Inde –  27 ramasseurs d’excréments tués en un mois : le  gouvernement doit agir immédiatement

Sep 28 2017

Inde –  27 ramasseurs d’excréments tués en un mois : le  gouvernement doit agir immédiatement


La vérification des égouts au risque de leur vie

La vérification des égouts au risque de leur vie

Les défenseurs des droits humains en Inde demandent au gouvernement indien de définir un plan d’action concret dans un délai d’un mois pour mettre fin à la pratique dangereuse et dégradante du ramassage manuel d’excréments, principalement effectué par les dalits.

L’appel vient après la mort de 27 ramasseurs manuels d’excréments en Inde dans un délai d’un mois, d’après un communiqué de presse de l’ONG Safai Karmchari Andolan (SKA). En réponse, le gouvernement de New Delhi a depuis lors imposé une interdiction globale de nettoyage manuel des égouts, en disant que les contrevenants seront poursuivis pour homicide, ce qui est une étape importante dans la bonne direction, pour autant que cela soit mis en œuvre.

Les organisations de défense des droits estiment qu’environ 1,3 million de dalits en Inde sont forcés de procéder à ce ramassage manuel. La pratique consiste à éliminer les excréments humains des toilettes sèches et à nettoyer les égouts en utilisant des outils élémentaires tels que de minces panneaux, des seaux et des paniers et sans équipement de protection. Les ramasseurs manuels tombent souvent gravement malades et risquent de mourir en faisant ce travail. Ceux qui se sont engagés dans le nettoyage des égouts peuvent mourir instantanément en absorbant les gaz toxiques dans les égouts, ce qui a causé une augmentation des décès au cours du mois écoulé. Les dalits engagés dans le ramassage manuel d’excréments sont rarement capables de trouver un autre travail en raison d’une discrimination liée à leur caste et leur statut professionnel, et sont donc obligés de rester des ramasseurs manuels.

La pratique persiste en dépit d’une interdiction légale. La loi de 1993 sur l’interdiction d’employer des ramasseurs manuels et de construire des latrines sèches ainsi que la loi de 2013 sur l’interdiction d’employer des ramasseurs manuels d’excréments et sur leur réhabilitation obligent les autorités exécutives responsables à appliquer la loi. Selon le communiqué de presse publié par SKA, aucune poursuite n’a cependant été engagée et aucune peine n’a été infligée jusqu’à présent, ni pour avoir envoyé des personnes dans les égouts et les fosses septiques, ni pour avoir causé 1470 décès dans le pays.

Selon un rapport du Times of India, « le gouvernement a déclaré que les normes de sécurité dans le nettoyage des égouts et des fosses septiques sont alarmantes dans tout le pays, et 10 personnes ont été victimes du nettoyage des égouts au cours d’un seul mois dans la capitale. Un examen de la loi de 2013 sur l’interdiction de l’emploi d’éboueurs manuels et leur réhabilitation a révélé qu’il n’y a pas d’information disponible sur des poursuites entamées pour avoir engagé des travailleurs des égouts dans un nettoyage dangereux. »

L’ancien Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, a également fait la déclaration suivante :

« L’ébouage manuel n’est pas une carrière choisie volontairement par les travailleurs, mais est plutôt un travail profondément insalubre, désagréable et indigne imposé à ces personnes en raison de la stigmatisation attachée à leur caste. La nature du travail lui-même renforce encore cette stigmatisation. »

Ainsi, la dernière position du gouvernement de poursuivre ceux qui violent la loi et se rendent coupable d’homicide, montre sa volonté de faire respecter la législation. Mais les militants continueront de surveiller la situation pour voir si cela est effectivement mis en œuvre. En outre, il y a plusieurs autres exigences mentionnées dans le communiqué de presse, et notamment celles-ci :

« Le gouvernement devrait immédiatement arrêter ces meurtres, qui se produisent parce que des gens sont envoyés dans les conduites d’égout et les fosses septiques. Il doit poursuivre et punir les responsables de ces meurtres. Le premier ministre et les ministres en chef des États doivent préparer et annoncer un plan d’action global endéans d’un mois. »

En attendant, des organisations telles que SKA et Jansahas continueront d’appuyer les éboueurs manuels pour quitter ce travail et pour trouver des sources alternatives de revenus. Dans une récente émission spéciale de NDTV, certaines  femmes dalits soutenues par Jansahas, membre de l’IDSN, ont témoigné comment elles ont pu sortir de la dangereuse et humiliante pratique du ramassage manuel des excréments. Vous pouvez regarder cette vidéo ici.

Source : IDSN

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