Mysore (INDE) – L’administration du Karnataka et des chefs religieux appuient la cuisinière dalit d’une école villageoise

Dec 10 2014

Mysore (INDE) – L’administration du Karnataka et des chefs religieux appuient la cuisinière dalit d’une école villageoise


Depuis le mois d’octobre, l’école publique du village de Kuppegala, dans les environs de Mysore au Karnataka, fait parler d’elle. En effet, les autorités locales avaient engagé une femme dalit parmi les cuisinières pour préparer le repas de midi. Et depuis une dizaine de jours, certains élèves de hautes castes avaient refusé de manger le repas de midi, d’autres refusant même de fréquenter l’école.

D’après le journal The Tribune, l’incident semble avoir trouvé une solution à l’amiable. Fin de la semaine passée, la pression du gouvernement du Karnataka avait commencé à porter ses fruits. « Nous sommes allés de porte à porte pour contacter les personnes âgées du village et les parents des élèves des hautes castes. Nous avons réussi à les convaincre, car aujourd’hui, toutes les catégories d’élèves et les personnes âgées du village ont partagé le repas préparé par la cuisinière dalit », signale Mme Shikha, commissaire adjointe de Mysore. « L’affaire est close », ajoute-t-elle.

Un chef religieux distribue le repas préparé par la cuisinière dalit. Photo M.A. Sriram

Un chef religieux distribue le repas préparé par la cuisinière dalit. Photo M.A. Sriram

Et pour mettre définitivement fin au boycott par les élèves des castes supérieures, des leaders religieux progressistes se sont rendus ce lundi 10 décembre à l’école du village pour partager le repas avec les élèves. Et le journal The Hindu relate qu’après le repas, ils ont discuté avec les enfants et les ont encouragés à vivre harmonieusement avec les personnes de toutes castes et croyances.

Quand les chefs religieux partagèrent le repas à Kuppegala, tous les 138 élèves de l’école étaient à nouveau présents au repas et aux cours.

Parlant à la presse, un des chefs religieux regrette que quelques individus « bornés semaient des graines toxiques de différences de castes à travers l’école. C’est un crime ». Soulignant qu’il n’y avait aucune différence entre la nourriture préparée par une personne de basse caste ou une personne de caste supérieure, le swami espère que leur acte de manger à côté des enfants aiderait à chasser l’intouchabilité. Les anciens du village, ainsi que des membres de l’administration locale et du Comité de suivi du développement de l’école ont également partagé le repas de midi.

Le responsable du groupe dalit local a salué l’initiative des chefs religieux. Mais il a rappelé à l’administration du district que d’autres questions d’intouchabilité affligeaient le village. Il a notamment parlé de l’interdiction pour les dalits de fréquenter les deux temples, la salle communautaire, les restaurants et les salons de coiffure.

Sources :  The Tribune du 6 décembre 2014 et The Hindu du 10 décembre 2014 (cités dans Dalits Media Watch)

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