Yearly Archives: 2014

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Dec 22 2014

54 % des esclaves d’aujourd’hui vivent dans des pays affectés par un système de castes


L’Index global de l’esclavage 2014, publié par la Fondation Walk Free, pointe le doigt sur l’Inde comme étant le pays au monde comptant le plus grand nombre d’esclaves. En outre, il relève aussi que la caste est à la racine de l’esclavage en Inde. La Mauritanie, pays également affecté par un système de castes, se retrouve au sommet de l’Index pour le plus haut pourcentage d’esclaves par rapport à la population de ce pays.

L’esclavage basé sur la caste est aussi présent dans plusieurs autres pays tels le Pakistan, le Bangladesh et le Népal qui arrivent donc naturellement parmi les pays en tête de la liste établie par l’Index. En réalité, sur base des données rassemblées par l’Index, plus de la moitié des esclaves vivant dans notre monde (54 %) est à trouver dans des pays qui appliquent des systèmes de castes.

Dans la section que l’Index consacre à l’Inde, les auteurs relèvent la discrimination à l’égard des dalits, des adivasis (tribaux) et des ressortissants d’autres minorités comme étant à la racine de l’esclavage et écrivent : « Les dalits ont le moins de protection sociale et sont extrêmement vulnérables aux diverses formes d’exploitation et d’esclavage moderne. Les possibilités très faibles qui s’ouvrent à ce groupe humain pour réussir à s’échapper de cette oppression augmentent encore leur vulnérabilité. »

Quant à l’esclavage en Mauritanie où quatre personnes sur cent sont considérées comme des esclaves modernes, les auteurs s’expriment de la manière suivante : « Aussi connu sous le terme ‘d’esclavage héréditaire’, le statut d’esclave se transmet de génération en génération et est profondément enraciné dans le système social dans son ensemble et celui des castes en particulier. »

D’après le chapitre du rapport consacré au Pakistan, le fait que les basses castes vivant dans ce pays ne sont pas considérées comme des citoyens égaux renforce considérablement leur vulnérabilité et les conduit à l’esclavage puisqu’ils n’ont souvent pas d’autre choix.

Les liens qui unissent la discrimination de castes et l’esclavage sont très répandus et profondément ancrés. En outre, les pratiques d’esclavage basées sur le système des castes, comme le travail des éboueurs manuels ou la prostitution, restent aujourd’hui encore d’actualité malgré leur caractère illégal.

Dans son article ‘Pauvreté et caste encouragent le travail des enfants en Asie du Sud’, S. Kara, expert du travail des enfants à l’Université d’Harvard, souligne que la caste est un facteur déterminant, sous-jacent à l’esclavage des enfants en Inde. Il poursuit en disant : «  chaque enfant travailleur que j’ai rencontré venait d’une famille extrêmement pauvre et appartenait à une basse caste ou à une communauté minoritaire. »

S’appuyant sur dix années de recherches, l’Index est reconnu pour la qualité de ses données sur les conditions d’esclavage dans le monde entier. Il fournit aux lecteurs la liste de 167 pays en citant en chiffres dégressifs le nombre de personnes menant une vie d’esclaves, en indiquant le risque d’esclavage ainsi que la détermination des réponses proposées par les divers gouvernements concernés par ce problème.

Source : IDSN

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Dec 19 2014

INDE – L’intouchabilité continue à prospérer


Accepteriez-vous qu'un dalit entre dans votre cuisine ou qu'il utilise vos ustensiles de cuisine?  Ceux qui disent NON, par caste et par religion. Source: IHDS-2

Accepteriez-vous qu’un dalit entre dans votre cuisine ou qu’il utilise vos ustensiles de cuisine?
Ceux qui disent NON, par caste et par religion.
Source: IHDS-2

A la question “Accepteriez-vous qu’un dalit entre dans votre cuisine ou qu’il utilise vos ustensiles de cuisine?”, 27% des Indiens répondent NON! Telle est une des réponses qui ressort de l’Enquête sur le développement humain en Inde (IHDS-2) dont les premiers résultats sont diffusés dans la presse indienne. Le texte qui suit se base sur un article de Praful Bidwai (*) paru le 15 décembre 2014 dans le Kashmir Times.

Le mythe de la fin imminente de l’intouchabilité a été brisé par l’Enquête sur le développement humain de l’Inde (IHDS-2), menée en 2011-12 par le Conseil national de recherche économique appliquée et l’Université du Maryland, États-Unis. IHDS-2 a couvert plus de 42 000 ménages de différentes classes, groupes sociaux et régions.

L’enquête révèle que l’intouchabilité prospère, 65 ans après que la Constitution l’a abolie. Plus d’un quart des Indiens admettent qu’ils la pratiquent. Ce taux d’admission volontaire est élevé et préoccupant. Comme on pouvait s’y attendre, un pourcentage encore plus grand de brahmanes (52%) a admis la pratique de l’intouchabilité. Et 24 pour cent des autres castes favorisées.

Plus surprenant, une forte proportion (33 pour cent) des autres classes défavorisées, plus basses dans la hiérarchie rituelle que les deux premiers groupes, pratique également l’intouchabilité. Et même les dalits et adivasis, considérés comme encore plus « polluants », ne sont pas exempts de pratiquer l’intouchabilité : respectivement 15 et 22 pour cent avouent qu’ils la pratiquent.

Cela témoigne de la nature omniprésente du système de castes et de son internalisation par ses propres victimes. Une proportion importante des dalits souffre à la fois de la discrimination de castes eux-mêmes et l’inflige à des couches inférieures, comme les Valmikis (éboueurs manuels) ou ceux qui enlèvent la peau des carcasses d’animaux.

Le fait que la caste est profondément ancrée dans la société indienne est corroboré par l’incidence de l’intouchabilité qui se situe à 20 pour cent dans l’Inde urbaine et à 30 pour cent dans les villages. Parmi les brahmanes ruraux, ce pourcentage monte de façon honteuse à 62 pour cent (39 pour cent pour les brahmanes urbains).

Non seulement 30 pour cent de tous les Hindous, mais respectivement 35, 23 et 18 pour cent des Jaïns, Sikhs et Musulmans admettent également de pratiquer l’intouchabilité. Seules les petites minorités comme les bouddhistes, les tribaux et les chrétiens montrent une faible incidence de la pratique.

Les revenus des ménages n’influencent pas  beaucoup cette incidence. La différence entre les ménages les plus pauvres et les plus riches qui confessent pratiquer l’intouchabilité est seulement de deux pour cent dans les villages et d’un pour cent dans les zones urbaines.

Quant à l’éducation, elle change quelque peu la pratique de l’intouchabilité : 69 pour cent des ménages brahmanes avec une éducation limitée à la 5e primaire s’y livrent, alors que ce chiffre « tombe » à 45 pour cent des ménages brahmanes ayant au moins un adulte diplômé. Mais même cela est alarmant, car cette valeur équivaut toujours à deux fois l’incidence nationale moyenne de l’intouchabilité.

L’intouchabilité est l’aspect le plus odieux du système de castes, mais approuvée par les rites et les écritures sacrées de l’Hindouisme qui considère les dalits et autres basses castes comme trop pollués pour être admis dans la cuisine, la partie prétendument la plus pure de la maison. Elle est accompagnée par d’autres pratiques humiliantes telles que l’attribution d’assiettes et de verres séparés pour les gens de basse caste, ou l’obligation de laver les plats des hautes castes.

Une étude récente menée par Human Rights Watch met en lumière la façon dont les enfants dalits, adivasis et musulmans sont confrontés à une discrimination systématique au niveau de l’école primaire.

Ils sont obligés à s’asseoir séparément du reste de la classe et forcés d’apporter leurs propres ustensiles pour les repas de midi afin de ne pas « polluer » les plats des autres. , Ils doivent nettoyer les toilettes et sont réprimandés et punis sévèrement. Ainsi, les différences dans les compétences et les performances sont créées artificiellement par la stigmatisation et la ségrégation des enfants qui ont les mêmes capacités au départ. Cela se traduit plus tard par des revenus plus faibles et des chances de vie plus limitées.

Les pratiques discriminatoires persistent dans l’enseignement supérieur jusqu’y compris dans les collèges médicaux et d’autres établissements d’élite, qui séparent souvent les étudiants en fonction des castes.

La société dans son ensemble prive les dalits, les adivasis, les autres basses castes et les musulmans de leurs droits sociaux, y compris un accès équitable aux soins de santé, à l’eau potable et à la nutrition, voire même aux installations municipales comme les systèmes d’égouts, le ramassage des ordures et la distribution de lait.

Le système des castes n’est donc pas seulement injuste et immoral en soi. Il est incompatible avec la dignité humaine, les droits civils et politiques élémentaires, et provoque la destruction cruelle d’un précieux potentiel et des capacités humaines. Il conduit également à la violence périodique pour punir les gens de basse caste qui revendiquent leurs droits.

L’Etat et la société indienne ont échoué dans leur lutte contre la discrimination des castes et pour le renforcement des dalits par des plans spéciaux, dont les fonds sont régulièrement détournés, ou dans leur protection à travers la loi de prévention des atrocités à leur encontre. Le taux de condamnation dans le cadre de la loi susmentionnée est inférieur à quatre pour cent. Les dalits, adivasis et musulmans sont en outre victimes de l’application biaisée du système judiciaire en Inde.

Il faut des remèdes globaux et de l’imagination, y compris une réforme en profondeur du système de l’éducation, la révision des programmes scolaires et des pratiques pédagogiques, et une absence de toute ségrégation des enfants basée sur la caste.

Il ne suffit pas que les manuels scolaires mettent en évidence le rôle d’Ambedkar comme un grand leader des populations opprimées et un des principaux rédacteurs de la Constitution. Il faut également éduquer les enfants au caractère inhumain du système des castes et la persistance de l’oppression des dalits dans l’Inde contemporaine. La ségrégation fondée sur la caste dans les écoles doit être punie par la loi.

(*) L’auteur de l’article, Praful Bidwai, est journaliste, chercheur en sciences sociales et militant pour les droits humains, l’environnement, la justice et la paix mondiale. Il collabore avec de nombreux journaux en Inde et au niveau international. En 2000, il a reçu le Prix international de la Paix Sean MacBride, prix attribué par le Bureau international de la Paix (Genève et Londres).

Source : Extraits de l’article de Praful Bidwai, Untouchability Thrives In India, in Kashmir Times, cité par Dalits Media Watch

 

 

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Dec 17 2014

INDE – Le RSS postose les conversions de masse prévues pour Noël


Sur pression du Premier ministre Narendra Modi, les conversions de masse prévues pour le jour de Noël ont été postposées, non supprimées. Telle est la dernière information en provenance des milieux nationalistes hindoues d’Aligarh.

Le jour de Noël, le RSS avait prévu de convertir au moins 4000 familles chrétiennes et 1000 familles musulmanes à l’Hindouisme dans ce qu’il appelle le programme « Ghar Wapsi » (retour à la maison). Les organisateurs prétendent que l’événement prévu à Aligarh étaiot censé être l’un des plus grands programmes de conversion jamais réalisés. Parmi les personnages importants annoncés pour l’événement se trouvait le parlementaire BJP Yogi Adityanath.

La ville d’Aligarh et le jour du 25 décembre avaient été choisis attentivement. « Aligarh a été choisie parce qu’il est temps que nous arrachions la ville hindoue des mains des Musulmans. C’est une ville de braves Rajputs et de leurs temples sur les restes desquelles des institutions musulmanes ont été établies », a déclaré R. Singh, un responsable régional du RSS.

Noël avait été choisi comme jour de conversion parce que l’événement était censé être un test de la force de l’Hindouisme et du Catholicisme, avait-t-il rajouté. « Si leur religion est meilleure, ils peuvent les arrêter. C’est un test pour nous deux. S’ils reviennent chez nous à Noël, c’est le plus grand rejet de leur foi. »

Les familles avaient déjà été identifiées dans 40 bidonvilles de la région. « Les 4000 familles chrétiennes appartiennent à la caste des Valmiki. Les Valmiki constituent les pieds de la société hindoue. Sans eux, nous sommes incomplets. »

Les 1000 familles musulmanes sont des descendants des Thakurs et de brahmanes qui ont été convaincus de leur « fierté perdue », selon Singh. Des membres du RSS ont déclaré que de telles conversions sont des événements annuels mais qui ont gardé un profil bas au cours des années précédentes.

« Maintenant, beaucoup plus de gens veulent nous rejoindre. Cette fois, nous n’avons pratiqué aucune menace. Nous n’avions qu’à convaincre les gens », a déclaré un autre membre du RSS à Aligarh.

Beaucoup voient dans les programmes de conversion organisées par le RSS une indication de leur intolérance face aux minorités. Ils ne s’attendent pas à ce que les convertis soient traités en égaux.

« D’une part, ils disent qu’ils vont traiter les convertis en égaux et d’autre part, ils croient en des textes sacrés selon lesquels ces convertis seront toujours traités comme des parias », a déclaré une ancienne responsable de l’Université de Lucknow qui dirige une organisation sans but lucratif favorisant l’harmonie entre les communautés.

La conversion à l’Islam ou au Christianisme n’a pas nécessairement amélioré la vie des dalits, mais le retour à l’Hindouisme signifiera qu’ils « seront utilisés comme témoins contre les minorités », a-t-elle ajouté.

« Nous utiliserons de l’eau du Gange pour purifier les convertis. Ils recevront des photos de divinités hindoues. Nous allons leur apprendre les méthodes de notre adoration et leur donner nos livres religieux », a déclaré la personne en charge des arrangements pratiques.

Des cérémonies de conversions de masse sont effectivement organisées régulièrement par le RSS, en particulier en Uttar Pradesh. La dernière cérémonie date d’ailleurs du début de ce mois de décembre. Des critiques estiment que les nationalistes hindous se servent d’actions à forte charge émotive pour gagner des électeurs hindous ou pour détourner le regard des véritables problèmes politiques de l’Inde d’aujourd’hui.

Source : Economic Times, cité par Dalits Media Watch

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Dec 10 2014

Mysore (INDE) – L’administration du Karnataka et des chefs religieux appuient la cuisinière dalit d’une école villageoise


Depuis le mois d’octobre, l’école publique du village de Kuppegala, dans les environs de Mysore au Karnataka, fait parler d’elle. En effet, les autorités locales avaient engagé une femme dalit parmi les cuisinières pour préparer le repas de midi. Et depuis une dizaine de jours, certains élèves de hautes castes avaient refusé de manger le repas de midi, d’autres refusant même de fréquenter l’école.

D’après le journal The Tribune, l’incident semble avoir trouvé une solution à l’amiable. Fin de la semaine passée, la pression du gouvernement du Karnataka avait commencé à porter ses fruits. « Nous sommes allés de porte à porte pour contacter les personnes âgées du village et les parents des élèves des hautes castes. Nous avons réussi à les convaincre, car aujourd’hui, toutes les catégories d’élèves et les personnes âgées du village ont partagé le repas préparé par la cuisinière dalit », signale Mme Shikha, commissaire adjointe de Mysore. « L’affaire est close », ajoute-t-elle.

Un chef religieux distribue le repas préparé par la cuisinière dalit. Photo M.A. Sriram

Un chef religieux distribue le repas préparé par la cuisinière dalit. Photo M.A. Sriram

Et pour mettre définitivement fin au boycott par les élèves des castes supérieures, des leaders religieux progressistes se sont rendus ce lundi 10 décembre à l’école du village pour partager le repas avec les élèves. Et le journal The Hindu relate qu’après le repas, ils ont discuté avec les enfants et les ont encouragés à vivre harmonieusement avec les personnes de toutes castes et croyances.

Quand les chefs religieux partagèrent le repas à Kuppegala, tous les 138 élèves de l’école étaient à nouveau présents au repas et aux cours.

Parlant à la presse, un des chefs religieux regrette que quelques individus « bornés semaient des graines toxiques de différences de castes à travers l’école. C’est un crime ». Soulignant qu’il n’y avait aucune différence entre la nourriture préparée par une personne de basse caste ou une personne de caste supérieure, le swami espère que leur acte de manger à côté des enfants aiderait à chasser l’intouchabilité. Les anciens du village, ainsi que des membres de l’administration locale et du Comité de suivi du développement de l’école ont également partagé le repas de midi.

Le responsable du groupe dalit local a salué l’initiative des chefs religieux. Mais il a rappelé à l’administration du district que d’autres questions d’intouchabilité affligeaient le village. Il a notamment parlé de l’interdiction pour les dalits de fréquenter les deux temples, la salle communautaire, les restaurants et les salons de coiffure.

Sources :  The Tribune du 6 décembre 2014 et The Hindu du 10 décembre 2014 (cités dans Dalits Media Watch)

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Dec 10 2014

INDE : Des responsables politiques rendent hommage au Dr. Ambedkar 58 années après son décès


Dr. B.R. Ambedkar

Dr. B.R. Ambedkar

Jusqu’à ce jour, et depuis la date du décès du Dr. Babasahen Ambedkar en 1956, aucun gouvernement de l’Etat du Maharashtra n’avait commémoré le départ de l’architecte de la constitution de l’Inde. Quand, cette année 2014, le gouvernement du Maharashtra a rendu publiquement honneur à ce grand réformateur social, il s’agissait vraiment d’une grande première !

Il y a plus cependant car le nouveau gouvernement BJP de l’Etat approuvait aussi la construction d’un somptueux mémorial dédié à B. Ambedkar dans la ville de Mumbai. Cette décision répondait aux nombreuses demandes formulées par tant d’organisations dalits au cours des décennies écoulées.

Pour rappel, le Dr. Ambedkar fut incinéré dans l’Etat du Maharashtra en 1956 et, chaque année, le jour anniversaire de sa mort, des centaines de milliers de citoyens indiens, originaires de toutes les régions du sous-continent, venaient à Dadar pour lui rendre hommage. Finalement, en cette année 2014, le ministre en chef de l’Etat du Maharashtra, accompagné des membres de son cabinet,  a déposé une couronne de fleurs et allumé des cierges au pied de la statue d’Ambedkar.  En reconnaissant ainsi la contribution réelle du Dr. Ambedkar à l’émancipation des opprimés, le chef du gouvernement de l’Etat du Maharashtra exprimait aussi sa joie de savoir que la construction d’un beau monument en mémoire de ce grand homme ait été décidée et serait réalisée sans retard.

Cette hâte, manifestée au sein du BJP au sujet de la construction de ce mémorial, a soulevé beaucoup de questions parmi divers observateurs politiques en Inde. Ainsi, le professeur B. Narayan, expert en science politique concernant les dalits, n’hésite pas à écrire que l’initiative du gouvernement BJP en cette matière était en réalité un appel vibrant adressé à l’électorat des dalits. Du reste, on peut constater que plusieurs responsables d’organisations dalits de la périphérie suivent déjà la ligne politique du BJP.

Source: Dalits Media Watch

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Dec 09 2014

Asie du Sud – La caste règne en maître dans les pays de la région


 

Des militants participant au forum de la société civile en marge du Sommet SAARC à Katmandu manifestent contre la discrimination fondée sur la caste (Photo ADRF)

Des militants du forum de la société civile en marge du Sommet SAARC à Katmandu manifestent contre la discrimination fondée sur la caste (Photo ADRF)

Extraits de l’article de Nidheesh J Villatt. Voir texte complet ici

La discrimination fondée sur la caste n’est pas seulement un phénomène indien ou hindou. Il s’agit d’une caractéristique commune qui ponctue – souvent violemment – la vie sociale, économique et politique des personnes à travers l’Asie du Sud. Bien que l’Hindouisme brahmanique, qui règne sur les croyances d’une grande partie de la population, en particulier en Inde et au Népal, fournisse une justification théologique au système des castes, les pratiques qui lui sont associées sont également observées dans les autres communautés religieuses.

Fait intéressant, l’Islam a également développé ses propres systèmes hiérarchiques dans les pays d’Asie du Sud. La jurisprudence islamique dominante justifie la supériorité fondée sur l’ascendance et la lignée, et sa manifestation est visible dans des pays comme le Pakistan ou le Bangladesh. Même la société cinghalaise à prédominance bouddhiste au Sri Lanka a inventé ses propres systèmes particuliers de discrimination qui ont des similitudes frappantes avec le système des castes. (…)

Il y a beaucoup de similitudes dans la discrimination de caste et de la violence à travers les pays de l’Association sud-asiatique de coopération régionale (SAARC). Les militants ont documenté de nombreux cas dans différentes régions de l’Inde où les castes supérieures ne vendent pas de lait aux dalits. Apparemment, ils croient que, s’ils le font, cela affecterait la capacité productrice de lait de leurs propres troupeaux. Les non-dalits sont également incités à ne pas acheter de lait aux ménages dalits. De telles pratiques se retrouvent également au Népal, où les non-dalits appliquent souvent des sanctions religieuses contre les dalits.

Beaucoup de salons de thé et restaurants dans tous les pays d’Asie du Sud affichent des formes claires de discrimination. Dans beaucoup de ces établissements, les dalits n’ont pas le droit d’entrer ou on leur demande d’utiliser des verres, des assiettes et des cuillères distincts. (…)

La prostitution forcée avec sanction religieuse ostensible, appelée le système Devadasi, est encore répandue en Inde et au Népal malgré les lois l’interdisant. En 2012, selon les données compilées par la Commission nationale de la femme, il y avait 48 358 Devadasis en Inde. (…) Au Népal, de nombreuses femmes dalits, en particulier celles de la caste badi, sont contraintes à la prostitution. En outre, on signale une présence disproportionnée de femmes dalits dans les casinos et les bars populaires de danse à Katmandu.

Les femmes dalits dans tous les pays de la SAARC sont sujettes à une triple violence, celle de caste, de classe et de sexe, souligne Asha Kowtal, secrétaire générale d’AIDMAM (All India Dalit Women Rights Forum). « Le corps de la femme dalit est de plus en plus un endroit où les gens règlent leurs comptes et se vengent », dit-elle.

Selon Sono Khangharani, un défenseur renommé des droits humains de Karachi, « la violence sexuelle brutale » dans des Etats indiens comme l’Haryana et le Maharashtra a « des parallèles frappantes » avec la violence contre les femmes dalits déclenchée par les forces féodales dans les provinces du Pendjab et du Sindh au Pakistan.

La situation au Bangladesh n’est pas différente. « Dans plusieurs régions, les propriétaires terriens utilisent le viol comme arme afin d’éjecter des familles dalits de leurs terres. Des fatwas (décisions des autorités islamiques) sont déployés pour cibler psychologiquement et physiquement les femmes dalits parmi les musulmans », dit Sunil Kumar Mridha, un leader dalit de Dhaka. Même après la guerre civile au Sri Lanka, des femmes ayant été cadres du LTTE et appartenant aux castes dalits sont visées spécifiquement, soulignent des militants.

Le système d’éducation en Asie du Sud est également affecté par la sombre réalité de la caste. « Dans les écoles à travers l’Asie du Sud, les étudiants dalits sont invités à s’asseoir sur les bancs au fond de la classe », affirme un membre d’un groupe d’étudiants qui a présenté une scénette dans les rues à l’occasion du Forum populaire de Katmandu. (…)

« Un singe pourrait boire du thé dans un restaurant. Pourquoi pas moi? », demande Das. Mais les dirigeants de la SAARC répondront-ils à sa question? Une véritable réponse à la question impliquerait de remettre en cause le  système des castes lui-même et d’y mettre fin. Le Mahatma Gandhi s’est opposé à l’intouchabilité mais pas au système des castes dont elle est le corollaire. Beaucoup de militants estiment aujourd’hui que la persistance du système rend nécessaire d’aller au-delà de la façon dont Gandhi a abordé la question.

 

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Dec 08 2014

INDE : Des jeunes filles dalits traitées comme des esclaves modernes dans l’industrie textile


FlawedFabrics - couvertureUn récent rapport, publié à la fin du mois d’octobre 2014 et consacré aux formes modernes d’esclavage dans les filatures indiennes, fait apparaître que, malgré les initiatives prises pour mettre fin à la pratique de travaux forcés, la situation actuelle reste alarmante. Les efforts déployés par des marques de vêtements et des distributeurs au détail pour mettre un terme à ces abus manquent tant de considérations d’échelle que d’authentique conviction. A cause de leur statut de marginalisées et de leur incapacité d’avoir accès à des opportunités alternatives, la majorité des jeunes filles travaillant dans ces usines est constituée de dalits.

Le rapport intitulé « Flawed Fabrics » (Tissus défectueux), diffusé par le Comité indien des Pays Bas (ICN) et le Centre de recherches sur les corporations multinationales (SOMO), indique que des jeunes filles ayant à peine 15 ans sont toujours soumises à des conditions de travail épouvantables, qui sont en réalité des travaux forcés dans les filatures du Sud de l’Inde. Elles vivent dans des dortoirs ou foyers rudimentaires qui sont gérés, directement ou indirectement, par les propriétaires des usines, et elles ne sont pratiquement jamais autorisées à quitter l’enceinte de l’entreprise. Les filatures qui ont fait l’objet des recherches comptent parmi leurs clients des sociétés occidentales comme C&A et des usines de vêtements au Bangladesh. La compagnie hollandaise s’est d’ailleurs dite préoccupée et prête à agir si les informations confirment que les normes de production ne sont pas respectées.

On a découvert que les filatures en question recrutaient des jeunes filles pauvres et marginalisées, principalement des dalits, en persuadant  leurs familles par de fausses promesses concernant l’éducation, les conditions de vie décentes dans les dortoirs, les conditions légales de travail et le paiement de primes en fin de contrat qui ne sont souvent pas octroyés lorsque les travailleuses terminent leur emploi. Selon le rapport, ce que vivent les jeunes filles est en réalité une semaine de travail de 68 heures, sans aucun contrat de travail ni feuilles de paie, et des séjours dans des locaux fermés tant pendant leurs prestations qu’après leurs heures de travail. Quant aux promesses de promouvoir l’éducation de ces travailleuses, une des jeunes filles interviewée exprime le commentaire suivant : « Je n’aime pas travailler dans cette filature. Mes parents m’ont envoyée ici. Lors du recrutement, ils ont demandé à l’agent de la filature si l’usine pouvait assurer la poursuite de mon éducation scolaire. L’agent a répondu affirmativement, mais, jusqu’à présent, l’usine n’a rien fait pour que je puisse poursuivre mes études. »

Une des critiques majeures souvent exprimées par les jeunes travailleuses interviewées est l’absence de liberté : elles ne peuvent quitter ni leur logement, ni l’usine. En outre, elles craignent les chefs de service de l’usine et souffrent de ne pouvoir contacter librement leurs familles. Une de ces jeunes filles s’exprime ainsi : « Je n’aime pas le dortoir, nous n’y trouvons aucune activité récréative, nous n’y avons aucun contact avec le monde extérieur…Le dortoir est très éloigné de la ville… Notre vie devient semblable à celle de prisonniers. »

Les violations des droits humains fondamentaux et des droits du travail sont très fréquentes dans les filatures visitées. Celles-ci portent surtout sur la liberté de mouvement, sur la liberté d’association et incluent aussi des violations proches de ce qu’on pourrait décrire comme des situations de travaux forcés.

Le rapport fait aussi remarquer qu’au cours des dernières années, des organisations de la société civile, diverses entreprises, des hommes d’affaires et des fonctionnaires du gouvernement ont entrepris plusieurs initiatives visant à réduire les abus dans la mise en œuvre de la législation sur le travail au Tamil Nadu. Cependant les efforts émanant d’entreprises acheteuses de produits finis restent limités et ne s’intéressent souvent qu’aux entreprises qui produisent de tels produits finis. En d’autres mots, ils ne se focalisent nullement sur les phases antérieures de la production tels la filature, le tissage ou encore la teinture.

Quand les enquêteurs demandèrent aux travailleuses ce qu’elles souhaiteraient voir changer, elles répondirent qu’elles aimeraient être autorisées à sortir, à gagner assez d’argent que pour pouvoir épargner, à pouvoir visiter leurs familles plus souvent et aussi à posséder un téléphone portable de manière à pouvoir parler librement aux membres de leurs familles sans la présence d’un superviseur.

Sources : India Committee of the Netherlands & IDSN

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Dec 04 2014

Kathmandu – Les Dalits interpellent les politiciens au sommet de l’Asie du Sud (SAARC)


En marge du 18e sommet des chefs d’Etat du SAARC (Association de coopération régionale en Asie du Sud), les délégations dalits des différents pays se sont retrouvées à Kathmandu pour revendiquer le respect de leurs droits et de leur dignité.

Venus de l’Inde, du Pakistan, du Bangladesh et du Népal, les dalits ont organisé différentes activités pour attirer l’attention de la population de Kathmandu et des politiciens réunis dans la ville. Manifestations de rue, rencontres-débats et autres actions se sont succédées fin novembre sous l’égide du Forum asiatique pour les Droits des Dalits (ADRF) et en collaboration avec d’autres organisations politiques et de la société civile. Le but : faire pression sur les chefs d’Etat pour inclure une référence formelle à la discrimination envers les dalits dans les différents pays de la région.

Bhim Bahadur, directrice de l’organisation népalaise FEDO, y insista sur une action commune : « A part l’Afghanistan, chaque pays de la région est confronté d’une façon ou d’une autre à l’intouchabilité. Nous devons agir de façon collective pour que le combat des dalits ne se limite pas seulement à une amélioration économique, mais qu’il adresse prioritairement la question de la dignité. »

Photo: NCDHR Inde

Photo: NCDHR Inde

Pour Asha Kowtal de l’organisation des femmes dalits AIDMAM (Inde), il s’agit surtout de mettre fin à la violence à laquelle les femmes dalits sont confrontées quotidiennement.

Quant au leader maoïste népalais Baburam Bhattarai, pour qui les dalits sont « exceptionnellement marginalisés », l’appui des gouvernements est nécessaire alors que cet accès fait souvent cruellement défaut. « Nous devons développer une approche commune pour éliminer la discrimination basée sur le travail et l’ascendance », signala-t-il lors d’une des conférences parallèles organisées conjointement avec le Forum des parlementaires d’Asie du Sud pour la Justice sociale et ADRF.

La bataille est cependant loin d’être gagnée, car à aucun endroit, la déclaration finale du Sommet officiel n’évoque la question des dalits ou celle de la discrimination de caste. Les politiciens se contentent de parler de l’amélioration des conditions de vie de la population en général, du développement durable ou de la lutte contre la pauvreté parmi les points de suivi du Sommet. Quant aux personnes nécessitant une attention spéciale, la déclaration finale ne cite que les personnes âgées, les femmes, les enfants, les personnes à handicap, les personnes sans emploi et les travailleurs sur des sites dangereux.

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Dec 03 2014

INDE / AFRIQUE DU SUD – Dalits et Noirs : mêmes discriminations, mêmes violences, mêmes stratégies


En Inde, l’interdiction de l’intouchabilité n’a pas signifié la fin de la souffrance pour les dalits. En Afrique du Sud, la fin de l’apartheid n’est pas synonyme de fin de la souffrance pour les noirs.

Photo: Claude Mormont - Entraide et Fraternité

Photo: Claude Mormont – Entraide et Fraternité

Tel est le constat commun de Satyendra Kumar, Manoj Nayak, Thulile Hlengwa, Zandile Nsibande et des autres participants qui se sont rencontrés en octobre dernier au Kwazulu-Natal en Afrique du Sud pour un séminaire sur la démocratie participative et les mouvements populaires. L’ONG belge Entraide et Fraternité avait invité une vingtaine de ses partenaires à un partage de vécu et de stratégies pour construire de véritables mouvements sociaux et pour promouvoir les droits des enfants. C’est ainsi que les Indiens Satyendra et Manoj se sont retrouvés avec des Sud-Africains, des Zimbabwéens et un Malgache. Si la distance qui les sépare se mesure en milliers de kilomètres, tous se sont rapidement rendu compte que leur vie et leur combat sont fort similaires.

L’échange avec les communautés du mouvement Abahlali a clairement montré, si besoin était, que la violence à laquelle les noirs engagés en Afrique du Sud pour faire valoir leurs droits est comparable à celle dont souffrent les dalits qui luttent pacifiquement pour l’égalité et le respect en Inde. Des deux côtés, de simples citoyens paient de leur vie cet engagement pour plus de justice.

Photo: Claude Mormont - Entraide et Fraternité

Photo: Claude Mormont – Entraide et Fraternité

Mais les stratégies se rencontrent également. C’est ainsi que Satyendra s’est senti presque chez soi parmi les enfants du groupe sportif Sunflower qui ne constituent pas seulement une équipe de foot féminin, mais utilisent, comme en Inde, des stratégies de jeu pour faire avancer la paix dans leurs communautés. Et tous ont souligné l’importance de rassembler les enfants et les jeunes dans des mouvements populaires visant en particulier une éducation sans discriminations, car ils y amènent leurs propres réflexions, énergies et innovations.

Et quand le Père Manoj évoque l’expérience douloureuse des conflits interreligieux à Kandhamal (Odisha) en 2007-2008 et les stratégies déployées en Inde pour renforcer le mouvement dalit au niveau local et son action politique au niveau national, ses propos tombent sur un terrain fertile en Afrique, car pour les délégations présentes, un mouvement populaire fort et des contacts politiques ciblés permettent aux exclus de faire valoir leurs droits et de faciliter une véritable inclusion sociale, culturelle et politique.

Pour les communautés sud-africaines qui accueillaient cette délégation intercontinentale, la joie était grande. Il s’agissait d’un signe tangible d’ouverture et de reconnaissance qui leur permet de renforcer leur lutte pacifique.

Quant aux hôtes indiens qui ont fait le grand déplacement, ils se sont vraiment sentis proches des communautés noires rencontrées, se distanciant ainsi de leur illustre précurseur, le Mahatma Gandhi, qui a vécu en Afrique du Sud au début du 20e siècle, plus proche du gouvernement de l’époque que de la population noire majoritaire.

 

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Dec 02 2014

INDE – Les agences des Nations Unies en Inde collaborent pour mettre fin à la discrimination de caste


 

0b51cd5262A l’initiative du Programme de développement des Nations Unies (PNUD), six agences des Nations Unies, y compris le FIDA, l’OIT, le FNUAP, l’UNICEF et ONU Femmes collaborent pour aider à accélérer l’inclusion de la problématique des dalits et adivasis ainsi que l’accès aux droits dans les processus de politique et de planification au niveau national et dans les différents Etats de l’Inde.

L’équipe a été formée dans la mesure où elle estime que le combat contre l’exclusion et la marginalisation des dalits et adivasis joue un rôle clé pour réaliser les objectifs de développement et l’accès aux droits essentiels pour une grande proportion de la population en Inde. Elle écrit notamment sur le site www.in.one.un.org : « Cibler les interventions sur les plus défavorisés améliore la vie et aborde la pauvreté de façon multidimensionnelle », ou encore : « Les agences des Nations Unies en Inde s’engagent à soutenir les efforts du gouvernement indien pour une plus grande inclusion des tribus et castes répertoriées dans le processus de développement. »

Parmi les autres initiatives, l’équipe a lancé une campagne pour mettre fin au ramassage manuel des excréments humains et a produit un dépliant sur l’ébouage manuel intitulé Breaking Free: Manuel pour la réhabilitation des éboueurs manuels, de même que des livrets richement illustrés de photos et des vidéos pour sensibiliser et pour pousser à l’engagement.

La «Consultation nationale sur la réhabilitation des éboueurs manuels et le rôle du gouvernement, des agences des Nations Unies, des secteurs privé et public, des entreprises et des sociétés civiles », qui s’est tenue récemment à Delhi, fait également partie de ces efforts. Les nombreuses agences de l’ONU présentes ont exprimé un engagement ferme à travailler conjointement et avec la société civile, le gouvernement et le secteur privé pour assurer une bonne réhabilitation des éboueurs manuels.

Les livrets photographiques comprennent notamment:

Breaking Free: Les femmes championnes pour mettre fin à l’ébouage manuel. Malgré la législation qui interdit la vidange manuelle des latrines, on estime qu’une proportion significative des 2,6 millions de latrines sèches du pays est nettoyée manuellement. Les femmes représentent la grande majorité des éboueurs manuels. Des défenseurs communautaires jouent un rôle important pour mettre fin à la pratique.

Breaking Free: De l’ébouage manuel à la pisciculture. L’ébouage manuel concerne la pratique du ramassage manuel, du transport ou de  toute manipulation des excréments humains  en provenance des latrines sèches et des égouts. Depuis 1993, des législations clés ont été promulguées pour interdire l’emploi d’éboueurs manuels, interdisant même la construction de latrines sèches et offrant des mesures de réhabilitation aux travailleurs concernés. Pourtant, une proportion importante des quelque 2,6 millions de latrines sèches en Inde continue d’être nettoyée manuellement.

Breaking Free: La vie après l’ébouage manuel. « Je vomissais tout le temps parce que je ne supportais pas l’odeur », dit Sevanti Bai, rappelant les nombreuses décennies qu’elle a travaillées en tant qu’éboueur manuel dans le district de Dewas au Madhya Pradesh. Convaincue par d’autres femmes dans sa communauté et par la loi qui interdit l’ébouage manuel, elle a abandonné ce travail en 2007. Depuis lors, elle et sa famille ont lutté pour joindre les deux bouts à travers des petits boulots, du travail occasionnel dans les champs et en nettoyant des grains.

Source: IDSN

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