NEPAL : Renforcer le pouvoir économique des femmes dalits pour mettre un terme aux violences dont elles sont victimes

Aug 19 2013

NEPAL : Renforcer le pouvoir économique des femmes dalits pour mettre un terme aux violences dont elles sont victimes


Un rapport non encore publié déclare que la violence à l’égard des femmes dalits se poursuivra tant que la société népalaise se refuse à accepter le droit des femmes à participer effectivement à la vie économique du pays.

Ce rapport, fruit d’une étude menée par Hira Bishwakarma du Centre d’Etudes et de Développement Dalit (DSDC), à la demande de l’Organisation Féministe Dalit (FEDO), établit que les femmes dalits souffrent davantage que les autres femmes népalaises car leur statut économique reste fort bas et que le système de caste continue à imprégner la société népalaise.

A la différence d’autres rapports en circulation, ce rapport-ci, préparé sur la base d’une enquête très détaillée menée dans 16 districts, ne met pas l’accent sur la carence de lois, de régulations, de plans, de politiques, de programmes ou d’institutions responsables de la mise en pratique pour identifier les causes de violences à l’égard des femmes dalits.

Au contraire, le rapport cite la pauvreté, l’analphabétisme et l’ignorance tant des victimes que des coupables d’actes violents comme étant la raison de base de la prévalence de violence à l’égard de femmes et d’enfants dalits au Népal. Le rapport présente la violence à l’égard des femmes en général et plus particulièrement des femmes dalits, non seulement comme un problème social mais aussi comme un défi économique. Comme la plupart des femmes ne travaillent pas à l’extérieur de leur habitation et que le travail qu’elles effectuent à la maison ne génère aucune rentrée financière, elles se sentent inférieures à leurs maris et finissent par être dominées par ces derniers.

Toujours selon le même rapport, un autre problème surgit du fait que les victimes préfèrent garder le silence plutôt que de porter plainte. Elles craignent, en effet, que leurs familles se brisent, car souvent, les coupables des actes violents sont des membres de leur propre famille. En outre, les auteurs de cette violence se préoccupent très peu des lois existantes mais rarement appliquées.

Ce qui précède, nous dit l’auteur du rapport, fait de la violence à l’égard des femmes et surtout des femmes dalits un problème extrêmement complexe.

Et pourtant le rapport reconnaît les efforts déployés par le gouvernement népalais pour adopter des politiques, des lois et des programmes visant clairement à mettre fin aux violences à l’égard des femmes. Du reste, le pays a déjà ratifié des conventions internationales comme la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination raciale (ICERD). Il s’est également doté d’organismes officiels et des services de police spécialisés pour appliquer la législation contre la violence envers les femmes au Népal.

Enfin, il faut noter que le Népal est un des rares pays au monde à allouer un budget au niveau des villages pour encourager des actions de développement en faveur des femmes.

Toutefois, malgré les conventions, les politiques, les lois et autres mécanismes gouvernementaux de même que la forte présence de nombreuses organisations non-gouvernementales dans le pays, la violence à l’égard des femmes reste une des maladies sociales les plus graves et les plus répandues du Népal.

Source : ‘Republica’, 5 juillet 2013

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