Nations Unies: l’Inde doit faire davantage pour défendre les droits des dalits

Jun 28 2017

Nations Unies: l’Inde doit faire davantage pour défendre les droits des dalits


Genève. Lors de l’examen par l’ONU de la situation des droits humains en Inde le 4 mai dernier, plus d’une douzaine d’États membres des Nations Unies ont recommandé des actions pour garantir les droits des dalits. Les recommandations découlent de rapports et de déclarations de la société civile, y compris les organisations luttant pour les droits des dalits, documentant le manque d’application de la législation et de la protection des droits humains des dalits en Inde.

Plusieurs États ont abordé lors de cette session d’examen périodique universelle (EPU) la nécessité d’introduire de nouvelles mesures politiques et de mettre en œuvre celles qui existent pour prévenir la violence et les attaques contre les dalits, ainsi que pour garantir la justice aux victimes de ces crimes. D’autres ont abordé l’importance d’assurer une éducation universelle gratuite et obligatoire et d’y donner la priorité aux mesures antidiscriminatoires, de protéger les droits des femmes dalits et de défendre la mise en œuvre des politiques antidiscriminatoires des pays concernés. Treize recommandations traitant directement des castes ou des dalits sont incluses dans le rapport final.

Avant l’examen, la Campagne nationale sur les droits humains des Dalits (NCDHR), une organisation de la société civile indienne, avait préparé et publié une fiche d’information et un rapport plus détaillé sur la discrimination basée sur les castes en Inde. Le rapport alternatif du Groupe de travail sur les droits humains en Inde comprenait également une section spécifique sur les droits des dalits.

Les rapports indiquent que les pratiques de discrimination, d’exclusion sociale et d’intouchabilité fondées sur les castes continuent d’exister dans toutes les sphères de la société indienne. Les atrocités contre les dalits et les tribus augmentent chaque année et des crimes particulièrement odieux visent des femmes dalits.

Malgré les préoccupations soulevées par la société civile et les États membres, les participants à l’examen de l’EPU font remarquer que la délégation indienne n’a pas donné des garanties convaincantes que des mesures concrètes pour améliorer la situation seraient prises.

« La position du gouvernement indien dans l’examen de l’EPU de l’ONU de 2017 est restée sur la défensive, en indiquant l’introduction de nouvelles modifications de la loi de 1989 pour prévenir les atrocités envers les castes et tribus répertoriées. L’introduction de nouveaux amendements ne suffira pas seule pour s’attaquer aux discriminations structurelles fondées sur les castes et aux atrocités infligées contre les dalits et adivasis », a déclaré Ramesh Nathan de la Campagne nationale sur les droits humains des dalits (NCDHR).

« L’État doit reconnaître son échec constant à protéger les dalits et les adivasis face à la violence en ne garantissant pas une mise en œuvre et un suivi efficaces de tels lois. Je pense fermement qu’il y a une tendance à minimiser l’importance du problème de par l’insensibilité de la police et du pouvoir judiciaire, qui bénéficient de l’impunité et du biais de castes à leur façon », a-t-il poursuivi.

Les États qui ont présenté des recommandations lors de la session proviennent de l’Asie, l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord, montrant ainsi la nature mondiale de la préoccupation.

« C’est encourageant de voir que de nombreux États membres de l’ONU se prononcent contre la discrimination fondée sur les castes. Cependant, nous attendons toujours que le gouvernement indien s’y joigne réellement, en dépit de l’existence de certaines lois excellentes, en s’engageant clairement dans la lutte contre cette forme odieuse de discrimination », a déclaré la directrice par intérim de l’IDSN, Meena Varma.

« Le gouvernement de l’Inde devrait être un membre engagé de l’équipe qui lutte contre la discrimination et répondre aux besoins des castes et tribus répertoriées », a-t-elle poursuivi.

Plusieurs autres questions relatives aux droits des dalits ont également été soulevées, y compris la nécessité d’assurer une protection aux défenseurs des droits humains et la préoccupation concernant les effets néfastes de la loi sur les contributions étrangères de l’Inde (FCRA), bloquant le financement de milliers d’organisations de la société civile travaillant pour améliorer les droits humains.

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