Yearly Archives: 2013

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Dec 18 2013

NEPAL – Les dalits et les femmes sont les perdants des élections


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Photo: Krish Dulal CC

La démocratie au Népal semble avoir pris un virage contraire à l’inclusion, lors de l’élection de l’Assemblée constituante (AC) de novembre dernier. Les résultats provisoires indiquent une représentation quasi nulle pour les dalits et minime pour les femmes. C’est un coup dur pour les dalits, et en particulier les femmes dalits, qui ont lutté longtemps et durement pour faire entendre leur voix dans le précédent Parlement et dans les assemblées constituantes. Au fil des ans, elles avaient acquis une certaine influence dans les comités et dans le processus de rédaction de la constitution.

« Il est incroyablement triste de constater que le Népal fasse un tel bond en arrière par rapport à la garantie des droits humains, l’inclusion et le bien-être de ses groupes les plus défavorisés, y compris les dalits. Au cours des dernières années, le Népal était clairement sur le chemin vers plus d’inclusion, mais les élections de novembre risquent maintenant de miner complètement cette voie », dit Rikke Nöhrlind, coordinatrice du Réseau Dalit de Solidarité Internationale (IDSN).

Les candidats élus directement sont connus, et le Parti du Congrès népalais sort comme grand vainqueur, alors que les maoïstes sont les principaux perdants. Le Parti du Congrès n’avait pas désigné un seul candidat dalit et tous les grands partis politiques avaient considérablement réduit le nombre des candidats dalits. Les médias signalent que seulement 10 femmes et deux candidats dalits ont été élus au scrutin majoritaire. Les militants des droits des dalits jugent tout à fait insignifiante la représentation des dalits dans la nouvelle assemblée constituante.

« Sans la présence des dalits qui représentent 20 % de la population, le processus de préparation de la nouvelle constitution n’abordera pas les nombreuses violations graves des droits humains et les obstacles au développement rencontrés par les dalits en raison de la discrimination de caste. L’avenir pour les dalits et les femmes au Népal semble maintenant très sombre », a déclaré Durga Sob, présidente de l’Organisation féministe dalit (FEDO).

Le résultat est un indicateur clair de l’importance de la représentation proportionnelle et de la nécessité de sièges réservés pour les castes marginalisées dans des démocraties affectées par le système des castes, afin de veiller à ce que des voix marginales ne soient pas reléguées en dehors de tout cercle d’influence. Les résultats électoraux définitifs ne sont pas encore connus, ni le nombre définitif des sièges pour les dalits dans l’assemblée constituante.

Minendra Rijal du Parti du Congrès népalais ne montre aucun signe de remords à ce résultat lamentable : « Il n’y a aucune raison constitutionnelle ou légale contraignante pour les partis politiques à assurer dans l’assemblée constituante une représentation de 33 % de femmes ou un niveau précis de représentation pour tout autre groupe … Ce que nous avons à faire, c’est de présenter des candidats comme les lois électorales l’exigent, et c’est ce que nous avons fait. »

Avec l’histoire récente du Népal à l’esprit, le fait d’enlever tout pouvoir à une grande partie de la population en la coupant de toute influence politique, c’est de s’aventurer sur un chemin très dangereux.

Les militants des droits des dalits préparent une réponse à ce qui semble être une situation désespérée et une démocratie en péril.

Source : IDSN

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Dec 18 2013

INDE – Nouvelle législation de l’ébouage manuel


Brûler leurs paniers - un symbole de la lutte contre l'ébouage manuel. Photo SKA

Brûler leurs paniers – un symbole de la lutte contre l’ébouage manuel. Photo SKA

Alors qu’elle est introduite au parlement indien depuis le mois de septembre, on attend toujours la nouvelle législation destinée à éradiquer la pratique humiliante du ramassage manuel des excréments, qui persiste malgré son interdiction depuis des décennies. La société civile indienne est favorable à l’initiative d’introduire une nouvelle législation, mais elle estime que des aspects critiques doivent encore être introduits avant le dépôt définitif de la loi qui était prévu pour le 6 décembre dernier.

Selon la Campagne nationale pour la dignité et l’élimination de la vidange manuelle (Rashtriya Garima Abhiyan), la nouvelle législation prévoit la réhabilitation des éboueurs sans en fixer les dispositions spécifiques. Des contradictions persistent à certains endroits, quand la loi parle d’un côté de l’éradication totale de l’ébouage manuel, alors qu’ailleurs, elle prescrit l’équipement de sécurité nécessaire dans la réalisation de cette tâche. Des provisions pour une aide financière et d’autres plans de réhabilitation ne sont pas correctement spécifiés et risquent de ne pas être mis en œuvre. Il n’y a pas non plus de dispositions claires et concrètes dans le projet du texte pour l’application de la loi dans les institutions gouvernementales comme les chemins de fer indiens, qui sont parmi les plus importants employeurs d’éboueurs manuels du pays. En outre, les éboueurs qui ont cessé la pratique avant l’adoption de la loi ne sont pas couverts par les nouvelles règles et on ignore si la législation s’applique aux éboueurs musulmans ou chrétiens. Les textes sont également insensibles au genre et ne se concentrent pas suffisamment sur ​​la caste comme une partie essentielle de la question de l’ébouage manuel.

La campagne a donc introduit des modifications pour que la loi adresse de façon adéquate ces points, et elle espère que le Ministère de la justice sociale remanie la législation finale en conséquence.

L’ébouage manuel est une occupation héréditaire fondée sur la caste qui implique des centaines de milliers de femmes, principalement dalits. Elles enlèvent les excréments humains des toilettes sèches à l’aide de quelques outils de base tels que d

e minces panneaux, des seaux et des paniers qu’elles transportent sur leur tête. Le terme couvre désormais également les travailleurs des égouts qui exercent leur activité dans des conditions dangereuses, sans aucune protection. Nul ne conteste le fait que ce projet de loi soit absolument nécessaire.

Au cours des dernières années, les organisations internationales des droits humains ont suivi de près tout ce qui concerne l’ébouage manuel. Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a appelé l’ébouage manuel “un travail profondément malsain, désagréable et indigne imposé à ces personnes en raison de la stigmatisation associée à leur caste.” Les médias indiens et internationaux ont également abordé la question à plusieurs reprises. Plus récemment, le journal The Guardian (Londres) y a consacré un article et des études de cas.

Source : IDSN

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Oct 14 2013

Le Parlement européen adopte une résolution forte contre la discrimination de caste


Mme Eva Joly au cours du débat

 Mme Eva Joly au cours du débat

Strasbourg / Bruxelles – Le 10 octobre dernier, le Parlement européen a envoyé un message fort de soutien à des centaines de millions de personnes à travers le monde qui sont victimes de discrimination de caste, en exhortant l’UE à redoubler d’efforts pour régler un problème de droits humains qui provoque des souffrances inimaginables.

Avant d’adopter la résolution sur la discrimination de caste, les députés appartenant à un large échantillon de groupes politiques ont parlé avec passion sur le sujet et ont condamné cette forme de discrimination en termes très forts. Certains ont même soutenu que les marchandises en provenance de pays touchés par le système des castes devraient être boycottées. Il y avait un large accord pour dire que les institutions européennes ne font pas assez pour résoudre le problème.

La résolution du Parlement européen appelle les institutions européennes à reconnaître et à traiter la discrimination de caste à égalité avec les autres motifs de discrimination tels que l’ethnicité, la race, la religion, le sexe et les relations de genre ; d’inclure la question dans la législation de l’UE et ses politiques des droits humains et de l’aborder au plus haut niveau avec les gouvernements des pays touchés par le système des castes.

Dans son discours d’ouverture du débat, la députée européenne des Verts Eva Joly, présidente de la commission du développement qui a déposé la résolution, a cité le Premier ministre indien, Manmohan Singh. Il ya quelques années, il a comparé la discrimination de caste dans son propre pays au système d’apartheid méprisé d’Afrique du Sud. Et Mme Joly de poursuivre : “En dépit de cette déclaration, en dépit de l’abolition de l’intouchabilité dans la constitution indienne, en dépit des lois, 260 millions de personnes souffrent quotidiennement des atrocités commises en toute impunité”, se référant au nombre estimé de personnes à travers le monde qui sont touchées par la discrimination de caste. La plupart d’entre eux vivent en Asie du Sud et sont connus comme les dalits.

D’autres intervenants ont noté que la discrimination de caste n’a pas sa place dans des sociétés démocratiques modernes. L’appelant “l’un des plus grands paradoxes du 21e siècle”, l’eurodéputé libéral Leonidas Donskis a déclaré qu'”il est impératif de veiller à ce que la lutte contre la discrimination fondée sur la caste devienne partie intégrante du langage des droits humains de l’UE et soit systématiquement inclus dans les efforts de l’Union dans le monde”.

La commissaire européenne Cecilie Malmström a affirmé que c’était déjà le cas et a énuméré un certain nombre de mesures que l’UE utilise pour traiter de la question, y compris des dialogues sur les droits humains avec les pays touchés et les programmes de développement. Toutefois, sa déclaration a été accueillie avec un certain scepticisme par les députés.

“Je ne suis pas vraiment d’accord que cela apparaisse suffisamment à l’ordre du jour”, a déclaré Alf Svensson du Parti populaire européen, et d’autres sont allés plus loin: “Si nous avons tous ces instruments de l’UE, et que 260 millions de personnes souffrent encore de discrimination de caste, alors nous avons échoué”, a dit Michael Cashman de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates.

De nombreux députés ont parlé de la violence brutale à laquelle les femmes et les enfants dalits sont soumis. D’autres ont demandé que l’on examine les relations commerciales avec les pays touchés par la caste. Un orateur a mentionné l’importance du projet des directives des Nations Unies pour éliminer la discrimination de caste, et a exhorté les Affaires extérieures de l’Union à les promouvoir. S’exprimant au nom du groupe GUE, le député européen Paul Murphy a salué le travail des militants dalits, en disant qu’ils ont montrent une voie pour envoyer “ce vestige féodal barbare à la poubelle de l’histoire.”

IDSN et ses membres exhortent maintenant les institutions européennes à prendre des mesures sur les nombreux points soulevés dans la résolution afin de lutter contre la discrimination des castes. Parlant à partir du Parlement européen à Strasbourg, la coordinatrice d’IDSN Rikke Nöhrlind et Manjula Pradeep, membre indien du Conseil exécutif IDSN, ont souligné que la résolution avait obtenu un très large soutien de tous les partis.

“Nous avons été encouragés d’entendre la commissaire Malmström dire que (la lutte contre) la discrimination de caste est une priorité pour l’UE, et que l’Union veut se battre contre cette discrimination. Mais nous sommes également d’accord avec les nombreux parlementaires qui disent que davantage pourrait être fait. La discrimination de caste est l’un des plus graves problèmes de droits humains dans le monde, et nous croyons que l’UE peut jouer un rôle important pour y mettre fin.”

D’après un communiqué IDSN

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Sep 19 2013

Quand les dalits s’invitent à Bruxelles


IMG_0754La lutte contre les exclusions et discriminations dont souffrent les dalits n’est pas limitée aux pays directement concernés. Elle se fait dans les campagnes indiennes, au Népal, à Bruxelles, Genève ou Copenhague. Tel est un des messages clés exprimé par la délégation de dalits de passage à Bruxelles cette semaine, composée de Durga de l’Organisation féministe des dalits (FEDO) du Népal, Manjula de l’ONG Navsarjan basée au Gujarat (Inde), Paul de la campagne nationale pour les droits humains des dalits NCDHR (Inde) et Rikke du réseau international IDSN (Danemark). Ils ont témoigné des souffrances endurées personnellement et des efforts des mouvements dalits pour abolir l’intouchabilité et pour faire reconnaître les dalits en tant qu’êtres humains à part entière dont les droits fondamentaux sont respectés par le reste de la population.

Pour Manjula, les femmes et jeunes filles sont particulièrement vulnérables. Elles sont sujettes à des discriminations dès leur naissance et victimes de violences sexuelles qui aboutissent parfois même à des meurtres « pour enlever toute trace du crime » !

Durga signale qu’au Népal, l’intouchabilité n’a été abolie légalement qu’en 1963. Mais rares sont encore les dalits qui sont parvenus à intégrer le processus de démocratisation nationale en cours. Et malgré une ascension sociale de certains, rien que le nom de famille à connotation dalit ferme des portes pour louer une maison.

Paul, un dalit chrétien originaire du sud de l’Inde, rappelle l’état d’esprit qui persiste parmi les castes supérieures conduisant à l’impunité des agresseurs malgré une législation qui prévoit des poursuites juridiques en cas de violences envers les dalits.

Rikke, quant à elle, insiste sur l’importance d’un combat global et international en faveur des populations exclues à travers le monde, n’hésitant pas à faire un lien entre les attitudes envers les dalits en Asie du Sud et les Roms en Europe.

Témoignages poignants et lueurs d’espoirs se sont entremêlés au cours d’une soirée riche en découvertes organisée par Solidarité Dalits Belgique ce mercredi 18 septembre 2013.

Merci encore aux intervenants dont le passage à Bruxelles s’inscrit dans le cadre des contacts politiques avec des députés européens et d’autres membres des instances européennes. L’objectif de ce paidoyer est d’inciter l’Union européenne et les pays membres à inscrire nommément le bafouement des droits humains des dalits parmi les préoccupations en faveur des droits humains au niveau mondial.

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Sep 13 2013

INDE : Chanchal Kumari, survivante d’une attaque à l’acide


Chanchal Kumar a 19 ans et est dalit. Elle rêvait de devenir ingénieur en informatique. Mais une attaque à l’acide a soudainement a mis fin à son rêve. Brûlée au visage à plus de 90%, elle ne perd cependant pas espoir. Voici son témoignage.

Il n’est jamais évident pour une jeune fille dalit de rêver d’un monde meilleur. Les comportements de caste restent définis avec précision au Bihar et il est plutôt rare de voir une personne qui a pu se libérer de ce moule.

Et pourtant, je rêvais de devenir ingénieur en informatique. J’étais encouragée à poursuivre mon rêve par mon propre père, Sailesh Paswan. Ce travailleur du secteur de la construction, payé au jour, gagnait à peine de quoi subvenir aux besoins essentiels de sa famille de quatre personnes.

Il voulait absolument que moi, l’aînée de ses deux filles, soit meilleure que tous les garçons de notre communauté. Aussi, ignorant ses maigres revenus, mon père prit des mesures pratiquement impensables : il m’inscrit dans un collège réputé et veilla aussi à ce que je sois bien préparée à Danapur, près de Patna, pour l’examen d’entrée à la faculté d’ingénierie.

Ma vie n’était jamais simple mais l’espoir d’un avenir meilleur me poussait en avant. Les navettes de mon village de Chitnawan au collège et à l’institut de Danapur me paraissaient interminables. Mais je me forçais et finalement je supportais allègrement ces déplacements journaliers de 22 kilomètres.

Toutefois, tard dans la nuit du 21 octobre 2012, le monde s’effondra autour de moi. Peu avant minuit, quatre jeunes gars de mon village montèrent sur le toit de notre habitation sans étage à Chitnawan, au dessus de la chambre que je partageais avec ma soeur, Sonam. Deux de ces agresseurs se précipitèrent sur moi, me tinrent les mains pendant que les deux autres déversaient environ un litre d’acide sur mon visage. Alors que je me débattais, mes agresseurs riaient et se moquaient de moi. L’un d’eux me cria :«maintenant tu sais que nous faisons ce que nous disons ». Une partie de l’acide tomba sur ma jeune soeur qui s’efforçait de venir à mon secours. Mes cris ameutèrent ma mère, Sunaina, qui se précipita dans notre chambre, tandis que mes agresseurs avaient choisi de rester sur place, pendant de longues minutes, sans doute pour jouir de la scène.

En réalité, ces jeunes gens m’avaient harassée pendant des mois. Ils m’abreuvaient d’insultes odieuses, cherchaient à m’arracher mes vêtements, me suivaient sur leurs motocyclettes quand je me rendais à Danapur pour mes cours. Comme je ne répondais jamais à leurs insultes, ils devinrent plus agressifs et me menaçaient de m’enseigner une leçon que je n’oublierais jamais. Toute concentrée sur ma future carrière, je ne les prenais pas au sérieux. J’avais tort !

Pendant des mois après l’incident, personne ne vint à notre aide. Les autorités locales (chef du village etc…) évitaient de nous rendre visite et refusaient évidemment de nous aider puisque les coupables appartenaient à la communauté dominante. Depuis lors, des campagnes lancées sur internet par diverses organisations non-gouvernementales ainsi que l’action d’un militant social ont incité de nombreuses personnes à s’engager et à m’appuyer financièrement pour les soins médicaux et ma réhabilitation. Un chirurgien esthétique de Ranchi s’est même proposé de me donner un nouveau visage.

Lorsque cette attaque à l’acide fut finalement publiée par les médias, la Commission des castes répertoriées nous octroya, à ma soeur et à moi, une somme de 242.000 roupies indiennes, à diviser entre nous. Cette somme bienvenue mais insuffisante a déjà été entièrement utilisée. Au cous des mois écoulés, j’ai vécu en attendant d’autres aides et en me disant :’ tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ‘ . Mais les autorités gouvernementales n’ont pas fait grand chose. Les médecins de l’hôpital Safdarjung de Delhi m’ont dit qu’il fallait absolument traiter les sévères brûlures de mon visage. Mais nous ne disposons pas des fonds nécessaires pour entreprendre un tel traitement.

Ceux qui ont détruit ma vie sont en prison. Mais mon recours en justice ne progresse nullement. Ni la police, ni le gouvernement ne manifestent la moindre intention de faire avancer les choses. Peut-être s’imaginent-ils que je suis une pauvre fille dalit qui ne mérite pas leur attention…Ou bien faut-il trouver les raisons de ces délais dans le fait que les coupables appartiennent à un groupe dominant ? Je ne sais.

Quant à moi, je compte bien poursuivre mes appels à la justice jusqu’à mon dernier souffle. Mon père me dit que je suis une fille courageuse, animée de la volonté de me battre. Je veillerai à prouver qu’il a tout à fait raison. Je n’abandonnerai pas le combat jusqu’à la fin.

(Source : Rai Atul Krishna : « Nobody wants to help us because we are dalits : acid attack survivor Chanchal Kumari », in Hindustan Times Bihar, July 30, 2013)

Voir l’article original

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Sep 13 2013

INDE – Nouvelle loi interdisant l’ébouage manuel


La nouvelle loi tant attendue interdisant la vidange manuelle a été adoptée par le parlement indien le 7 septembre dernier. Mais deux organisations qui mènent des campagnes en faveur de l’abolition de cette pratique inhumaine disent qu’il reste encore beaucoup à faire avant que cette pratique soit complètement abolie.

Brûler leurs paniers - un symbole de la lutte contre l'ébouage manuel. Photo SKA

Brûler leurs paniers – un symbole de la lutte contre l’ébouage manuel. Photo SKA

Il s’agit d’une première étape. Beaucoup reste à faire.Ces courtes phrases résument la réaction de deux organisations indiennes qui luttent contre l’ébouage manuel et pour l’adoption d’une nouvelle loi concernant cette pratique inhumaine. Rashtriya Garima Abhiyan et Safaï Karmachari Andolan (SKA) ont exprimé toutes deux leur inquiétude au sujet des lacunes dans la nouvelle législation et sa mise en œuvre.

Les deux chambres du Parlement indien ont adopté le projet de loi les 6 et 7 septembre respectivement. La législation antérieure sur la question, datant de 1993, avait été totalement inefficace. Lors du vote à la chambre, le ministre de la justice sociale Kumari Selja a noté que “cette pratique déshumanisante est incompatible avec le droit de vivre dans la dignité ; un besoin s’est fait sentir pour une loi stricte sur la question”.

Selon SKA , l’adoption du projet de loi qui interdit l’emploi des éboueurs manuels et prévoit leur réhabilitation est “un effort pour corriger l’injustice historique et l’indignité subie par les éboueurs manuels.” Cependant, l’organisation a noté que si les intentions du projet de loi sont bonnes, elle présente néanmoins plusieurs faiblesses.

Pour Rashtriya Garima Abhiyan , l’adoption de la loi est “une première étape” , mais son succès dépend de sa mise en œuvre . Il est important de s’attaquer aux points qui restent problématiques, comme “l’inclusion de dispositions de mise en œuvre, des allocations budgétaires, l’éducation au sujet de la nouvelle loi dans notre communauté et dans la société au sens large.”

Les organisations ont souligné que la loi ne couvre pas suffisamment les chemins de fer indiens, le plus grand employeur d’éboueurs manuels du pays. Rashtriya Garima Abhiyan a également noté que la loi ne protège pas les dalits musulmans et chrétiens qui travaillent comme éboueurs manuels, mais seulement les “castes répertoriées”, terme officiel pour désigner les dalits hindous, sikhs et bouddhistes.

SKA a exigé une enquête nationale pour identifier les éboueurs manuels, y compris ceux qui avaient quitté “cette occupation sale entre 1993 et maintenant.” Ces personnes devraient également être admissibles pour les mesures de réhabilitation. L’organisation a également appelé à un “plan d’action assorti de délais pour aboutir à une Inde sans éboueurs manuels.”

L’ébouage manuel est un métier basé sur la caste et héréditaire, pratiqué par des centaines de milliers de dalits, surtout des femmes. Ils enlèvent les excréments humains des latrines sèches à l’aide d’outils de base tels que de petites pelles, des seaux et des paniers portés sur la tête. Le terme couvre désormais aussi les ouvriers des égouts qui exercent leur activité dans des conditions dangereuses sans aucune protection.

Au cours des dernières années, la pratique a retenu l’attention des organismes internationaux des droits humains . Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay, a appelé l’ébouage manuel “un travail profondément malsain, désagréable et indigne imposé à ces personnes en raison de la stigmatisation associée à leur caste.”

D’après IDSN

 

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Sep 06 2013

INVITATION


Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous inviter au vernissage et à l’exposition – photo « 260 millions de raisons d’agir », qui vous permet de découvrir la dure réalité des dalits, les exclus du système des castes qui prévaut en Asie du Sud.

A l’heure où la Belgique s’apprête à découvrir l’Inde dans le cadre des activités d’Europalia – Inde, l’exposition sur la situation des dalits apporte une vision différente de ce sous-continent. Elle est accessible du 20 au 29 septembre, de 7 à 18 heures, à la cathédrale St Michel et Ste Gudule à Bruxelles.

L’exposition est organisée par Solidarité Dalits Belgique et Entraide et Fraternité.

Nous vous invitons en particulier au vernissage qui a lieu le vendredi 20 septembre 2013 à 19 heures, auquel participent également des témoins privilégies de l’Inde et du Népal.

 

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Exposition Photo

20 au 29 septembre 2013

7 à 18 heures

Cathédrale St Michel et Ste Gudule Bruxelles

Entrée gratuite

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Aug 29 2013

Expo dalits à Bruxelles : 260 millions de raisons d’agir


LL-India01-aImaginez que vous ne soyez pas né libre.

Imaginez que vous soyez obligé de nettoyer les latrines et les égouts, de balayer les rues ou de vous occuper des personnes décédées, simplement parce que votre famille est traditionnellement affectée à ces tâches. Imaginez que vous soyez battu, violé et humilié car l’on vous considère comme “sale” et comme un “sous-être humain”. Imaginez qu’on vous jette hors de l’école car vous polluez les autres élèves.

Aujourd’hui, près de 260 millions de personnes, principalement en Asie du Sud, subissent dès leur naissance de telles pratiques inhumaines parce qu’elles sont considérées comme “intouchables”.

Le photographe danois Jakob Carlsen a voulu donner un visage à ces “intouchables”, parfois aussi appelés “hors castes”, mais qui préfèrent s’appeler “dalits” (ce qui signifie exclus, écrasés).

Du 20 au 29 septembre 2013, SOLIDARITE DALITS BELGIQUE et ENTRAIDE ET FRATERNITE organisent une exposition de ces photos à Bruxelles, vous invitant à la réflexion et l’action.

Quand ? Du 20 au 29 septembre 2013

Où ? Cathédrale St Michel et Ste Gudule, 1000 Bruxelles (autour de l’autel principal)

Entrée gratuite. Visite guidée sur demande.

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Aug 29 2013

Echange et Partage sur l’Inde


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Vous cherchez une façon originale de découvrir l’Inde?

Alors n’hésitez pas de pousser la porte de Nadia Dufour et découvrez l’Inde à partir d’aquarelles, de photos, de costumes et d’autres objets de l’Inde.

Cette exposition aura lieu le week-end du 28 – 29 septembre prochain à Vaux-sur-Sûre (province du Luxembourg) et sera accessible les deux jours de 14 à 18 heures.

Adresse: 64 rue du Wez, 6640 Vaux-sur-Sûre

Pour plus d’infos: Tel 0497 11 54 75

 

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Aug 27 2013

Pour l’ONG Christian Aid, il est grand temps de mettre fin au système des castes


La lutte contre le système des castes est cruciale pour l’égalité et a besoin d’une mobilisation mondiale en vue de promouvoir l’égalité et la justice sociale pour tous, que ce soit en Inde ou en Grande Bretagne. Telle est la conclusion d’Anand Kumar, responsable de la section Inde de l’ONG britannique Christian Aid. Voici de larges extraits de sa déclaration.

La discrimination (envers les dalits) est profondément enracinée et cause des marginalisations, des exclusions sociales et économiques, des conditions de travail extrêmement précaires et un accès limité aux services de base tels que l’eau, les installations sanitaires et l’emploi. Dans de nombreux pays, y compris l’Inde, le système de castes divise la population en de multiples groupes sociaux (castes) où leurs droits sont déterminés par la naissance et restent fixés à vie. Ce système, inégalitaire et hiérarchique, permet à ceux qui sont au sommet de jouir de positions sociales confortables tandis que ceux qui sont au bas de l’échelle doivent lutter sans bénéficier d’aucun droit. Ce système injuste fonctionne sur la base de principes de pureté et de pollution, et se base sur le fait que les dalits sont considérés comme des êtres impurs. En Inde, les « intouchables », comme on les appelait jadis, ont choisi d’être connus sous le vocable de dalits, qui signifie « personnes brisées ». Officiellement, en Inde, on les considère comme « castes répertoriées (scheduled castes) » et ils représentent plus de 16 % de la population nationale.

Les dalits doivent sont confrontés à une discrimination journalière qui comprend la ségrégation dans les villages et les écoles ; un accès réduit aux routes, places publiques et temples ; un accès limité aux services publics, soins de santé, eau potable ; de même qu’un accès difficile à la terre et, bien sûr, à la propriété foncière. Pareille discrimination a été déclarée illégale depuis l’année 1955, entraînant par la suite l’introduction en 1989 de la loi de la prévention des atrocités à l’égard des castes et tribus répertoriées ainsi que diverses mesures de protection dans le système de l’éducation et de l’emploi. Malheureusement, il faut constater que cette législation est très imparfaitement appliquée et que les dalits indiens continuent de subir discriminations et exclusions.

M. Anand Kumar se dit absolument ravi d’apprendre que Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, avait invité les pays membres à aborder franchement la discrimination de caste et les violations des droits humains qui affectent les femmes dalits dans le monde et aussi, de manière plus précise, à ajouter à la législation existante au Royaume Uni la prohibition de la discrimination de caste.

Prenant récemment la parole lors de la 23ème session du Conseil des Droits Humains des Nations Unies à Genève, Mme Pillay a dit : « A notre époque, les pratiques dégradantes de caste, de discrimination et d’intouchabilité, renforcées encore par l’action conjointe de la discrimination de caste et de genre, n’ont plus de place dans notre monde ».

Souvent, les dalits sont à la merci de propriétaires de castes dominantes pour leur survie. Cette situation les enferme dans le cercle vicieux de la pauvreté. Et pourtant, grâce aux changements apportés à la constitution indienne en vue de protéger les droits des dalits, un petit nombre d’entre eux a pu rejoindre la classe moyenne, certains même ont réussi à devenir des chefs d’entreprises après avoir surmonté toutes les barrières sociales et économiques dressées sur leur route.

Malgré les rapides progrès du développement et une remarquable croissance économique de l’Inde, les femmes et jeunes filles dalits restent particulièrement vulnérables puisqu’elles doivent subir non seulement la discrimination de caste mais aussi celle de classe et de genre – connue, en Inde, sous le nom de triple discrimination – les laissant dans un cercle vicieux de marginalisation et d’exploitation. A titre d’exemple, les statistiques indiennes rapportent plus de 1000 viols par an commis sur la personne de femmes ou de jeunes filles dalits, un chiffre nettement supérieur à celui qui concerne d’autres groupes sociaux.

En outre, de nombreuses jeunes filles dalits sont toujours offertes au temple dans le cadre du système Devadasi. Cette pratique considérée jadis comme sacrée dans beaucoup de temples hindous cache en réalité un système d’abus sexuels perpétrés par des hommes de castes dominantes sur des jeunes filles dalits. Ces jeunes filles ne pourront jamais se marier. Elles sont même rejetées par leurs communautés. Si elles donnent naissance à un enfant, ce dernier sera victime d’une discrimination supplémentaire pour n’avoir pas de père reconnu.

En conclusion, selon le représentant de Christian Aid, il ne faudrait pas considérer la discrimination de caste comme un problème limité aux seuls dalits ou propre à un pays déterminé. Il s’agit d’un problème de droits humains dont souffrent des millions de personnes en Inde, en Asie du Sud et partout dans le monde où vit une diaspora indienne, y compris au Royaume Uni.

Source : Anand KUMAR, représentant indien de ‘Christian Aid’ (par courriel)

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