INDE – Dalits et enfants produisent des graines de poivre et de tomates pour des compagnies indo-néerlandaises

Jul 03 2013

INDE – Dalits et enfants produisent des graines de poivre et de tomates pour des compagnies indo-néerlandaises


La société indienne Bejo Sheetal, partenaire de la firme hollandaise Bejo Seeds en joint venture, tolère le travail des enfants à large échelle parmi les paysans qui lui fournissent les graines de légumes. Par ailleurs, les paysans qui fournissent des graines à Nunhems India, part de Nunhems Netherlands, travaillent pratiquement sans enfants de moins de 14 ans.

Telles sont les conclusions majeures d’une étude publiée sous le titre « A Tale of Two Companies – The difference between action and inaction in combating child labour » (Histoire de deux compagnies – la différence entre l’action et l’absence d’action dans le combat contre le travail d’enfants) publiée par le Comité Inde aux Pays Bas.

La compagnie hollandaise de graines de légumes Bejo Seeds est partenaire en joint venture de Bejo Sheetal et donc coresponsable du travail d’enfants assez répandu dans les champs en Inde. Une enquête réalisée auprès de 30 paysans fournissant des graines à la société Bejo Sheetal montre que 18% des travailleurs qui cultivent des grains de poivre sont des enfants de moins de 14 ans. La culture des graines de tomates implique 12% d’enfants au travail dans cette compagnie. Et la situation ne s’est presque pas améliorée depuis une première étude en 2010.

En revanche, Nunhems a commencé à éliminer le travail des enfants depuis des années, faisant suite à des interpellations du Comité Inde dans le passé. Une politique de « tolérance zéro », un système de contrôle efficace – avec incitations et pénalités – et la promotion active de la scolarisation des enfants ont conduit à ce que le travail des enfants a chuté jusqu’au niveau d’à peine 1%.

Malheureusement, la part des jeunes entre 15 et 18 ans se situe encore aux environs de 30% dans les deux compagnies qui figurent parmi les sociétés les plus importantes du secteur en Inde, alors que le travail expose ces jeunes à des pesticides et est considéré comme dangereux. Malgré ce que l’on pourrait croire, ces jeunes ne sont pas les enfants des paysans travaillant pour ces firmes. La majorité d’entre eux (78%) sont « engagés » de l’extérieur pour ce travail.

Plus de quatre fournisseurs sur cinq sont des femmes et gagnent souvent moins que le salaire minimal garanti par la loi. Plus de la moitié sont des dalits et des adivasis (tribaux), les autres appartiennent généralement aux castes les plus basses. Les dalits sont souvent traités « différemment », selon les termes du rapport. En clair, cela signifie qu’ils sont insultés et humiliés.

Améliorer les conditions de travail des dalits et éradiquer le travail des enfants, cela n’améliore pas seulement le sort des premiers intéressés. Une étude dans deux villages entre 2005 et 2009 a montré que l’éradication du travail des enfants a conduit à une augmentation du salaire des adultes de 150% pour des producteurs de coton, alors que dans d’autres villages produisant du coton, cette augmentation n’était que de 50%. Et ils ne paient plus d’intérêts sur les prêts accordés par leurs employeurs. En cause, la relative rareté de la main-d’œuvre qui a permis de négocier de meilleurs salaires et conditions de travail.

Nunhems India et Bejo Sheetal ont signalé prendre des mesures pour réduire la différence des salaires entre hommes et femmes et respecter le salaire minimum garanti. Par ailleurs, suite à la lecture du rapport, Bejo Sheetal vient de promettre également de lutter contre le travail des enfants.

Source et Photo: India Committee Netherlands

Share/Bookmark