SRI LANKA : Le système des castes, base des racines culturelles

May 15 2013

SRI LANKA : Le système des castes, base des racines culturelles


De nombreuses personnes, sri lankaises et autres, pensent que le système des castes n’est plus, à ce jour, d’application au Sri Lanka. Qu’elles se détrompent, nous dit Basil FERNANDO, de nationalité sri lankaise, docteur en droit et militant pour la défense des droits humains en Asie. Et il poursuit en expliquant l’enracinement et la survivance du système des castes dans le psychisme de la population sri lankaise avec toutes les incidences que ce système entraine : privilèges accordés et reconnus aux personnes qui appartiennent aux hautes castes, discriminations humiliantes et souvent très sévères dont sont victimes ceux et celles qui sont identifiés comme étant de basse caste ou sans caste (dalits).

Au Sri Lanka, la réconciliation est loin d’avoir fait l’unanimité après la fin de la guerre civile (mai 2009). Le gouvernement sri lankais considère aujourd’hui que l’oubli est la meilleure solution à apporter aux problèmes actuels du pays. En outre, il est convaincu que des initiatives de réconciliation pourraient rouvrir des plaies et causer plus de mal que de bien. Dès lors, la politique officielle du gouvernement consiste à encourager l’oubli. Pourtant une pareille politique pose elle-même de très sérieux problèmes. Les paragraphes suivants ont pour objet de mettre en lumière un des problèmes majeurs de cette politique gouvernementale.

Au cours des quarante dernières années (depuis 1971), le Sri Lanka a traversé une période continue de massacres de grande envergure. Souvent des suspects étaient exécutés après leur arrestation. Une telle pratique n’a soulevé ni consternation ni controverse. Les responsables de toutes les religions ont gardé le plus complet silence, malgré le fait que chacune de ces religions enseignait comme précepte fondamental le respect de la vie et l’opposition absolue au meurtre. Aujourd’hui encore des représentants de ces religions conseillent aux membres de la famille des victimes d’oublier la perte d’êtres chers. Bien plus, ils n’hésitent pas à user de moyens religieux, comme la méditation, pour aider ces personnes à oublier et à retrouver une paix intérieure.

Dans le cadre de son article, l’auteur ne cherche pas à analyser ces méthodes religieuses qui favorisent l’oubli plutôt qu’un engagement réel en vue d’une authentique réconciliation. Il préfère plutôt attirer l’attention sur quelques habitudes culturelles qui proviennent de l’histoire sociale du pays au cours des siècles.

Sans doute est-il difficile de déterminer avec précision l’époque à laquelle le système des castes s’est enraciné au Sri Lanka. Toutefois, les historiens s’accordent à dire qu’au XIIème siècle, ce système était déjà bien enraciné, qu’il était la forme principale de l’organisation sociale et l’est resté pendant de longs siècles. Il en résulte que le système des castes est entré dans le psychisme de la population sri lankaise et reste responsable de nombreux comportements. Dès lors on peut comprendre qu’il est facile de bafouer voire d’ignorer totalement des initiatives rationnelles telles l’établissement d’un Etat de droit, la démocratisation avec des élections libres, la transparence obtenue grâce au processus de débats parlementaires, la liberté de la presse, le droit de chaque citoyen à être traité humainement par les forces de l’ordre et les cours de justice…

En guise de conclusion, l’auteur se dit convaincu qu’un vaste travail est requis pour mettre en lumière  les racines psychologiques des comportements tant des dirigeants politiques que de la population sri lankaise et pour expliquer clairement que le système des castes est encore aujourd’hui la base des racines culturelles au Sri Lanka.

(Source : Basil FERNANDO : « SRI LANKA : The caste base of our cultural roots » in Asia Human Rights Commission News, May 3, 2013 )

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