Violences envers les chrétiens à Kandhamal

Aug 07 2012

Violences envers les chrétiens à Kandhamal


4 ans après les massacres, les survivants attendent toujours que justice soit rendue

 

Noël 2007, des fanatiques hindous attaquent des églises chrétiennes qui préparent la célébration de Noël, sous prétexte qu’il est interdit de dresser un arc de bienvenue à l’entrée du village. Fin août 2008, les violences recommencent à une échelle nettement plus large. Cette fois, le détonateur est l’assassinat d’un prêtre hindou, Swami Laxmanananda. Mais les véritables raisons sont à chercher dans la volonté d’une minorité d’hindous de concrétiser l’idéologie Hindutsva, ou l’Inde aux Hindous, excluant toute religion considérée comme étrangère.

 

Alors que la guérilla communiste revendique le meurtre du prêtre et de 4 autres personnes dans l’ashram hindou, les fanatiques religieux, sous la direction du Bajrang Dal, une branche du mouvement fanatique hindou Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) se vengent immédiatement sur les chrétiens, et la police arrête 7 chrétiens pour avoir assassiné le leader religieux hindou. Avec des membres d’organisations adivasis locales endoctrinées pour combattre les chrétiens, des escadrons de centaines voire de milliers de personnes envahissent les hameaux chrétiens. Les témoignages parlent d’une brutalité inouïe. Les maisons sont pillées et incendiées, les meubles, ustensiles et documents officiels détruits, plusieurs femmes et jeunes filles subissent des viols collectifs et des milliers de chrétiens sont sauvagement battus. Plusieurs dizaines d’entre eux sont tués à l’aide de haches, brûlés vifs et parfois même disséqués devant les yeux ahuris de leurs proches incapables de réagir.

 

4 ans après les faits, l’association des survivants réclame toujours que toute la lumière soit faite sur les événements de 2007 – 2008, que la justice reconnaisse l’entièreté des dommages causés et que les véritables coupables soient condamnés. Car l’Etat d’Orissa a bien instauré deux tribunaux d’exception pour poursuivre les coupables, mais un des deux juges n’a jamais condamné un quelconque prévenu. Et les compensations accordées aux familles dont la maison a été réduite à néant ne suffisent nullement pour reconstruire leur habitation. Pire, plus de 300 plaintes n’ont jamais été enregistrées, la police prétendant ne pas être compétente pour tel village ou changeant les faits relatés par les plaignants.

 

Quant aux 7 prévenus chrétiens, ils sont toujours derrière les barreaux, en attendant un hypothétique jugement, alors que la majorité des 415 condamnés parmi les attaquants ont été remis en liberté.

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