Madurai (Inde) : 75e anniversaire de l’ouverture de son célèbre temple aux Dalits

Sep 19 2014

Madurai (Inde) : 75e anniversaire de l’ouverture de son célèbre temple aux Dalits


Temple de Madurai (Photo Arian Zwegers)

Temple de Madurai (Photo Arian Zwegers)

« Je ne pouvais pas le croire. Cela semblait trop beau pour être vrai … un miracle s’était produit. »

C’est ainsi que C. Rajagopalachari, alors Premier ministre de la Présidence de Madras, réagit aux nouvelles d’un groupe de Harijans qui avait pu entrer dans le temple de Meenakshi-Sundareswarar à Madurai, le 8 juillet 1939.

En 2014, les dalits célèbrent le 75e anniversaire de cet exploit, souvent salué comme un événement révolutionnaire dans les annales de l’hindouisme moderne et de la politique indienne.

Le groupe de quatre dalits et un Nadar comprenait notamment le leader du Parti du Congrès, P. Kakkan, qui deviendra plus tard ministre fédéral de l’Intérieur.

Il y avait beaucoup d’opposition à l’événement de la part des conservateurs qui ont soutenu que les temples deviendraient «impurs» si ceux considérés comme des «intouchables» y entraient. Mais de manière significative, l’événement de Madurai était paisible, comme le relate M. Rajagopalachari dans son discours à Madras le 9 juillet 1939.

Soulignant l’importance de cet événement, le Mahatma Gandhi, dans l’édition du 22 juillet 1939 de la publication Harijan, écrit que l’entrée des dalits dans le temple de Madurai a été une plus grande réussite que l’ouverture des temples de l’État de Travancore. « L’ouverture des temples de l’État de Travancore était sans aucun doute un grand pas mais c’était la prérogative du Maharaja. Mais l’ouverture du célèbre temple de Madurai est un événement plus grand car c’est la volonté populaire qui y a conduit », expliqua le Mahatma.

L’entrée des dalits dans le temple de Meenakshi a eu un effet immédiat sur d’autres temples. The Hindu signala le 9 juillet de la même année que le soir même, M. Aiyar a également conduit les harijans dans le Temple Koodal Alagar, également situé à Madurai, « à l’invitation des autorités du temple ».  Il ne faut cependant pas oublier que ce geste de M. Aiyar ne fut pas apprécié par certains hindous de castes supérieures et qu’il a fallu adopter une loi pour protéger les droits des classes opprimées à prier dans les temples.

Alors que 75 années se sont écoulées, les dalits continuent d’être privés de leur droit d’entrer dans des temples dans de nombreuses parties de l’État, surtout dans les villages, selon G. Ramakrishnan, responsable du Parti communiste indien CPI (M).

D’après lui, les grands partis dravidiens ont une responsabilité énorme dans le déni persistant des droits des dalits. Ce sont eux, en effet, qui ont dirigé en permanence l’État, sans prendre fait et cause pour les dalits, et leurs rangs ont été dominés par des castes intermédiaires. « À moins que les non-dalits commencent à s’engager pour l’égalité, cette situation va se poursuivre », fait-il remarquer.

D’après The Hindu, 8 juillet 2014

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