gouvernement.

Les États doivent exhorter le Pakistan à mettre en œuvre et à suivre les nouvelles recommandations de l’EPU

« L’Examen périodique universel offre aux États l’occasion de recommander au Gouvernement pakistanais de mettre en œuvre des mesures concrètes et assorties de délais pour éliminer ces problèmes en faisant explicitement référence aux dalits et aux violations des droits dont ils souffrent. Nous demandons au gouvernement d’accepter les recommandations et d’honorer leurs engagements et de veiller à ce que les recommandations de l’EPU de novembre 2017 soient non seulement acceptées, mais aussi mises en œuvre d’urgence et systématiquement suivies.

(1) International Dalit Solidarity Network (IDSN), Pakistan Dalit Solidarity Network (PDSN), Mouvement International contre toutes formes de racisme et de discrimination (IMADR), Minority Rights Group International, Anti-Slavery International et FORUM-ASIA.

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