Bangladesh : Protéger les dalits

Apr 30 2013

Bangladesh : Protéger les dalits


Lors de l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU consacré au Bangladesh le 29 avril dernier, des préoccupations ont été exprimées sur la situation des droits de l’homme des minorités du pays, y compris les dalits.

Les groupes vulnérables et marginalisés au Bangladesh, dont les dalits, ont besoin de plus de protection de la part du gouvernement du pays. C’est ce qu’ont réclamé certains États lors de la session de l’EPU du Bangladesh à Genève. Deux Etats, la Slovénie et le Saint-Siège, ont fait des références spécifiques aux dalits dans leurs interventions.

Le représentant de la Slovénie a noté que les dalits continuent de souffrir de discriminations et a recommandé que le gouvernement du Bangladesh réponde à leurs besoins dans un plan d’action national. Le Saint-Siège a évoqué la nécessité d’améliorer la situation des groupes vulnérables, notamment les dalits.

L’idée d’un plan d’action national visant à éliminer la discrimination à l’encontre des dalits a été mise en avant dans les travaux préparatoires à l’EPU par un groupe d’ONG, dont le Bangladesh Dalit and Human Rights Movement (BDERM) et l’International Dalit Solidarity Network (IDSN). Dans une communication conjointe sur «La situation des droits de l’homme des dalits au Bangladesh», les ONG ont également souligné l’importance d’adopter une loi pour protéger les dalits, l’une des communautés les plus pauvres et les plus marginalisées du pays.

Au cours de la session de l’EPU, le ministre bangladais des Affaires étrangères, Dipu Moni, a confirmé que la loi anti-discrimination est en élaboration. On s’attend à ce que la loi inclue des dispositions sur la discrimination de caste. Elle a également noté que des mesures spéciales avaient été mises en place dans certains secteurs pour des personnes socialement marginalisées et des groupes vulnérables qui sont victimes de discriminations.

Des groupes de défense des droits de l’homme des dalits au Bangladesh ainsi que IDSN reconnaissent que le gouvernement du Bangladesh a accordé plus d’attention à la question des dalits au cours des dernières années, y compris en leur allouant des fonds pour le bien-être. “Cependant, il n’a pas encore pleinement reconnu l’ampleur des violations des droits de l’homme fondées sur la caste, le travail et l’ascendance dans le pays, et n’a pas encore pris de mesures globales pour régler la situation”, a signalé le président du BDERM, Mukhul Shikder.

Lors d’un événement parallèle organisé par un groupe de Bangladais et les ONG internationales sur la situation des minorités au Bangladesh, le Président de la Commission nationale des droits humains (NHRC), Mizanur Rahman, a déclaré que les dalits sont les plus vulnérables parmi les communautés marginalisées aujourd’hui.

Il a ajouté: “La NHRC est impliquée dans le processus d’élaboration de la législation anti-discrimination qui sera soumise à une consultation nationale et présentée aux ministères concernés endéans les 45 jours. Les dispositions de non-discrimination de la Constitution n’ont pas prouvé leur efficacité, et il est nécessaire de passer à une vitesse supérieure. “

Lors de la première session d’EPU concernant la situation des droits de l’homme au Bangladesh en février 2009, aucun État n’avait fait des recommandations spécifiques sur la discrimination de caste et la protection des dalits, malgré les efforts de la société civile en ce sens. Cependant, plusieurs recommandations sur la protection des minorités, l’éradication de la pauvreté, l’accès à la justice et aux services publics et d’autres questions étaient pertinentes pour les dalits.

Depuis lors, de nombreux organismes des Nations Unies travaillant sur les droits de l’homme – y compris le Rapporteur spécial sur l’eau et l’assainissement et le Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté – ont fait des recommandations sur la protection renforcée des dalits et des « groupes marginalisés et exclus » au Bangladesh.

Source : IDSN

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