Navi Pillay félicite le mouvement indien pour éradiquer l’enlèvement manuel des excréments (« manual scavenging »)

Jan 31 2013

Navi Pillay félicite le mouvement indien pour éradiquer l’enlèvement manuel des excréments (« manual scavenging »)


Genève, 31 janvier 2013. Le Haut Commissaire aux droits de l’homme Navi Pillay a salué aujourd’hui le puissant mouvement qui s’est développé au cours des derniers mois en Inde pour éradiquer la pratique connue sous le nom «manual scavenging » ou « enlèvement manuel des excréments» qui, en raison de la stigmatisation qui y est associée, a traditionnellement été réalisée par des femmes dalits et constitue une manifestation claire de la discrimination fondée sur la caste et le sexe.
Le travail de ces éboueurs manuels – essentiellement l’enlèvement manuel des excréments humains des latrines et des égouts – a récemment été considérablement mis en avant en Inde grâce à une marche nationale (également connue sous le nom de “Maila Mukti Yatra”) en faveur de l’élimination de cette pratique. La marche visait également la réhabilitation complète de ceux qui ont été forcés à ce travail dégradant. En 63 jours et depuis le 30 novembre 2012, elle a traversé un total de 200 districts dans 18 États. Elle se terminera officiellement ce jeudi à New Delhi.
«Je félicite les efforts acharnés et l’engagement des organisateurs et de tous les participants – en particulier les milliers de femmes libérées de ce travail dégradant – qui ont défilé à travers tout le pays et qui ont exprimé leur soutien aux nombreuses autres personnes qui sont toujours contraintes de mener à bien cette terrible pratique», a déclaré le Haut Commissaire.
“On estime que 90 % des éboueurs manuels sont des femmes dalits. Elles sont confrontées à de multiples inégalités et à une discrimination fondée sur la caste et le genre, et elles sont souvent exposées à la violence et à l’exploitation», a-t-elle ajouté.
“En raison de la nature du travail, l’enlèvement manuel des excréments a contribué à un cercle vicieux de la stigmatisation et de l’intouchabilité», a déclaré Mme Pillay. «L’ébouage manuel n’est pas un choix volontaire pour ces travailleurs, mais plutôt un travail très malsain, désagréable et indigne imposé sur ces personnes en raison de la stigmatisation associée à leur caste. La nature même du travail renforce alors la stigmatisation ».
Le Haut Commissaire a rencontré il y a deux ans à Genève certains de ceux qui font campagne contre l’ébouage manuel. “J’ai été profondément émue quand ils m’ont offert une brique qu’ils avaient extraite d’une latrine», dit-elle. “Je la garde toujours dans mon bureau pour me rappeler leur lutte.”
«Je suis heureuse d’apprendre que la marche a été soutenue par une large section de la société, qui s’est réunie pour dynamiser la croissance de ce mouvement pour abolir cette forme dégradante de travail, qui ne devrait pas avoir sa place en Inde au 21e siècle,” a dit Mme Pillay.
En septembre 2012, un nouveau projet de loi sur l’interdiction d’être employé en tant qu’éboueur manuel et sur leur réinsertion sociale a été présenté au Parlement indien par le Ministre de la justice sociale et de l’autonomisation. Le projet de loi s’appuie sur un cadre législatif solide qui interdit déjà l’intouchabilité et le travail forcé, et ajoute une définition claire et exhaustive de l’ébouage manuel.
“Le nouveau projet de loi fournit un cadre solide pour l’interdiction de l’ébouage manuel», a déclaré Mme Pillay. “L’Inde dispose déjà de textes de loi forts interdisant la discrimination de caste. Le succès de la nouvelle loi dépendra donc essentiellement de sa mise en œuvre responsable. Il est également crucial que les ressources adéquates soient fournies pour permettre la réhabilitation complète des éboueurs manuels libérés. C’est la seule façon pour que ces personnes gravement exploités puissent réintégrer avec succès un environnement de travail plus sain et beaucoup plus digne, et qu’elles aient enfin une réelle opportunité pour améliorer la qualité de leur propre vie et celle de leurs enfants et des générations à venir. “
(D’après un communiqué du Centre d’information des Nations Unies pour l’Inde et le Bhoutan)

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