Yearly Archives: 2017

Yearly Archives: 2017

Sep 28 2017

Inde –  27 ramasseurs d’excréments tués en un mois : le  gouvernement doit agir immédiatement


La vérification des égouts au risque de leur vie

La vérification des égouts au risque de leur vie

Les défenseurs des droits humains en Inde demandent au gouvernement indien de définir un plan d’action concret dans un délai d’un mois pour mettre fin à la pratique dangereuse et dégradante du ramassage manuel d’excréments, principalement effectué par les dalits.

L’appel vient après la mort de 27 ramasseurs manuels d’excréments en Inde dans un délai d’un mois, d’après un communiqué de presse de l’ONG Safai Karmchari Andolan (SKA). En réponse, le gouvernement de New Delhi a depuis lors imposé une interdiction globale de nettoyage manuel des égouts, en disant que les contrevenants seront poursuivis pour homicide, ce qui est une étape importante dans la bonne direction, pour autant que cela soit mis en œuvre.

Les organisations de défense des droits estiment qu’environ 1,3 million de dalits en Inde sont forcés de procéder à ce ramassage manuel. La pratique consiste à éliminer les excréments humains des toilettes sèches et à nettoyer les égouts en utilisant des outils élémentaires tels que de minces panneaux, des seaux et des paniers et sans équipement de protection. Les ramasseurs manuels tombent souvent gravement malades et risquent de mourir en faisant ce travail. Ceux qui se sont engagés dans le nettoyage des égouts peuvent mourir instantanément en absorbant les gaz toxiques dans les égouts, ce qui a causé une augmentation des décès au cours du mois écoulé. Les dalits engagés dans le ramassage manuel d’excréments sont rarement capables de trouver un autre travail en raison d’une discrimination liée à leur caste et leur statut professionnel, et sont donc obligés de rester des ramasseurs manuels.

La pratique persiste en dépit d’une interdiction légale. La loi de 1993 sur l’interdiction d’employer des ramasseurs manuels et de construire des latrines sèches ainsi que la loi de 2013 sur l’interdiction d’employer des ramasseurs manuels d’excréments et sur leur réhabilitation obligent les autorités exécutives responsables à appliquer la loi. Selon le communiqué de presse publié par SKA, aucune poursuite n’a cependant été engagée et aucune peine n’a été infligée jusqu’à présent, ni pour avoir envoyé des personnes dans les égouts et les fosses septiques, ni pour avoir causé 1470 décès dans le pays.

Selon un rapport du Times of India, « le gouvernement a déclaré que les normes de sécurité dans le nettoyage des égouts et des fosses septiques sont alarmantes dans tout le pays, et 10 personnes ont été victimes du nettoyage des égouts au cours d’un seul mois dans la capitale. Un examen de la loi de 2013 sur l’interdiction de l’emploi d’éboueurs manuels et leur réhabilitation a révélé qu’il n’y a pas d’information disponible sur des poursuites entamées pour avoir engagé des travailleurs des égouts dans un nettoyage dangereux. »

L’ancien Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, a également fait la déclaration suivante :

« L’ébouage manuel n’est pas une carrière choisie volontairement par les travailleurs, mais est plutôt un travail profondément insalubre, désagréable et indigne imposé à ces personnes en raison de la stigmatisation attachée à leur caste. La nature du travail lui-même renforce encore cette stigmatisation. »

Ainsi, la dernière position du gouvernement de poursuivre ceux qui violent la loi et se rendent coupable d’homicide, montre sa volonté de faire respecter la législation. Mais les militants continueront de surveiller la situation pour voir si cela est effectivement mis en œuvre. En outre, il y a plusieurs autres exigences mentionnées dans le communiqué de presse, et notamment celles-ci :

« Le gouvernement devrait immédiatement arrêter ces meurtres, qui se produisent parce que des gens sont envoyés dans les conduites d’égout et les fosses septiques. Il doit poursuivre et punir les responsables de ces meurtres. Le premier ministre et les ministres en chef des États doivent préparer et annoncer un plan d’action global endéans d’un mois. »

En attendant, des organisations telles que SKA et Jansahas continueront d’appuyer les éboueurs manuels pour quitter ce travail et pour trouver des sources alternatives de revenus. Dans une récente émission spéciale de NDTV, certaines  femmes dalits soutenues par Jansahas, membre de l’IDSN, ont témoigné comment elles ont pu sortir de la dangereuse et humiliante pratique du ramassage manuel des excréments. Vous pouvez regarder cette vidéo ici.

Source : IDSN

Share/Bookmark

Suite

Sep 04 2017

Népal – Les Objectifs de Développement durable au profit des femmes dalits


Dans le cadre de leur participation au Forum politique de haut niveau sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) à New York en juillet dernier, le membre de l’IDSN au Népal, FEDO, a produit un document d’information précieux sur les objectifs de développement durable et leur lien direct avec la situation des dalits, en particulier des femmes dalits. Le document offre un aperçu clé de la pertinence des ODD et de ce qu’elles impliquent au niveau national et local.

Le document a été préparé par l’Organisation Féministe Dalit (FEDO) au Népal, en consultation avec des groupes de femmes dalits. Il sert également à informer ceux qui surveillent l’évolution des ODD. Il décrit la situation des femmes dalits au Népal, y compris les protections, les réalisations et les défis, et fait des recommandations aux gouvernements et aux donateurs sur la mise en œuvre des dispositions de genre au sein des ODD afin de garantir que les droits des femmes dalits soient respectées et qu’aucune n’en soit exclue.

Dans le cadre de la réunion à New York, Durga Sob de l’organisation FEDO a écrit un article dans un média national, en précisant que,

« Nous avions des attentes élevées envers des organismes comme le PNUD lors de l’introduction des Objectifs du Millénium pour le Développement (OMD), mais nos attentes ont été déçues. Il semble que les agences doivent modifier leurs stratégies pour répondre aux ODD. Les organismes donateurs ne coordonnent leurs programmes qu’avec le gouvernement. De tels programmes n’ont pas été efficaces. Compte tenu des lacunes dans la réalisation des OMD, les agences donatrices devraient coordonner leurs programmes non seulement avec le gouvernement, mais aussi avec la société civile. Les structures de notre gouvernement ne sont pas transparentes, responsables et engagées. Et même s’il y a eu quelques améliorations récentes, elles ne suffisent pas. Réduire efficacement les inégalités exige que les organismes donateurs collaborent également avec la société civile. »

Source : IDSN

Suite

Aug 03 2017

Inde –  Ram Nath Kovind, un politician dalit, élu president de la république


Ram Nath Kovind, politicien dalit et candidat de la coalition hindouiste nationaliste au pouvoir, a facilement remporté l’élection présidentielle de l’Inde en juillet dernier, renforçant le pouvoir du gouvernement sur les positions de pouvoir.

La constitution de l’Inde fournit un rôle largement cérémonieux au président, le premier ministre et son cabinet ayant le pouvoir exécutif.

Mais le président a un rôle clé pendant les crises politiques, par exemple lorsque les élections générales ne sont pas concluantes, en décidant quel parti est le mieux placé pour former un gouvernement.

Kovind, 71 ans, de la communauté des dalits – la caste la plus basse dans la hiérarchie de castes de l’Inde – a battu la candidate Meira Kumar du Parti du Congrès, également dalit, à une majorité écrasante.

Son élection a été considérée comme une certitude en raison de la force du parti du Premier ministre Narendra Modi au parlement fédéral et dans les assemblées d’état dont les membres participent à l’élection présidentielle.

L’ascension de Kovind à la plus haute fonction publique est la première pour un leader élevé dans le puissant mouvement hindou Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) ou Association nationale des volontaires, mentor idéologique des groupes hindous.

Modi lui-même a été associé au début de sa carrière avec le RSS, qui a longtemps propagé une vision de l’Inde qui place les Hindous, majoritaires au pays, en premier.

Après sa victoire, Kovind a déclaré qu’il s’agissait d’un « moment émotionnel » pour lui et qu’il serait de son devoir de faire respecter l’état de droit. La constitution de l’Inde garantit l’égalité des droits à tous les citoyens, indépendamment de la foi.

Mme Meira Kumar, candidate du Parti du Congrès, a déclaré que sa propre candidature visait à contrer l’idéologie que Kovind représentait et elle avait demandé aux législateurs de voter selon leur conscience.

« Ma lutte pour la laïcité, les opprimés et les marginalisés se poursuit », a-t-telle fait savoir. Les critiques du parti Bharatiya Janata, de Modi, l’accusent en effet depuis longtemps d’une partialité profonde contre les musulmans du pays.

La victoire de Kovind fait partie d’une série de nominations importantes du gouvernement Modi, renforçant l’emprise de la droite hindoue sur la politique indienne, en particulier les gouverneurs des Etats, les ministres en chef et les responsables d’universités.

Les dalits représentent environ 200 millions de personnes sur une population indienne de 1,3 milliard et sont courtisés par le parti de Modi alors qu’il se prépare aux élections générales de 2019.

D’après christianpost.com, Inde

Suite

Jun 28 2017

Nations-Unies: le Pakistan néglige de reconnaître les atteintes aux droits humains des dalits


Genève. Les militants de la société civile et les membres du comité de l’examen des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies ont attiré l’attention, lors de la session du 12 et 13 juin 2017 consacrée à la situation au Pakistan, sur les graves violations des droits de l’homme auxquelles sont confrontés les dalits dans ce pays asiatique. Malgré cela, le Gouvernement pakistanais n’a pas reconnu de façon adéquate le problème et n’a pas présenté des mesures visant à le combattre.

Session Pakistan du Comité CESCR des Nations Unies, 12-13 juin 2017

Session Pakistan du Comité CESCR des Nations Unies, 12-13 juin 2017

Le militant des droits humains, Pirbhu Lal Satyani, de Sindh, au Pakistan, a exhorté le gouvernement à reconnaître les graves problèmes de droits humains auxquels sont confrontés les dalits au Pakistan. M. Satyani faisait partie de la délégation de l’IDSN à l’examen, représentant le Réseau Pakistanais de Solidarité Dalit.

Il a informé les membres du comité sur les questions clés auxquelles sont confrontés les dalits au Pakistan, y compris le travail forcé, les conditions de travail inacceptables, l’intouchabilité, les enlèvements, les conversions forcées et la discrimination en général. M. Satyani a demandé au gouvernement de mettre en place et d’appliquer le cadre juridique afin de garantir que la discrimination liée aux castes soit punissable par la loi.

Avant cette session, PDSN et IDSN ont également présenté un rapport alternatif sur la discrimination fondée sur les castes au Pakistan.

Les membres du comité d’examen, y compris le président, ont directement abordé les questions relatives aux dalits, mais le gouvernement du Pakistan a été évasif dans sa réponse, ne reconnaissant pas la gravité du problème et ne présentant pas de mesures visant à lutter contre les violations des droits auxquelles sont confrontés les dalits au Pakistan.

« Avec une documentation aussi claire devant eux, il est décevant et décourageant que notre gouvernement ne donne pas d’engagements clairs pour mettre fin aux injustices subies par les dalits au Pakistan », a déclaré M. Satyani, après l’examen.

PDSN et IDSN espèrent que les préoccupations soulevées par les membres du comité à l’examen seront dûment reflétées dans les observations finales.

« Nous sommes heureux que les préoccupations concernant les droits humains des dalits aient été prises en compte par les membres du Comité des Droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU », a déclaré Meena Varma, directrice par intérim de l’IDSN. « Nous espérons qu’après avoir pris le temps nécessaire de réfléchir sur la documentation et la gravité des violations des droits des dalits au Pakistan, le gouvernement adoptera une approche beaucoup plus active et solide pour aborder cette question, plutôt que de nier tout le problème, comme cela a été le cas ici. »

Source: IDSN

Suite

Jun 28 2017

Nations Unies: l’Inde doit faire davantage pour défendre les droits des dalits


Genève. Lors de l’examen par l’ONU de la situation des droits humains en Inde le 4 mai dernier, plus d’une douzaine d’États membres des Nations Unies ont recommandé des actions pour garantir les droits des dalits. Les recommandations découlent de rapports et de déclarations de la société civile, y compris les organisations luttant pour les droits des dalits, documentant le manque d’application de la législation et de la protection des droits humains des dalits en Inde.

Plusieurs États ont abordé lors de cette session d’examen périodique universelle (EPU) la nécessité d’introduire de nouvelles mesures politiques et de mettre en œuvre celles qui existent pour prévenir la violence et les attaques contre les dalits, ainsi que pour garantir la justice aux victimes de ces crimes. D’autres ont abordé l’importance d’assurer une éducation universelle gratuite et obligatoire et d’y donner la priorité aux mesures antidiscriminatoires, de protéger les droits des femmes dalits et de défendre la mise en œuvre des politiques antidiscriminatoires des pays concernés. Treize recommandations traitant directement des castes ou des dalits sont incluses dans le rapport final.

Avant l’examen, la Campagne nationale sur les droits humains des Dalits (NCDHR), une organisation de la société civile indienne, avait préparé et publié une fiche d’information et un rapport plus détaillé sur la discrimination basée sur les castes en Inde. Le rapport alternatif du Groupe de travail sur les droits humains en Inde comprenait également une section spécifique sur les droits des dalits.

Les rapports indiquent que les pratiques de discrimination, d’exclusion sociale et d’intouchabilité fondées sur les castes continuent d’exister dans toutes les sphères de la société indienne. Les atrocités contre les dalits et les tribus augmentent chaque année et des crimes particulièrement odieux visent des femmes dalits.

Malgré les préoccupations soulevées par la société civile et les États membres, les participants à l’examen de l’EPU font remarquer que la délégation indienne n’a pas donné des garanties convaincantes que des mesures concrètes pour améliorer la situation seraient prises.

« La position du gouvernement indien dans l’examen de l’EPU de l’ONU de 2017 est restée sur la défensive, en indiquant l’introduction de nouvelles modifications de la loi de 1989 pour prévenir les atrocités envers les castes et tribus répertoriées. L’introduction de nouveaux amendements ne suffira pas seule pour s’attaquer aux discriminations structurelles fondées sur les castes et aux atrocités infligées contre les dalits et adivasis », a déclaré Ramesh Nathan de la Campagne nationale sur les droits humains des dalits (NCDHR).

« L’État doit reconnaître son échec constant à protéger les dalits et les adivasis face à la violence en ne garantissant pas une mise en œuvre et un suivi efficaces de tels lois. Je pense fermement qu’il y a une tendance à minimiser l’importance du problème de par l’insensibilité de la police et du pouvoir judiciaire, qui bénéficient de l’impunité et du biais de castes à leur façon », a-t-il poursuivi.

Les États qui ont présenté des recommandations lors de la session proviennent de l’Asie, l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord, montrant ainsi la nature mondiale de la préoccupation.

« C’est encourageant de voir que de nombreux États membres de l’ONU se prononcent contre la discrimination fondée sur les castes. Cependant, nous attendons toujours que le gouvernement indien s’y joigne réellement, en dépit de l’existence de certaines lois excellentes, en s’engageant clairement dans la lutte contre cette forme odieuse de discrimination », a déclaré la directrice par intérim de l’IDSN, Meena Varma.

« Le gouvernement de l’Inde devrait être un membre engagé de l’équipe qui lutte contre la discrimination et répondre aux besoins des castes et tribus répertoriées », a-t-elle poursuivi.

Plusieurs autres questions relatives aux droits des dalits ont également été soulevées, y compris la nécessité d’assurer une protection aux défenseurs des droits humains et la préoccupation concernant les effets néfastes de la loi sur les contributions étrangères de l’Inde (FCRA), bloquant le financement de milliers d’organisations de la société civile travaillant pour améliorer les droits humains.

Suite

Mar 13 2017

Inde : l’esclavage des enfants reste répandu dans l’industrie textile, la plupart des victimes sont des dalits


Selon un rapport récemment publié, la pratique de l’esclavage demeure bien ancrée malgré les efforts de réduire le nombre d’enfants esclaves engagés dans des filatures indiennes. 60 % des victimes sont des dalits.

D’après le rapport « Fabric of Slavery – Large-scale forced (child) labour in India’s spinning mills » (« Tissu de l’esclavage – travail forcé (des enfants) à grande échelle dans les filatures indiennes) réalisé par l’India Committee of the Netherlands (ICN, Comité de l’Inde aux Pays-Bas), différentes formes d’esclavage moderne, dont l’esclavage des enfants, sont présentes dans plus de 90 % des filatures dans le sud de l’Inde. Ces filatures fabriquent des fils pour des usines de confection indiennes, bangladaises et chinoises qui produisent des vêtements pour le marché occidental.

Dans son communiqué de presse, l’ICN déclare que la majorité des personnes travaillant dans ces conditions sont des dalits ou « hors-castes ». Souvent, les employeurs les asservissent, retiennent leur salaire ou les enferment dans un dortoir contrôlé par l’usine. Les ouvriers sont parfois amenés à travailler pendant de longues heures, font éventuellement face au harcèlement sexuel et ne touchent pas nécessairement le salaire minimum.

« Nous soulevons cette question maintenant depuis cinq ans, mais nous étions nous-mêmes choqués par l’ampleur du problème », a déclaré Gerard Oonk, directeur de l’ICN, dans le communiqué de presse.

Dans le sud de l’Inde, des chercheurs ont parlé à des travailleurs embauchés dans 743 filatures dans l’État Tamil Nadu, ce qui représente presque la moitié des filatures dans cette région. La majorité des femmes employées dans ces filatures ont entre 14 et 18 ans. 10 % à 20 % des travailleuses sont même plus jeunes. Près de la moitié des filatures examinées dans le cadre de cette recherche a mis en place un « système de Sumangali », une pratique qui consiste à retenir une partie considérable du salaire des travailleurs jusqu’à que ces derniers aient exécuté l’entièreté de leur contrat.

Les Nations unies appellent à l’action afin de mettre un terme à l’esclavage fondé sur les castes

Au cours des dernières années, l’IDSN a constamment attiré l’attention sur le problème des filles dalits engagées en tant que travailleuses Sumangali. L’IDSN s’est efforcé de rendre public les résultats des rapports précédents de l’ICN et à porter ce problème à la connaissance de l’ONU, de l’UE et des fabricants de vêtements à l’échelle internationale. Cette question constituait aussi un thème clé lors de la manifestation parallèle de l’ONU sur le travail forcé et le travail en servitude fondés sur la caste et le genre (en anglais : UN side-event on Caste and Gender-Based Forced and Bonded Labour) au cours de laquelle la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage a mis en évidence les liens existant entre la caste, le genre et l’esclavage.

La Rapporteuse spéciale a signalé que les personnes issues de castes inférieures sont davantage sensibles aux formes contemporaines d’esclavage et que leur vulnérabilité est même accrue par l’intersection des discriminations fondées sur le genre, ce qui engendre un « tourbillon de désavantage économique permanent et d’impuissance politique ».

Le 15 septembre 2016, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Urmila Bhoola, a présenté son rapport annuel au Conseil des droits de l’homme. Lors de sa présentation, elle s’est focalisée sur les tendances mondiales de la servitude pour dette et a communiqué les informations mises à sa disposition par différents acteurs. Le Dalit Solidarity Network du Royaume-Uni et son partenaire READ (Rights Education and Developpement Centre, centre des droits, de l’éducation et du développement) ont contribué à l’élaboration de ce rapport en faisant part de leurs connaissances de première main sur la servitude pour dette et le travail forcé des enfants, notamment dans le système de Sumangali.

Recommandations pour réaliser des progrès

Bien que quelques progrès aient été enregistrés, il est évident que beaucoup plus de mesures devront être prises. Le rapport fournit des recommandations clés visant à mettre un terme à l’esclavage dans l’industrie à tous les niveaux : filatures, marques et acheteurs internationaux, gouvernements des pays importateurs, gouvernement indien, gouvernement de l’État Tamil Nadu et responsables des districts.

Selon l’ICN, les ONG, les organisations syndicales et les marques ont aidé à réduire le recours aux systèmes de Sumangali par leur travail de plaidoyer et leurs actions. Cependant, ces initiatives n’ont pas permis de s’attaquer au problème de l’esclavage moderne sous toutes ses formes. De nombreux facteurs ont contribué à cet échec, dont l’application médiocre du droit de travail, la puissance de l’industrie, des contrôles superficiels effectués par les marques qui achètent les produits et le manque d’initiatives prises par les marques afin d’augmenter leur poids commun. Après que les acheteurs occidentaux aient exercé de la pression sur les fabricants, quelques filatures ont collaboré avec des organisations locales pour répondre aux préoccupations relatives au travail. En vue de soutenir et encourager de telles initiatives fructueuses, les marques et les gouvernements des pays importateurs devraient se servir de leur influence commune afin d’entamer la réforme structurelle de l’esclavage en collaboration avec le gouvernement central et les gouvernements de l’État, l’industrie, les organisations syndicales et les ONG.

Le rapport a trouvé un écho important. Le journal indien national The Hindu a, par exemple, consacré plusieurs publications à ce sujet, et Reuters a publié un article dédié à ce rapport à l’échelle mondiale. Certains sites de mode ont aussi publié des articles sur cette thématique, et la marque de vêtements mondiale C&A a répondu. Aux Pays-Bas, des questions parlementaires ont été soulevées à la suite de la publication du rapport.

Source : IDSN

Suite

Mar 13 2017

Minorités et (in)égalité de l’aide en cas de catastrophes


Organisée le 24 et 25 novembre 2016, la neuvième session du forum sur les questions relatives aux minorités était axée sur la situation des minorités pendant des crises humanitaires. Ce forum constitue une opportunité unique pour des représentants d’État, des experts, la société civile, des communautés minoritaires et des agences spécialisées de s’engager dans un dialogue constructif et d’essayer de trouver des moyens pour renforcer la protection et la promotion des droits de minorités lors de la prévention de crises, pendant des situations de crise et après les crises.

International Dalit Solidarity Network (IDSN) a assisté à ce forum et invité deux représentants d’organisations membres qui ont tenu un discours à cette occasion. Il s’agissait de Bhakta Bishwakarma, représentant de Nepal National Dalit Social Welfare Organization (NNDSWO, organisation nationale pour la protection sociale des dalits de Népal), et Deepak Nikarthil, représentant de National Campaign on Dalit Human Rights (NCDHR, campagne nationale sur les droits humains des dalits) et de Asia Dalit Rights Forum (ADRF, forum sur les droits des dalits en Asie).

Lors de la réunion, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités, Rita Izsák-Ndiaye, a résumé ses conclusions et affirmé que, partout dans le monde, les crises elles-mêmes, qu’elles soient naturelles ou déclenchées par l’être humain (dont des sinistres et des conflits), ainsi que la suite des crises ont affecté des minorités de façon disproportionnée. La Rapporteuse spéciale a cité quelques exemples qui illustraient que des minorités au Sri Lanka, au Nigeria, aux États-Unis, au Yémen, en Asie du Sud et d’autres pays ont été frappées par des situations de crise de manière disproportionnée. La Rapporteuse spéciale a remarqué qu’« une analyse des interventions d’urgence pour réagir aux catastrophes naturelles dans des pays d’Asie du Sud, dont l’Inde, le Pakistan, le Sri Lanka et le Népal, a démontré que les dalits ont été, par exemple, victimes de discriminations flagrantes lors de chaque étape de l’intervention en cas de catastrophe, du sauvetage à la réhabilitation. »

La déclaration de la Rapporteuse spéciale reprend les conclusions du rapport publié par l’IDSN en 2013 « Equality in Aid : addressing caste discrimination in humanitarian response » (Égalité dans l’apport de l’aide : s’attaquer aux discriminations fondées sur la caste durant des interventions humanitaires) :

« Durant les phases de secours et de réhabilitation qui suivent les sinistres, les dalits ont fait des expériences qui démontrent à quel point les discriminations fondées sur la caste peuvent s’ancrer dans l’injustice et la renforcer. Les discriminations fondées sur la caste persistent dans la vie quotidienne dans de nombreux pays malgré des lois et des politiques, et les discriminations fondées sur la caste qui apparaissent lors du secours et de la réhabilitation en cas de catastrophe sont dès lors très prévisibles. Malheureusement, les normes humanitaires minimales n’exigent pour le moment pas que les fournisseurs d’aide humanitaire actifs dans des pays caractérisés par un système de caste comprennent ou réagissent aux discriminations fondées sur la caste ou aident à les comprendre ou à y réagir. »

Avant la session du forum, des projets de recommandations avaient été élaborés. Ces projets avaient pour but de protéger et de promouvoir les droits des minorités lors de chaque étape d’une crise humanitaire. Les participants du forum ont été invités à donner leur avis sur ces projets et à y ajouter des éléments. Les quatre exposés tenus pendant le forum ont confirmé que ceux qui subissent des discriminations fondées sur la caste sont affectés par des crises humanitaires de manière démesurée.

Bhakta Bishwakarma, représentant de l’IDSN et de la NNDSWO, a déclaré que pendant le tremblement de terre dévastateur au Népal, 8 856 personnes ont trouvé la mort et plus de 22 309 personnes ont été blessées. Bien que le tremblement ait touché tous les habitants de la même façon, « il a affecté divers castes et groupes ethniques différemment. ” La discrimination en cas de sinistre ” a été observée lors de l’étape de secours et de sauvetage : environ 60 % des dalits ont subi des discriminations lors des opérations de secours et de sauvetage, ce qui représente un déni des droits de l’homme et de la dignité des personnes. »

Un représentant de l’IRA-Mauritanie a déclaré que les Muhamasheen au Yémen et les minorités ethniques en Mauritanie font l’objet de discriminations fondées sur la caste et sur des systèmes similaires. Tandis qu’on sait relativement peu sur les discriminations fondées sur la caste en Mauritanie, le Minority Rights Group International (groupe international pour les droits des minorités) a publié en janvier 2016 un rapport intitulé « Even war discriminates : Yemen’s minorities, exiled at home » (Même la guerre discrimine : les minorités du Yémen exilées dans leur patrie) sur les discriminations fondées sur la caste subies par les Muhamasheen au Yémen et l’impact démesuré d’un conflit armé sur cette communauté.

Pirbhu Lal Satyani, membre de la National Lobbying Delegation on minorities (délégation nationale des groupes de pression sur les questions relatives aux minorités) et coordinateur du Pakistan Dalit Solidarity Network, a affirmé que « des centaines de milliers de dalits ont été touchés par des inondations au Pakistan en 2010, beaucoup d’entre eux se sont vu refuser l’accès aux camps de secours », ils devaient « vivre et dormir en plein air » et n’avaient pas accès à des biens de première nécessité tels que des aliments, de l’eau et des couvertures.

Deepak Nikarthil, représentant de la NCDHR, de l’ADRF et de l’IDSN, a déclaré que « la région de l’Asie du Sud est une des régions les plus susceptibles d’être frappées par un sinistre » et compte plus de 215 millions de dalits qui font face à « une discrimination et une exclusion structurelles dans tous les aspects, y compris la réaction en cas de catastrophe, l’aide et le processus de réhabilitation après une crise humanitaire ».

Les acteurs ont formulé une série de recommandations. En voici quelques-unes : reconnaître la discrimination à l’égard de groupes spécifiques, collecter des données désagrégées afin de déterminer de quelle manière les minorités sont affectées par des situations de crise, entrer en contact avec des communautés vulnérables durant des sinistres et impliquer des groupes minoritaires dans la planification préalable aux catastrophes et des plans d’intervention. La Rapporteuse spéciale présentera les recommandations finales du forum sur les questions relatives aux minorités au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en mars 2017.

Source : IDSN

Suite

Mar 10 2017

L’Inde bloque le financement du « Navsarjan Trust », membre de l’IDSN


Dernièrement, le gouvernement indien a bloqué une série de financements étrangers des ONG de défense des droits de l’homme. À ce moment-là, il a révoqué la licence de l’ONG de défense des droits des dalits Navsarjan qui lui permettait de bénéficier de financements étrangers. Sans cette licence, Navsarjan n’est plus autorisé à recevoir des financements de la part de donateurs étrangers et a dû demander à son personnel de 80 personnes de démissionner.

Le gouvernement accuse Navsarjan Trust d’être impliqué dans « des activités indésirables visant à porter atteinte à l’harmonie entre les groupes, castes et communautés religieuses, raciales, sociales, linguistiques et régionales », ce qui l’a amené à ordonner l’annulation de la licence de l’ONG. Cependant, le gouvernement ne fournit ni exemples concrets ni preuves manifestes pour appuyer sa déclaration.

La révocation de la licence est la dernière dans une série de révocations semblables non justifiées. D’après une analyse juridique publiée par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d’association en avril 2016, le Foreign Contribution Regulation Act (FCRA, loi sur la réglementation des contributions étrangères) n’est pas en conformité avec le droit, les principes et les normes internationaux, et les restrictions prévues par cette loi sont « susceptibles d’affecter de manière démesurée les associations impliquées dans des travaux cruciaux dans le domaine des droits de l’homme, celles qui abordent des questions telles que l’obligation de rendre compte du gouvernement et la bonne gouvernance ou celles qui représentent des populations vulnérables et minoritaires ou leurs points de vue. »

En juin 2016, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Michel Forst, celui sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, et celui sur le droit de réunion pacifique et d’association, Maina Kiai, ont incité le gouvernement indien à abroger la loi sur la réglementation des contributions étrangères (FCRA) qui selon eux, sert « de plus en plus à faire taire des organisations pour la défense de priorités civiles, politiques, économiques, sociales, écologiques ou culturelles qui peuvent différer de celles favorisées par le gouvernement. »

Le Parlement européen a aussi demandé aux autorités indiennes d’abroger les dispositions de la loi « qui ne sont pas conformes aux normes internationales et susceptibles de saboter le travail des ONG, dont des organisations de dalits et autres organisations représentant des groupes défavorisés au sein de la société indienne, en les empêchant de recevoir des financements de la part de donateurs internationaux. »

En novembre 2016, les ONG internationales des droits de l’homme Human Rights Watch et Amnesty International ont aussi exprimé de profondes préoccupations quant à la situation en Inde qu’ils perçoivent comme une tentative du gouvernement de faire taire des ONG qui se montrent critiques à l’égard de sa position en révoquant les licences qui permettent à ces ONG de bénéficier de financements étrangers.

« Tandis que l’Inde encourage activement des investissements étrangers dans les industries principales, elle essaie d’entraver le financement de projets qui visent à aider les personnes les plus vulnérables et exclues », a déclaré Meenakshi Ganguly, directrice de recherches sur l’Asie du Sud à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait collaborer avec ceux qui essaient d’engager une réforme des droits et leur donner les moyens de poursuivre leur mission au lieu de considérer la critique comme une menace à éliminer. »

Membre de l’IDSN, Navsarjan a mis sur pied d’indispensables programmes de développement et d’éducation pour les dalits ainsi que des programmes visant à développer les capacités des dalits et des adivasis à revendiquer leurs droits et à vivre en dignité.

« Le fait que le gouvernement a révoqué la licence du Navsarjan qui lui permettait de recevoir des financements étrangers est extrêmement préoccupant parce que cette organisation a accompli pendant des décennies des travaux cruciaux et légitimes afin de garantir les droits des dalits et des adivasis en Inde », a déclaré le président du comité de l’IDSN. « Cette répression que le gouvernement exerce sans fournir de vraies justifications vise à faire taire ceux qui s’engagent en faveur des droits des dalits et à entraver leur travail pour le bien-être des hors-castes. »

Dans un article publié dans CatchNews, Martin Macwan, le fondateur de Navsarjan, a émis ses points de vue sur la révocation de la licence et expliqué pourquoi le gouvernement en veut à Navsarjan. En Inde, des manifestations en faveur de l’organisation ont lieu, et Navsarjan considère en ce moment les voies de recours possibles.

Suite

Mar 10 2017

Le Parlement européen appelle à l’élaboration d’une politique de l’UE sur les discriminations fondées sur la caste


Dans son Rapport de 2016 intitulé « rapport annuel sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde, et la politique de l’Union européenne », le Parlement européen a exprimé de profondes préoccupations quant aux violations flagrantes des droits de l’homme des dalits. Dans ce même rapport, il appelle à l’élaboration d’une politique de l’UE sur les discriminations fondées sur la caste.

Le rapport publié par la commission des affaires étrangères du Parlement européen indique que le Parlement européen « s’inquiète vivement de la proportion alarmante des agressions violentes fondées sur la caste, dont sont victimes les dalits, et de l’institutionnalisation de la discrimination dans l’impunité ». Il condamne « les violations persistantes des droits de l’homme commises à l’encontre de personnes victimes de hiérarchies entre castes et de discriminations fondées sur la caste, en ce compris le déni d’égalité et d’accès au système judiciaire et à l’emploi et le maintien d’une ségrégation et d’obstacles fondés sur la caste empêchant l’exercice des droits de l’homme fondamentaux et le développement. »

De plus, le rapport incite les institutions européennes à mettre sur un même pied les discriminations fondées sur la caste et les autres causes de la discrimination dans leur lutte contre les inégalités et « demande de nouveau l’élaboration d’une politique de l’Union sur les discriminations fondées sur la caste. »

Cette déclaration fait référence au rapport de l’année passée dans lequel le Parlement européen avait exigé l’adoption d’un instrument de l’UE afin de prévenir et d’éradiquer les discriminations fondées sur la caste ainsi que d’intégrer ce sujet dans les lignes directrices et plans d’action du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et de la Commission.

En effet, le Parlement européen pousse l’UE depuis de nombreuses années à redoubler ses efforts pour combattre les discriminations fondées sur la caste et à s’y attaquer directement au niveau politique. Dans son dernier rapport, le Parlement a de nouveau demandé que l’UE « saisisse chaque occasion d’exprimer sa profonde inquiétude à l’égard desdites discriminations. »

Sources : IDSN et Parlement européen

Suite