8 mars et femmes dalits

Mar 07 2015

8 mars et femmes dalits


Des femmes dalits échangent leurs expériences.  Photo: J.Carlsen

Des femmes dalits échangent leurs expériences.
Photo: J.Carlsen

Qu’elles s’appellent Fatima, Ruth, Manjula, Asha ou Gauri, elles ont de bonnes raisons de se réjouir ce 8 mars avec les femmes du monde entier de l’avancement des droits humains des femmes dalits. Fatima et Ruth sont des militantes dalits de la première heure. Au sud de l’Inde et au-delà, elles ont imprégné la lutte des femmes dalits pour plus de dignité, de droits, de liberté. Manjula, Asha et Gauri sont d’une autre génération de militantes dalits. Manjula accompagne les femmes dalits dans leur combat quotidien au Gujarat. Asha est responsable d’un mouvement national de femmes dalits à Delhi. Et Gauri est une jeune avocate engagée dans la lutte pour le respect des droits des femmes dalits au Bihar. Grâce aux efforts de toutes les militantes dalits au cours des 40 dernières années, les mouvements des femmes dalits sont devenus une force incontournable. La scolarisation des filles dalits a progressé de façon significative. Des femmes dalits se retrouvent à la tête de leur commune. Des avocates dalits plaident les causes de leur communauté devant les tribunaux. Félicitations pour tout le travail accompli. Les victoires sont nombreuses et méritent d’être fêtées.

Mais la lutte n’est pas finie. Loin de là ! Surtout dans la société villageoise qui constitue l’essence même de l’Inde, des femmes dalits continuent à être discriminées, harcelées, violées, tuées. Malgré des lois qui interdisent formellement le ramassage manuel des excréments humains, elles sont forcées à continuer ces sales besognes en nettoyant les toilettes des maisons et des administrations avec des outils plus que rudimentaires, provoquant un rejet complet de la part de toute la bonne société voire même d’autres familles dalits. Des jeunes filles sont toujours offertes aux temples où elles se retrouvent livrées à une prostitution qui n’a rien de sacré. Et si les hommes de castes supérieures traitent les femmes dalits comme intouchables pendant la journée, certains n’hésitent pas de les violer la nuit. Enfin, comme si le viol ne suffisait pas, elles risquent même d’être assassinées, souvent en toute impunité. Oui, la lutte n’est pas finie. Loin de là !

Quand donc le 8 mars pourra-t-il être célébré comme la fête du respect des droits de toutes les femmes à travers le monde, et des femmes dalits en particulier ? En attendant, n’hésitons pas de célébrer toutes les victoires, aussi petites qu’elles soient, car elles font partie d’un mouvement qui a le mérite de renforcer, petit à petit, les droits des femmes opprimées, que ce soit en Inde, en Belgique ou ailleurs.

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