INDE – Nouvelle loi interdisant l’ébouage manuel

Sep 13 2013

INDE – Nouvelle loi interdisant l’ébouage manuel


La nouvelle loi tant attendue interdisant la vidange manuelle a été adoptée par le parlement indien le 7 septembre dernier. Mais deux organisations qui mènent des campagnes en faveur de l’abolition de cette pratique inhumaine disent qu’il reste encore beaucoup à faire avant que cette pratique soit complètement abolie.

Brûler leurs paniers - un symbole de la lutte contre l'ébouage manuel. Photo SKA

Brûler leurs paniers – un symbole de la lutte contre l’ébouage manuel. Photo SKA

Il s’agit d’une première étape. Beaucoup reste à faire.Ces courtes phrases résument la réaction de deux organisations indiennes qui luttent contre l’ébouage manuel et pour l’adoption d’une nouvelle loi concernant cette pratique inhumaine. Rashtriya Garima Abhiyan et Safaï Karmachari Andolan (SKA) ont exprimé toutes deux leur inquiétude au sujet des lacunes dans la nouvelle législation et sa mise en œuvre.

Les deux chambres du Parlement indien ont adopté le projet de loi les 6 et 7 septembre respectivement. La législation antérieure sur la question, datant de 1993, avait été totalement inefficace. Lors du vote à la chambre, le ministre de la justice sociale Kumari Selja a noté que “cette pratique déshumanisante est incompatible avec le droit de vivre dans la dignité ; un besoin s’est fait sentir pour une loi stricte sur la question”.

Selon SKA , l’adoption du projet de loi qui interdit l’emploi des éboueurs manuels et prévoit leur réhabilitation est “un effort pour corriger l’injustice historique et l’indignité subie par les éboueurs manuels.” Cependant, l’organisation a noté que si les intentions du projet de loi sont bonnes, elle présente néanmoins plusieurs faiblesses.

Pour Rashtriya Garima Abhiyan , l’adoption de la loi est “une première étape” , mais son succès dépend de sa mise en œuvre . Il est important de s’attaquer aux points qui restent problématiques, comme “l’inclusion de dispositions de mise en œuvre, des allocations budgétaires, l’éducation au sujet de la nouvelle loi dans notre communauté et dans la société au sens large.”

Les organisations ont souligné que la loi ne couvre pas suffisamment les chemins de fer indiens, le plus grand employeur d’éboueurs manuels du pays. Rashtriya Garima Abhiyan a également noté que la loi ne protège pas les dalits musulmans et chrétiens qui travaillent comme éboueurs manuels, mais seulement les “castes répertoriées”, terme officiel pour désigner les dalits hindous, sikhs et bouddhistes.

SKA a exigé une enquête nationale pour identifier les éboueurs manuels, y compris ceux qui avaient quitté “cette occupation sale entre 1993 et maintenant.” Ces personnes devraient également être admissibles pour les mesures de réhabilitation. L’organisation a également appelé à un “plan d’action assorti de délais pour aboutir à une Inde sans éboueurs manuels.”

L’ébouage manuel est un métier basé sur la caste et héréditaire, pratiqué par des centaines de milliers de dalits, surtout des femmes. Ils enlèvent les excréments humains des latrines sèches à l’aide d’outils de base tels que de petites pelles, des seaux et des paniers portés sur la tête. Le terme couvre désormais aussi les ouvriers des égouts qui exercent leur activité dans des conditions dangereuses sans aucune protection.

Au cours des dernières années, la pratique a retenu l’attention des organismes internationaux des droits humains . Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, a appelé l’ébouage manuel “un travail profondément malsain, désagréable et indigne imposé à ces personnes en raison de la stigmatisation associée à leur caste.”

D’après IDSN

 

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