Bangladesh : Audience publique sur l’intouchabilité

Mar 12 2015

Bangladesh : Audience publique sur l’intouchabilité


Bidonville dalit à Dhaka Photo J. Carlsen

Bidonville dalit à Dhaka
Photo J. Carlsen

Un rapport sur l’intouchabilité au Bangladesh vient d’être publié par les organisations de la société civile qui ont organisé, fin décembre 2014, une audience publique sur le sujet avec la participation de Mme Nirupa Dewan, membre honoraire de la Commission nationale des Droits humains, ainsi que plusieurs personnalités du monde académique, politique et judiciaire. L’objectif était d’attirer l’attention des autorités gouvernementales, de la Commission nationale des Droits humains, des avocats, des universités et de la société civile sur les atrocités commises envers les dalits au Bangladesh.

Pour Nagorik Uddyog et Bangladesh Dalit and Excluded Right Movement (BDERM), il est important, en effet, d’exposer la discrimination et les atrocités que les dalits endurent dans leur vie de tous les jours, sans qu’ils puissent obtenir justice dans bien des cas. Car des procédures judiciaires compliquées et l’influence des castes dominantes dans les affaires de la justice empêchent souvent les dalits d’accéder à la justice.

Les thèmes abordés lors de ce tribunal informel concernaient en particulier l’intouchabilité, la violence envers les femmes, l’accaparement des terres et les atrocités de la vie quotidienne.

Les victimes ou leurs proches ont ainsi pu présenter des cas de violence physique de tel restaurateur qui avait battu un dalit désirant acheter des chapatis, sans que le restaurateur ne soit poursuivi par la justice pour avoir frappé la victime.

Ailleurs, une jeune fille dalit de 12 ans a été violée et assassinée en 2013. Dans la mesure où elle appartenait à une famille dalit pauvre, la police ne s’est pas préoccupée de l’affaire de façon correcte. Elle a arrêté le coupable tout en le libérant immédiatement sous caution. Depuis lors, la famille de la victime est continuellement harcelée pour retirer sa plainte. Craignant pour sa vie, elle a décidé de vivre ailleurs pour se cacher.

Dans une plantation de thé, un couple bénéficiait d’un petit jardin et de quelques arbres fruitiers autour de sa petite maison où sa famille avait vécu pendant plusieurs générations. Sans même prévenir le couple, la compagnie du thé a détruit la récolte et coupé les arbres. Pour la famille, ses revenus supplémentaires étaient nécessaires à sa survie, car les salaires de la compagnie pour les cueilleurs de thé sont plus que maigres.

Dans une communauté de potiers, des inconnus ont détruit toute la poterie en préparation, causant une perte énorme pour les 34 familles qui retiraient de cette activité toutes leurs ressources pour vivre. Comme ailleurs, la police n’est pas intervenue, même pas pour rechercher les coupables.

Le jury, dans ses délibérations, a promis d’interpeller la police et la justice pour agir en faveur des victimes individuelles dont les cas furent exposés. D’une façon plus large, il a également reconnu qu’une conscientisation de la société en général est importante, que ce soit au niveau local ou national. Il a interpellé la Commission nationale des Droits humains, la Cour suprême et la classe politique pour agir en faveur des victimes d’actes d’intouchabilité.

Source: BDERM / IDSN

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