Travailler au péril de sa vie

Oct 25 2012

Travailler au péril de sa vie


Nous vous proposons ci-dessous la traduction française d’extraits de deux articles publiés tout récemment dans le quotidien indien de langue anglaise The Hindu.

Une honte dépassant l’entendement
Rajkumar et son frère Mukesh, originaires du bourg d’Etah situé dans l’ouest de l’Etat d’Uttar Pradesh, ont été recrutés par un entrepreneur travaillant pour le Delhi al Board (une institution publique de la capitale de l’Union indienne) pour procéder au nettoyage d’égouts.

Malgré que la vidange manuelle de latrines et d’égouts fasse l’objet depuis des années de critiques acerbes provenant de tous les secteurs de la population indienne et même du Premier Ministre qui vient encore de la qualifier de ‘pratique répulsive’, elle continue à être pratiquée couramment même au cœur de New Delhi.

Tout récemment, on a pu voir des hommes qui descendaient dans les égouts de Bhogal, près du centre de Delhi, et, comme les autres cités ci-dessus, sans la moindre protection vestimentaire ou de sécurité élémentaire.

Malgré le retard de la mise en application de l’interdiction d’emploi de vidangeurs manuels de latrines / égouts et de la loi de réhabilitation des victimes (2012), l’Inde souhaite que ces lois soient mises en œuvre strictement dans un très proche avenir afin de rendre espoir à ces millions de personnes employées dans cette profession inhumaine.

Sachant que ces lois élargissent la définition de vidangeurs manuels, il reste cependant qu’elles ne prévoient pas clairement une réhabilitation concrète pour les diverses catégories de vidangeurs y compris ceux qui ont déjà été libérés de ce genre de travail.

Un travailleur et un ingénieur meurent asphyxiés dans un trou d’homme
Malgré l’instruction émanant de la Cour Suprême de l’Union indienne interdisant tout nettoyage manuel de trous d’homme, un travailleur du nom de Shankar, sous contrat du Ministère des eaux et égouts de Chennai (anciennement Madras), est mort asphyxié en descendant dans un trou d’homme. Shankar était descendu dans ce trou d’homme sans aucun équipement de sécurité pour procéder à son travail de nettoyage et y respira du gaz empoisonné. Alors qu’il s’efforçait d’inhaler de l’air frais en s’échappant du trou d’homme, un ingénieur vint à sa rescousse mais tomba aussi dans le trou et tous deux y perdirent la vie.

Les représentants du Ministère commencèrent par nier que Shankar soit descendu de son plein gré dans ce trou d’homme. Ils prétendirent que Shankar avait glissé, était tombé dans le trou et que l’ingénieur qui avait tenté de lui venir en aide était également tombé dans le trou. Finalement, ces représentants, cherchant à calmer la population locale en émoi, ont déclaré : « Nous avons arrêté toute entrée de travailleurs manuels dans les trous d’homme. »

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