INDE : indignation générale des médias au sujet du viol et de la pendaison d’adolescentes

Jul 14 2014

INDE : indignation générale des médias au sujet du viol et de la pendaison d’adolescentes


La nuit du 27 au 28 mai dernier, deux adolescentes dalits ont été violées et pendues à Badaun, Uttar Pradesh. Ce double crime a déclenché dans la plupart des médias une inondation d’articles, et l’affaire est loin d’être terminée. Ces articles dénoncent le viol et la violence perpétrés sur des femmes en Inde mais aussi sur les liens étroits de tels comportements avec la discrimination de castes.

Plusieurs contributions ont mis en lumière le fait que ni la « culture du viol » ni la « culture de l’impunité » ne cesseraient tant qu’on n’aura pas abordé de front la discrimination de castes. Les principales ONG de défense des droits humains ainsi que les Nations Unies ont également publié des déclarations à ce sujet.

Bien que l’affaire de Badaun ait fait la une des divers médias, des cas similaires de viols, de viols collectifs ou de meurtres d’adolescentes et de femmes dalits en Inde se passent chaque jour sans jamais être rapportés par les médias. Ainsi, alors que la plupart des médias s’indignaient au sujet du cas de Badaun, quatre adolescentes dalits, victimes de viols collectifs perpétrés par des membres de la caste dominante dans l’Etat d’Haryana, manifestaient à New Delhi pour que justice soit faite et que les coupables soient arrêtés et jugés. Mais l’impunité reste malheureusement la règle dans les cas de viol ou de violence sur des femmes dalits lorsque les coupables sont des hommes appartenant à des castes dominantes.

Malgré les garanties constitutionnelles et les lois spéciales, à travers tout le sous-continent indien,   les dalits – et en particulier les femmes – sont confrontés à diverses formes de discrimination et de violence. Les membres des castes dominantes sont réputés d’user de violence sexuelle sur les femmes et jeunes filles dalits comme d’un instrument politique visant à punir et humilier mais aussi pour faire valoir leur pouvoir.

Les crimes commis sur des dalits sont rarement enregistrés de manière adéquate ou soumis à une enquête, les taux de condamnations sont bas et il existe une longue liste de dossiers judiciaires en souffrance. La police a aussi la réputation d’être en connivence avec des criminels issus de castes dominantes couvrant leurs actes violents en ne les enregistrant pas ou en ne menant aucune enquête au sujet des délits commis sur des dalits.

L’Inde a, selon les lois internationales, l’obligation de prendre des mesures appropriées et efficaces pour prévenir et punir toute forme de violence sexuelle. Les autorités de l’Etat d’Uttar Pradesh doivent assurer que le viol collectif et le meurtre des deux adolescentes fassent l’objet d’une enquête impartiale et aussi que les auteurs de ces actes comparent rapidement devant la justice. Elles doivent aussi tenir pour responsables les agents de police coupables d’avoir refusé d’enregistrer les plaintes ou d’ouvrir une enquête.

Enfin, le nouveau gouvernement de l’Inde doit prendre des mesures immédiates et de grande envergure pour mieux protéger les droits à la sécurité et à la dignité des femmes dalits et de mettre un terme à l’impunité qui caractérise toujours les crimes commis contre elles.

Source: IDSN et Amnesty International

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