Système Sumangali : travail forcé d’enfants dans l’industrie textile indienne

Oct 02 2012

Système Sumangali : travail forcé d’enfants dans l’industrie textile indienne


3 octobre 2012

Des publications récentes du Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO) et du Comité indien des Pays Bas (ICN) ont sans aucun doute contribué à lutter contre le travail d’enfants dans l’industrie textile en Inde du Sud. Certaines marques commerciales de vêtements et des politiciens ont commencé à mener des actions contre le travail forcé d’enfants en Inde du Sud, connu sous le nom de « Sumangali Scheme ».

Le « Système Sumangali » implique que des jeunes, en majorité des filles, obtiennent un contrat de trois ans à un salaire très bas dont la majeure partie est payée en une seule fois à la fin de la durée du contrat, à condition toutefois que les trois années aient été prestées entièrement. Ces jeunes sont forcés de travailler de très longues journées dans des conditions de travail insalubres (poussière de coton). Les jeunes filles vivent dans des foyers et n’ont que peu ou pas de contacts avec le monde extérieur, même avec leurs propres familles. La plupart de ces travailleuses sont des jeunes filles dalits (hors caste), victimes de discrimination et donc très vulnérables à toute forme d’exploitation.

Des initiatives concertées par un grand nombre de marques de vêtements, de syndicats et d’autres organisations de la société civile – y compris l’Initiative EBSC (European Business Social Compliance) engagée à améliorer les conditions de travail dans les chaînes internationales d’approvisionnement – recherchent actuellement une solution satisfaisante au problème. Il s’agit évidemment d’un début dont on devra encore attendre les résultats sur le terrain. Quant à la marque commerciale C&A, la dernière mise à jour de leurs opérations mentionne qu’un de leurs fournisseurs – Sumeru Knits – a décidé de ne plus travailler avec les filatures qui font usage du « Sumangali Scheme » à partir du mois d’août 2012. C&A  appuie également les activités des organisations locales qui cherchent à faire sortir les jeunes filles travaillant dans les filatures afin qu’elles puissent soit retourner à l’école, soit recevoir une formation professionnelle.

Des membres du Parlement européen ont débattu de cette question avec Catherine Ashton (Haut Représentant des Affaires Extérieures de l’UE). Ils lui ont demandé de soulever la question avec le gouvernement indien, de formuler un plan d’action concerté avec diverses entreprises et d’exiger de la part de l’industrie textile européenne une transparence complète de toute la chaîne de fournitures de produits textiles.

Des organisations locales dans le sud de l’Inde signalent des améliorations, certes limitées, dans les conditions de travail des travailleurs et travailleuses ‘Sumangali’. Certains fournisseurs ont écourté leur contrat à une seule année. D’autres ont amélioré les salaires et augmenté la liberté de mouvements  des jeunes travailleurs et travailleuses. Le Ministre du Travail de l’Etat du Tamil Nadu a publiquement dénoncé le « Sumangali Scheme » et annoncé qu’il formerait sous peu un nouveau comité pour fixer un salaire minimum, inexistant à ce jour, pour tous les travailleurs des filatures.

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