NEPAL – Les dalits ne sont toujours pas intégrés dans la société népalaise

Jan 04 2015

NEPAL – Les dalits ne sont toujours pas intégrés dans la société népalaise


Source: www.southalabama.edu/ nepal/map.htm

Source: www.southalabama.edu/ nepal/map.htm

Au Népal, un rapport récent dressant l’index de l’inclusion sociale par caste et groupe ethnique révèle que malgré les réformes politiques des dernières années, les dalits – en particulier ceux des plaines – se retrouvent très souvent parmi les couches les plus exclues de la société népalaise.

Pour mieux comprendre les finesses de l’étude présentée par l’Université de Tribhuvan (Katmandou), il est utile de rappeler que le Népal forme un Etat qui se situe entre les plaines du Gange (Inde)  bordant le pays au sud et la chaîne de l’Himalaya formant la frontière nord avec la Chine. On y distingue globalement trois niveaux d’altitude : les plaines (Tarai) au sud ne dépassent pas les 500 m d’altitude, les collines ou moyennes montagnes se situent autour des 2000 m dans la partie centrale du pays et la haute montagne au nord culmine avec le Mont Everest à 8848 m sur la frontière sino-népalaise.

Inutile de préciser que la plus grande partie de la population du pays habite dans les plaines et que la capitale Katmandou s’y trouve également.

L’étude sur l’inclusion sociale s’est penchée sur plusieurs facteurs et y a étudié la place des différentes castes et ethnies. Ainsi, l’index aborde l’inclusion sociale dans les domaines de l’éducation et de la santé (aspect social), l’accès économique, la participation politique, le genre et la participation à la vie de la communauté, avant de conclure avec une note globale de l’inclusion sociale dans son ensemble.

Les différentes sous-castes de dalits des plaines, appelés les « tarai dalits » dans l’étude, se retrouvent presque invariablement dans le bas des différents classements et forment souvent la partie la plus exclue de la société suivant les critères évoqués.

L’intouchabilité des dalits a ainsi contribué à divers types de discriminations et une ségrégation spatiale.

Si 60% des Népalais sont considérés comme alphabétisés, ce pourcentage ne dépasse guère les 23% pour les dalits des plaines. Actuellement, 71% des enfants népalais sont scolarisés, mais cette moyenne varie en fait entre 84% des brahmanes des collines et 49% des dalits des plaines qui forment pour ainsi dire la lanterne rouge.

L’accès à l’eau potable et aux toilettes hygiéniques pose également problème, en particulier pour les dalits des plaines. En ce qui concerne le niveau de vie et l’accès à l’économie en général, les dalits des collines et ceux des plaines occupent à nouveau la dernière place, loin derrière les autres castes.

Au niveau politique, la plupart des positions dans l’administration nationale sont occupées par des brahmanes et quelques autres castes moyennes, alors que les dalits se retrouvent parmi les groupes les moins représentés. Pour la dimension politique, les dalits se retrouvent donc également en queue du classement de l’index social.

Quant à la place des femmes au Népal, elles souffrent d’une façon générale d’un manque d’inclusion sociale, quelle que soit la caste ou le groupe ethnique auxquels elles appartiennent. Et même si les femmes dalits dans les collines rencontrent moins de violence que d’autres groupes sociaux, celles des plaines ont le moins de pouvoir pour faire les choix cruciaux en matière de planning familial comme le nombre d’enfants, l’écart entre les naissances ou l’utilisation de contraceptifs, alors que ces choix ont une influence capitale sur leur vie.

La participation sociale a été mesurée par l’accès aux maisons privées, aux lieux de culte et à la vie communautaire. Sans surprise, les brahmanes sont très bien intégrés dans la vie sociale, alors que les dalits – et les musulmans – souffrent le plus de discriminations.

D’après le rapport, « une bonne santé est un but en soi pour tout être humain. En outre, l’accès aux différentes opportunités de développement humain et l’utilisation des capacités humaines forment une base fondamentale pour toute survie et pour maintenir la santé. » Mais les résultats concernant les critères évoqués plus haut montrent que les dalits des plaines en sont le plus privés et constituent le groupe social qui souffre de niveaux d’inclusion particulièrement bas.

 

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