Des femmes dalits enflamment le public au Sommet des Femmes dans le Monde à New York

May 07 2014

Des femmes dalits enflamment le public au Sommet des Femmes dans le Monde à New York


e51562201c« Même si personne ne nous reconnaît comme humains, nous le crierons sur tous les toits. … La honte n’est pas sur les femmes, la honte est sur ​​l’Inde », a déclaré la cinéaste dalit américaine Thenmozhi Soundararajan dans l’entretien qu’elle a donné avec Asha Kowtal de AIDMAM, au Sommet de haut niveau Les Femmes dans le Monde qui s’est tenu en avril 2014 à New York. Uma Thurman a introduit la conférence en jouant le rôle d’une femme dalit victime de viol et la présentatrice de NBC, Cynthia McFadden, a animé le débat.

Des clips vidéo filmés par Thenmozhi Soundararajan lors de la marche des femmes dalits en Inde ont introduit le sujet, et l’actrice Uma Thurman a lu l’histoire du viol de Manisha, une femme dalit.

« La loi n’est pas faite pour nous … Je suis toute seule », a déclamé Uma Thurman en lisant l’histoire de Manisha. Asha Kowtal, secrétaire générale du Forum des droits des femmes dalits de l’Inde (AIDMAM), a expliqué à la foule présente au sommet et à tous ceux qui ont suivi la séance par Internet que l’histoire de Manisha n’est pas seulement typique, mais largement répandue – et réduite au silence – tout simplement parce qu’elles sont nées dans les castes les plus basses.

La modératrice Cynthia McFadden, correspondante de NBC News, a cité une statistique inquiétante montrant que, même si une affaire de viol arrive devant les tribunaux, l’auteur n’est puni que dans un pour-cent des cas.

Asha Kowtal a parlé d’un énorme problème d’impunité généralisée dans les cas de crimes contre les femmes dalits, car souvent, la police ne dresse même pas de rapport ; et si l’affaire est poursuivie, les chances pour les femmes dalits d’obtenir justice sont minces, voire nulles.

Thenmozhi Soundararajan a donné l’exemple inquiétant d’un cas d’une femme dalit ayant survécu à un viol et qui a montré au juge des séquences vidéo de son viol circulées par les auteurs au village ; mais le juge a simplement ri et dit: ” Super, maintenant vous avez la preuve que vous avez apprécié vous-mêmes ».

Les deux femmes ont présenté la marche des femmes dalits à laquelle elles avaient participé personnellement en insistant que les femmes dalits avaient défilé pour le respect de soi et pour rendre visite à des victimes de viol afin de les encourager et de demander que la police traduise les coupables en justice.

Cynthia McFadden s’est dite choquée qu’elle ne se savait pas plus sur la question de la discrimination des castes et les répercussions violentes pour les femmes dalits, car la question n’est pas suffisamment abordée dans les médias internationaux. Même si le viol collectif perpétré à Delhi en 2012 a fait la une des journaux, des cas similaires à l’encontre de femmes dalits sont passées sous silence. McFadden a promis de contribuer personnellement à changer l’attention des médias à ce sujet.

Asha Kowtal a souligné que la violence sexuelle basée sur le système des castes constitue une véritable crise des droits humains et qu’elle a été perpétuée à travers les siècles. Les deux femmes ont expliqué que les dalits sont essentiellement considérés comme des sans-voix que l’on déshabille, que l’on bat, sur lesquels on crache, que l’on viole avec des objets et que l’on brûle même vifs. Leur esprit et leur corps sont constamment violés.

Le public lors du Sommet de New York était derrière les femmes et a crié de concert à la fin de la conversation : « lutte des femmes dalits ». «Nous devons briser le silence », a déclaré Asha Kowtal en conclusion.

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