Rikke Nöhrlind: Le statut consultatif d’IDSN auprès des Nations Unies

Feb 05 2015

Rikke Nöhrlind: Le statut consultatif d’IDSN auprès des Nations Unies


Le Service International pour les Droits de l’Homme (SIDH) basé à Genève a décidé de publier une série de profils de représentants d’organisations non-gouvernementales (ONG) luttant pour obtenir le statut consultatif ECOSOC auprès des Nations Unies. Ce statut consultatif est nécessaire pour assister et participer à de nombreuses réunions de l’ONU, y compris celles du Conseil des Droits de l’Homme. SIDH espère ainsi exposer le dysfonctionnement du Comité accréditeur, partager les luttes des défenseurs des droits humains bloqués à plusieurs reprises d’apporter leurs expériences et leurs points de vue sur des questions essentielles pour l’élaboration des politiques des Nations Unies. Enfin, SIDH espère ainsi aider ces ONG crédibles effectuant un travail important et précieux en faveur des droits humains à sécuriser le statut consultatif à l’ONU. Le Réseau International de Solidarité Dalits (IDSN) fait partie de ces ONG internationales à qui le statut consultatif n’a toujours pas été accordé, alors que  sa demande date de 2007. Rikke Nöhrlind présente son organisation dans le cadre de cette action du SIDH.

Le Réseau international Solidarité Dalits (IDSN) a présenté sa demande pour le statut consultatif général auprès du Comité sur les ONG en 2007. Depuis lors, l’application a été reportée par le Comité, et IDSN a reçu 63 questions, qui ont été posées par un seul membre de cette commission, l’Inde. Beaucoup de questions de l’Inde sont fort similaires ou trouvent déjà une réponse de la part d’IDSN dans l’application même ou lors de réponses précédentes. L’Inde continue de bloquer IDSN année après année, malgré qu’elle affiche un gouvernement «démocratique», ainsi qu’une constitution et des lois qui interdisent la discrimination fondée sur la caste.

IDSN a été fondée en 2000 en tant que réseau international d’organisations de la société civile. Le réseau fut enregistré en 2003 en tant qu’organisation internationale à Copenhague, Danemark. Le réseau se compose de plates-formes nationales de plaidoyer dans les pays touchés par le système de castes, des réseaux de solidarité dalits en Europe, et des associés nationaux, internationaux et de recherche.

« La discrimination de caste est l’une des plus graves violations des droits humains dans le monde d’aujourd’hui; à la fois en termes de nombre de personnes touchées et de gravité des violations des droits humains imputables à cette forme de discrimination. »

Il y a environ 260 millions de victimes de discrimination fondée sur la caste dans le monde entier, la grande majorité vivant en Asie du Sud.

IDSN travaille au niveau mondial pour éliminer la discrimination de caste, y compris par le plaidoyer, et adresse tout particulièrement la discrimination et la violence envers les femmes dalits, le travail forcé, un accès égal aux services et ressources pour les dalits, et l’accès à la justice. Le réseau apporte une contribution cruciale sous forme de documentation, d’interventions stratégiques et de lobbying au niveau international, notamment en favorisant des interventions en faveur des droits des dalits à l’ONU.

Grâce à un engagement avec l’ONU, l’Union européenne et d’autres institutions multilatérales, IDSN a contribué à mettre la discrimination de caste et «l’intouchabilité» à l’agenda des Droits de l’Homme, et a aidé à changer des politiques et des pratiques en matière de discrimination de caste.

« Le fait que l’Inde ne reconnaisse pas la discrimination fondée sur la caste comme un problème international de droits humains a empêché tout engagement constructif dans le cadre de l’agenda des droits de l’homme des Nations Unies. »

L’Inde semble vouloir «punir» IDSN pour sa vaste coopération avec les Nations Unies sur la question de la discrimination de caste. La position de l’Inde conduit à ce que d’autres Etats hésitent à s’engager de manière proactive dans des initiatives internationales pour éliminer la discrimination de caste. Ainsi, le projet des Principes et directives pour l’élimination effective de la discrimination fondée sur le travail et l’ascendance (couvrant la discrimination de caste), publié par le Conseil des Droits de l’Homme (ONU) en 2009, attend toujours examen et adoption par cet organe.

« Pour notre travail, le fait que l’accréditation ECOSOC n’ait pas encore été accordée à notre organisation pour assurer son association libre et efficace avec l’ONU, pose un défi important.»

IDSN veut être mieux en mesure de surveiller et d’influencer le travail de l’ONU sur la discrimination de caste. Le statut consultatif fournirait un accès facile et direct aux différents organes des Nations Unies, y compris les mécanismes des Droits de l’Homme. En particulier, la possibilité de participer au Conseil des Droits de l’Homme et d’y observer toutes ses activités, de soumettre des déclarations écrites et de faire des interventions orales au Conseil des Droits de l’Homme faciliterait grandement l’engagement d’IDSN auprès de l’ONU.

« Cette obstruction continue et délibérée face à l’octroi du statut consultatif ECOSOC pour IDSN, sans aucun motif légitime que ce soit, conduit à l’exclusion et à de représailles contre une organisation de la société civile, entravant son travail légitime auprès de l’ONU. »

Les membres et associés d’IDSN, ainsi que des défenseurs de droits humains des pays touchés, sont dans certains cas soumis à des représailles d’acteurs étatiques et non étatiques. Des restrictions sur l’octroi de visas pour le personnel d’IDSN et d’autres membres du réseau basés en Europe ont entravé leur entrée en Inde et affecté l’engagement étroit avec les partenaires dans leurs situations nationales. Le fait que certaines organisations indiennes soient confrontées à des restrictions pour recevoir des fonds étrangers constitue une tendance particulièrement inquiétante. Ces mesures et d’autres tactiques utilisées par l’Inde pour intimider et bloquer IDSN de s’associer librement avec des instances de l’ONU non seulement constituent des représailles, mais sont incompatibles avec les principes de non-discrimination, d’égalité, de participation, de transparence et de responsabilité énoncées dans la résolution 1996/31 régissant le statut consultatif.

Source : IDSN

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