Le 8e Prix des Droits Humains d’Amnesty Allemagne décerné à l’Indien Henri Tiphagne

Apr 26 2016

Le 8e Prix des Droits Humains d’Amnesty Allemagne décerné à l’Indien Henri Tiphagne


Photo: Brian Tronic / American India Foundation

Photo: Brian Tronic / American India Foundation

BERLIN, 25 avril 2016 – Lundi, Amnesty Allemagne a décerné son 8e Prix des droits humains à l’avocat indien et défenseur des droits humains Henri Tiphagne. La cérémonie de remise de prix, qui a eu lieu au Maxim-Gorki-Theater à Berlin, a rendu hommage à son engagement de plusieurs décennies en faveur des droits humains en Inde. « Le plaidoyer passionné de Henri Tiphagne dans la lutte contre la torture et la discrimination en Inde est exemplaire et sert d’inspiration pour des militants du monde entier qui s’engagent en faveur des droits humains », a déclaré Selmin Çalışkan, directeur d’Amnesty International Allemagne. « Grâce à son organisation People’s Watch, Henri Tiphagne soutient les victimes de la violence d’Etat depuis plus de 20 ans maintenant. Comme il les aide à faire valoir leurs droits et obtenir réparation, il est lui-même pris pour cible par les autorités ».

Au milieu des années 1990, Henri Tiphagne a fondé l’organisation People’s Watch. Sa vision était celle d’une société libre de toute discrimination fondée sur la caste et de violations des droits humains. People’s Watch a pour mission de faire de la recherche et de documenter les violations des droits humains, ainsi que de fournir une représentation juridique aux personnes touchées par ces crimes. L’organisation soutient également activement l’éducation aux droits humains. En 1997, Henri Tiphagne a fondé un institut offrant une formation pour les enseignants ainsi que le mentorat autour des programmes d’éducation aux droits humains à l’école. Jusqu’à présent, ils ont atteint environ 500.000 enfants dans 18 Etats indiens.

Lors de la cérémonie de remise du prix, Henri Tiphagne a dit: « Nous tenons à remercier Amnesty International pour ce prix, car cela nous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans notre combat pour les droits humains. L’Inde a une société civile dynamique. Je suis honoré d’accepter ce prix au nom de toutes les femmes et tous les hommes courageux qui luttent sans relâche pour les droits humains en Inde. Cependant, l’espace pour les militants de la société civile diminue constamment. Le gouvernement ne nous laisse pas d’espace pour respirer ».

« Ce prix est extrêmement bien mérité. Henri Tiphagne a été un champion résolu des droits humains en Inde depuis des décennies », a déclaré Tara Rao, directeur des programmes d’Amnesty International en Inde. « Les défenseurs des droits humains en Inde passent par des moments difficiles, et le pays a besoin de plus de militants comme Henri Tiphagne, qui défendent les droits d’autrui ».

Les ONG basées en Inde et bénéficiant d’un financement en provenance de l’étranger doivent être enregistrées conformément aux dispositions du Foreign Contribution (Regulation) Act ou FCRA. Cette mesure est appliquée par le ministère des Affaires intérieures. La loi autorise la suspension de l’enregistrement d’une organisation pendant 180 jours, en attendant l’évaluation de l’organisation. Ceci est une longue période et cause des difficultés financières pour de nombreuses organisations, comme tous leurs comptes bancaires sont gelés pour la durée.

Entre 2012 et 2014, People’s Watch avait ses comptes bancaires gelés à plusieurs reprises par le gouvernement d’alors. Cela a mis à mal le financement de l’organisation, ce qui signifie que certains employés ont dû chercher un autre emploi et de nombreux programmes ont dû être abandonnés. Au cours de sa dernière évaluation imposée par l’État, People’s Watch a interjeté appel et lors d’une première audience en juillet 2014, le juge a décidé en faveur de l’organisation.

Ces tentatives du gouvernement indien visant à restreindre le travail des organisations de défense des droits humains tels que People’s Watch sont symptomatiques d’une tendance mondiale plus large: « Au cours de la dernière décennie, la société civile à travers le monde est soumise à une pression accrue. Dans de nombreux pays, des lois sont adoptées pour entraver délibérément ou empêcher carrément les ONG de faire leur travail », a déclaré Selmin Çalışkan. « Les gouvernements restreignent la liberté d’expression et la liberté de la presse, et cherchent à intimider les acteurs de la société civile. Les défenseurs des droits humains courent constamment le risque d’être traînés dans la boue, dépeints comme des sympathisants de terroristes ou détenus pour des motifs fallacieux ».

Le Prix des droits humains est attribué par Amnesty Allemagne à d’individus ou des organisations en reconnaissance de leur engagement pour les droits humains dans des circonstances difficiles. Le prix vise à honorer et soutenir l’engagement exceptionnel des lauréats en faveur des droits humains et de sensibiliser le public allemand à leur travail. Il est doté de 10.000 euros, fournis par la Fondation d’Amnesty Allemagne Stiftung Menschenrechte, Förderstiftung Amnesty. Le Prix des droits humains a été présenté pour la huitième fois en 2016. Les anciens lauréats comprennent: Monira Rahman du Bangladesh (2006), Women of Zimbabwe Arise du Zimbabwe (2008), Abel Barrera du Mexique (2011) et Alice Nkom du Cameroun (2014).

Source : Communiqué d’Amnesty Allemagne

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