Yearly Archives: 2012

Yearly Archives: 2012

Dec 05 2012

Expo dalits “260 millions de raisons d’agir”


Le réseau “Solidarité Dalits Belgique” a récemment mis au point une exposition de 24 panneaux sur la situation des dalits en Asie du Sud. Cette exposition a été réalisée à partir des photos du photographe danois Jakob Carlsen. Le Réseau international de solidarité avec les dalits (IDSN) avait édité une première version en anglais. Elle a été traduite en français et néerlandais, grâce à l’appui financier de l’union européenne. Le matériel est dès à présent disponible pour des expositions et animations.
Les 24 panneaux sont autoportants, chaque bâche étant fixée sur une structure métallique pliable. Chaque panneau fait environ 2m de haut et 1,20m de large.
Un guide pédagogique complète l’exposition pour favoriser l’attention et la copmpréhension des élèves du secondaire.
La prochaine exposition publique est prévue à Namur, au mois de janvier 2013. Pour plus de détails, contactez info@dalit.be ou suivez les annonces sur ce site.

Share/Bookmark

Suite

Dec 05 2012

Destruction de centaines d’habitations de dalits dans le district de Dharmapuri, Tamil Nadu, Inde


Le 7 novembre 2012, au moins 2000 citoyens non-dalits ont pris pour cible, dans une attaque soigneusement préparée, trois villages dalits dans le district de Dharmapuri. Cette horde de ‘Vanniyars’, membres d’une caste dite ‘arriérée’ (backward), qui se considèrent toutefois comme supérieurs aux dalits, ont brulé des centaines d’habitations après les avoir préalablement pillées.

La cause de cette mise à sac serait à trouver dans le suicide d’un homme ‘vanniyar” dont la fille aurait épousé un jeune dalit. Avant l’attaque, le jeune couple avait demandé la protection des autorités locales. De fait, 300 policiers avaient été mobilisés pour garder le village de Natham où résidait le couple. Ces policiers furent incapables ou réticents à intervenir pour empêcher les malfrats d’attaquer Natham ainsi que deux autres villages. Suite à cet acte concerté de violence, 1500 dalits ont perdu leur habitat et leurs biens. Pour sauver leur vie, ils se sont réfugiés dans des villages voisins.

Les autorités locales rapportent que 90 malfrats ont été arrêtés et que les familles des victimes ont reçu une compensation ainsi qu’un logement provisoire.

Henri Tiphagne, directeur général de l’organisation de droits humains « People’s Watch » s’est rendu sur les lieux, dans le district de Dharmapuri, au lendemain de l’attaque pour se rendre compte de la situation et aussi pour fournir une aide immédiate aux enfants victimes. Il s’est exprimé de la sorte : « C’est le plus choquant des actes d’atrocité de caste dont j’ai pu être témoin au cours de ma vie, jusqu’à présent, en termes de violences suscitées par un incident – un mariage inter-caste – et qui ont été perpétrées avec la pleine connaissance et sous la protection de la police pour entrainer la destruction totale de 430 habitations. »

D’après un message reçu du ‘Réseau international de solidarité avec les dalits’

Suite

Dec 05 2012

Un important rassemblement de dalits et d’aborigènes à Delhi (Inde) le 23 novembre 2012


Introduction : La ‘campagne nationale pour la défense des droits humains des dalits’ a créé, en 2009, un ‘mouvement national dalit pour la justice’ en vue d’appuyer plus efficacement la « Coalition nationale pour la mise en pratique de la loi de prévention d’atrocités subies par les dalits et les aborigènes » en Inde.

Cette coalition comprend plus de 200 organisations de la société civile, actives dans 18 Etats de l’Union indienne. Elle est à l’origine du grand rassemblement du 23 novembre dernier qui demandait au gouvernement de l’Inde de prêter l’oreille aux revendications de dizaines de milliers de dalits et d’aborigènes. Ces requêtes portaient très concrètement sur des propositions de nouvelles politiques et aussi sur des amendements aux lois en question pour les rendre plus effectives dans leur application.

Conscient que la fin de l’intouchabilité, l’arrêt des atrocités commises sur des dalits et l’annulation du système des castes ne pourraient aboutir dans le sous-continent indien sans un soutien fort des autres parties du monde, le responsable du « Réseau international de solidarité avec les dalits (IDSN) » avait sollicité la présence de nombreux membres d’ONG occidentales.

Le Ministre de justice sociale du gouvernement indien a pris la parole pendant ce rassemblement pour communiquer que la loi pour la prévention d’atrocités devait impérativement et sans délai être amendée pour empêcher tout relâchement dans son application. Les amendements envisagés ont déjà atteint les derniers stades de leur formulation. Ils pourraient donc être promulgués officiellement au début de l’année prochaine.

(Sources : divers courriels envoyés par le « Réseau international de solidarité avec les dalits »

Suite

Dec 05 2012

Recension succincte d’un ouvrage récent sur l’exclusion et la subordination des dalits en Inde


D’abord un mot sur l’auteur : Rabindra Kumar est professeur associé de sociologie à l’ Ecole des sciences sociales de l’Université nationale Indira Gandhi, à Delhi. Auparavant ce professeur était directeur du « Centre d’études Ambedkar ». Il est aussi l’auteur de divers ouvrages qui ont pour sujet : la société indienne, le développement social, les études dalits, l’exclusion sociale …

L’ouvrage de R. Kumar est intitulé en anglais « Dalit exclusion and subordination ». Il tente d’explorer la marche des dalits s’efforçant de former une catégorie sociale, économique et politique
en examinant aussi l’arrière-plan historique qui a permis une telle évolution et la position des dalits dans la société indienne d’aujourd’hui.

L’auteur argumente que malgré les efforts déployés par l’Etat en vue d’améliorer le sort des dalits, une situation effroyable de discrimination, d’exploitation et d’atrocités continue d’exister sur la base d’une subordination rituelle traditionnelle.

L’ « intouchabilité » a de profondes racines dans la société indienne. Si elle est devenue une manière habituelle de penser dans les villes, il n’en va de même dans les zones rurales où elle est beaucoup plus visible et tangible et où un simple contact physique entre dalit et non-dalit est interdit dans la pratique. En outre cette ‘intouchabilité’ s’est transmise de génération en génération par des processus de socialisation au point que les dalits ont continué et continuent à souffrir d’innombrables formes de discrimination, d’exploitation et même d’exclusion socio-économique.

Source : Umakant , 19 novembre 2012

(Référence : )

Suite

Dec 05 2012

Les dalits musulmans et chrétiens réclament le statut de ‘caste répertoriée’ (scheduled caste)


Ce jeudi 22 novembre 2012, de nombreux dalits musulmans et chrétiens protestaient à Delhi. Ils demandaient que le décret présidentiel « discriminatoire » de 1950 soit amendé. Ce décret prévoyait que seuls les dalits professant la religion hindoue pouvaient être traités comme appartenant à la caste répertoriée.

Adressant la parole aux protestataires, S. Jayakumar, secrétaire exécutif de la Commission de politique, de gouvernance et de témoins publics, fit valoir qu’étant donné que « le statut de caste répertoriée et les bénéfices qui en découlent ont pour but de faire disparaître les privations socio-économiques basées sur le système des castes, les dalits musulmans et chrétiens méritent plus que d’autres le statut de caste répertoriée. »

« Parce qu’ils ont été privés du statut de caste répertoriée pendant plus d’un demi-siècle, ces deux communautés minoritaires subissent, en termes des principaux indicateurs socio-économiques, une plus grande précarité que de nombreux dalits ‘hindous’ » Et S. Jayakumar d’ajouter : « non seulement sont-ils privés d’emplois et de places réservées dans les commissions élues mais se voient refuser toute protection prévue par la loi sur la prévention d’atrocités. » (…)

Le père Z. Devasagayaraj, représentant de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde, a dit que le refus répété du statut de caste répertoriée aux dalits musulmans et chrétiens constituait une ‘complète moquerie’ de la crédibilité de l’Union indienne qui se veut démocratique et séculière. Il a aussi insisté sur le fait qu’une pétition pour l’amendement du décret présidentiel de 1950 est en en cours d’examen à la Cour Suprême.

(Source : The Hindu, novembre 2012)

Suite

Oct 25 2012

Travailler au péril de sa vie


Nous vous proposons ci-dessous la traduction française d’extraits de deux articles publiés tout récemment dans le quotidien indien de langue anglaise The Hindu.

Une honte dépassant l’entendement
Rajkumar et son frère Mukesh, originaires du bourg d’Etah situé dans l’ouest de l’Etat d’Uttar Pradesh, ont été recrutés par un entrepreneur travaillant pour le Delhi al Board (une institution publique de la capitale de l’Union indienne) pour procéder au nettoyage d’égouts.

Malgré que la vidange manuelle de latrines et d’égouts fasse l’objet depuis des années de critiques acerbes provenant de tous les secteurs de la population indienne et même du Premier Ministre qui vient encore de la qualifier de ‘pratique répulsive’, elle continue à être pratiquée couramment même au cœur de New Delhi.

Tout récemment, on a pu voir des hommes qui descendaient dans les égouts de Bhogal, près du centre de Delhi, et, comme les autres cités ci-dessus, sans la moindre protection vestimentaire ou de sécurité élémentaire.

Malgré le retard de la mise en application de l’interdiction d’emploi de vidangeurs manuels de latrines / égouts et de la loi de réhabilitation des victimes (2012), l’Inde souhaite que ces lois soient mises en œuvre strictement dans un très proche avenir afin de rendre espoir à ces millions de personnes employées dans cette profession inhumaine.

Sachant que ces lois élargissent la définition de vidangeurs manuels, il reste cependant qu’elles ne prévoient pas clairement une réhabilitation concrète pour les diverses catégories de vidangeurs y compris ceux qui ont déjà été libérés de ce genre de travail.

Un travailleur et un ingénieur meurent asphyxiés dans un trou d’homme
Malgré l’instruction émanant de la Cour Suprême de l’Union indienne interdisant tout nettoyage manuel de trous d’homme, un travailleur du nom de Shankar, sous contrat du Ministère des eaux et égouts de Chennai (anciennement Madras), est mort asphyxié en descendant dans un trou d’homme. Shankar était descendu dans ce trou d’homme sans aucun équipement de sécurité pour procéder à son travail de nettoyage et y respira du gaz empoisonné. Alors qu’il s’efforçait d’inhaler de l’air frais en s’échappant du trou d’homme, un ingénieur vint à sa rescousse mais tomba aussi dans le trou et tous deux y perdirent la vie.

Les représentants du Ministère commencèrent par nier que Shankar soit descendu de son plein gré dans ce trou d’homme. Ils prétendirent que Shankar avait glissé, était tombé dans le trou et que l’ingénieur qui avait tenté de lui venir en aide était également tombé dans le trou. Finalement, ces représentants, cherchant à calmer la population locale en émoi, ont déclaré : « Nous avons arrêté toute entrée de travailleurs manuels dans les trous d’homme. »

Suite

Oct 02 2012

Système Sumangali : travail forcé d’enfants dans l’industrie textile indienne


3 octobre 2012

Des publications récentes du Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO) et du Comité indien des Pays Bas (ICN) ont sans aucun doute contribué à lutter contre le travail d’enfants dans l’industrie textile en Inde du Sud. Certaines marques commerciales de vêtements et des politiciens ont commencé à mener des actions contre le travail forcé d’enfants en Inde du Sud, connu sous le nom de « Sumangali Scheme ».

Le « Système Sumangali » implique que des jeunes, en majorité des filles, obtiennent un contrat de trois ans à un salaire très bas dont la majeure partie est payée en une seule fois à la fin de la durée du contrat, à condition toutefois que les trois années aient été prestées entièrement. Ces jeunes sont forcés de travailler de très longues journées dans des conditions de travail insalubres (poussière de coton). Les jeunes filles vivent dans des foyers et n’ont que peu ou pas de contacts avec le monde extérieur, même avec leurs propres familles. La plupart de ces travailleuses sont des jeunes filles dalits (hors caste), victimes de discrimination et donc très vulnérables à toute forme d’exploitation.

Des initiatives concertées par un grand nombre de marques de vêtements, de syndicats et d’autres organisations de la société civile – y compris l’Initiative EBSC (European Business Social Compliance) engagée à améliorer les conditions de travail dans les chaînes internationales d’approvisionnement – recherchent actuellement une solution satisfaisante au problème. Il s’agit évidemment d’un début dont on devra encore attendre les résultats sur le terrain. Quant à la marque commerciale C&A, la dernière mise à jour de leurs opérations mentionne qu’un de leurs fournisseurs – Sumeru Knits – a décidé de ne plus travailler avec les filatures qui font usage du « Sumangali Scheme » à partir du mois d’août 2012. C&A  appuie également les activités des organisations locales qui cherchent à faire sortir les jeunes filles travaillant dans les filatures afin qu’elles puissent soit retourner à l’école, soit recevoir une formation professionnelle.

Des membres du Parlement européen ont débattu de cette question avec Catherine Ashton (Haut Représentant des Affaires Extérieures de l’UE). Ils lui ont demandé de soulever la question avec le gouvernement indien, de formuler un plan d’action concerté avec diverses entreprises et d’exiger de la part de l’industrie textile européenne une transparence complète de toute la chaîne de fournitures de produits textiles.

Des organisations locales dans le sud de l’Inde signalent des améliorations, certes limitées, dans les conditions de travail des travailleurs et travailleuses ‘Sumangali’. Certains fournisseurs ont écourté leur contrat à une seule année. D’autres ont amélioré les salaires et augmenté la liberté de mouvements  des jeunes travailleurs et travailleuses. Le Ministre du Travail de l’Etat du Tamil Nadu a publiquement dénoncé le « Sumangali Scheme » et annoncé qu’il formerait sous peu un nouveau comité pour fixer un salaire minimum, inexistant à ce jour, pour tous les travailleurs des filatures.

Suite

Sep 07 2012

INDE : Les employeurs de vidangeurs manuels de latrines condamnables à des peines de prison


Le gouvernement indien est sur le point d’introduire une nouvelle législation qui aurait pour objet de mettre fin aux travaux de vidange manuelle des latrines. Le projet de loi prévoit de sévères pénalités pour ceux qui continueraient à employer des personnes pour de telles tâches.

Les agences ou familles qui emploient des vidangeurs manuels de latrines pourraient en effet subir des peines de prison s’ils continuent de commanditer ces pratiques inhumaines.

Fin août 2012, le gouvernement de l’Union indienne à New Delhi a approuvé un nouveau projet de loi qui vise à éradiquer toutes pratiques de vidange manuelle de latrines. Le projet de loi prévoit aussi que les employeurs de vidangeurs manuels de latrines bénéficient d’une période de neuf mois pour accepter un système qui ne laisse plus aucune place à de telles pratiques.

La nouvelle législation est proposée suite à l’échec de la loi précédente de 1993 qui condamnait formellement la vidange manuelle des latrines mais qui n’eut qu’un effet négligeable.

La pratique inhumaine qui revient à forcer des dalits à nettoyer des latrines sèches à l’aide de leurs mains nues se poursuit actuellement en Inde et pourrait affecter directement plus d’un million de personnes.

Le projet de loi propose une définition beaucoup plus large de la vidange manuelle des latrines que celle acceptée antérieurement. Le concept a été redéfini et remplace les termes « porter manuellement des excréments humains » par les suivants : « nettoyer manuellement, porter, disposer de ou manipuler de toute autre manière des excréments humains dans des latrines malsaines, dans un égout ouvert ou un trou dans lequel des excréments ont été déversés ». Ceci signifie en clair que la nouvelle définition inclurait aussi les nettoyeurs d’égouts, souvent des dalits, qui descendent dans les égouts afin de les nettoyer mais sans être protégés par un habillement adapté. Les employeurs qui engagent des travailleurs pour de telles pratiques dangereuses pourraient encourir des peines de cinq années de prison.

« Nous sommes très heureux que le gouvernement de l’Union indienne ait approuvé une nouvelle législation pour mettre fin à la pratique inhumaine de vidange manuelle des latrines. Plusieurs éléments prévus dans ce projet sont importants, comme la définition de vidange manuelle. Comparée à la loi de 1993, cette définition est très complète » dit Ashif Shaikh de Rashtriya Garima Abhiyan – Jan Sahas, un mouvement national qui milite pour la totale éradication de la vidange manuelle de latrines et la reconnaissance des droits des dalits (’empowerment’) et d’autres sections vulnérables de la société. Toutefois, Ashif Shaikh fait remarquer que le projet de loi présente encore des lacunes notamment au sujet de la libération et de la réhabilitation des vidangeurs manuels de latrines. C’est pourquoi son mouvement ainsi que d’autres organisations réclament que des améliorations soient apportées à ce projet de loi.

Suite

Aug 16 2012

Révision de la loi de 1989 contre les atrocités envers dalits et tribaux en Inde


Au cours de cet été 2012, la société civile indienne s’active en consultations, marches et contacts politiques pour exercer des pressions en vue de réviser une loi censée prévenir et réprimer des actes de violences envers les dalits (intouchables) et adivasis (tribaux).

Communément appelée la « Loi SC & ST », cette « Loi pour la prévention d’atrocités envers les castes et tribus répertoriées (dalits et adivasis) » date de 1989, et ses règles d’application de 1995. Alors que la Constitution indienne de 1950 abolit officiellement l’intouchabilité, dalits et adivasis continuent à être victimes de nombreux actes de violence et d’atrocités perpétrés par des personnes appartenant à d’autres castes, y compris dans les administrations publiques.

La Loi de 1989 n’a cependant pas résolu les problèmes. Les principales lacunes se situent dans la liste trop restrictive des actes punissables par la loi, ainsi que dans l’application de celle-ci.

Concrètement, la loi ne s’applique qu’à des crimes punissables d’au moins 10 ans d’emprisonnement. En outre, des actes tels que forcer des enfants dalits ou adivasis à travailler – ce qui les empêche leur scolarisation –,   enlever manuellement des excréments humains ou déshabiller des femmes dalits en public ne sont pas pris en compte par la loi en question.

Par ailleurs, la police n’accepte souvent pas les plaintes introduites ou les classe sous d’autres appellations en vue d’échapper à cette loi. Enfin, beaucoup d’affaires judiciaires durent des années, et la plupart des accusés sont finalement jugés non coupables.

C’est pourquoi, dalits et adivasis se mobilisent actuellement pour réviser la loi et sa mise en application. Une coalition nationale s’est formée en 2009. Elle a de bonnes raisons d’espérer que le Parlement national traite le sujet dans sa session d’hiver (fin 2012).

Pour sensibiliser l’opinion publique et le monde politique à la question, des consultations ont démarré dans plusieurs Etats indiens, impliquant des organisations de la société civile et des parlementaires. Le Bihar, Orissa, Maharastra et Gujarat étant particulièrement touchés par de tels actes, des mobilisations y ont déjà débuté. Elles devraient culminer dans une action nationale à Delhi le 26 novembre 2012 par un rassemblement de dizaines de milliers de victimes.

Suite

Aug 16 2012

Un acteur célèbre de Bollywood dénonce la discrimination de caste


15/08/12

Dans une récente émission de son talk-show populaire «Satyamev Jayate», l’acteur Aamir Khan a abordé la discrimination de caste et l’a déclarée une «maladie mentale».

Si vous êtes un militant dalit, l’accès aux politiciens indiens de premier plan n’est pas facile. Si vous êtes une superstar de Bollywood (cinéma indien) et que vous parlez en faveur des droits des dalits, cela peut s’avérer bien plus facile – comme l’a démontré une rencontre entre le célèbre acteur, Aamir Khan, et le Premier ministre Manmohan Singh, le 16 juillet dernier.

Les deux hommes ont discuté de la pratique illégale et inhumaine de l’élimination manuelle des excréments humains, et le Premier ministre a assuré à M. Khan qu’il chercherait une réponse à la question de façon prioritaire. On estime à plus d’un million le nombre de dalits qui travaillent comme éboueurs manuels à travers l’Inde, même si la pratique a depuis longtemps été interdite.

Une semaine ou deux avant la réunion, l’un des principaux militants indiens contre l’élimination manuelle des excréments, M. Bezwada Wilson, avait été invité au show d’Aamir Khan, Satyamev Jayate («Seule la vérité l’emporte»). L’émission est devenue très populaire et aborde les problèmes sociaux douloureux de l’Inde, et cet épisode en particulier a diffusé quelques vérités dérangeantes sur la discrimination de caste et «l’intouchabilité».

Elle a présenté un certain nombre de dalits, y compris un professeur d’université qui a parlé avec émotion de la discrimination à laquelle elle a été confrontée tout au long de sa vie, ce qui incita Aamir Khan à lancer la remarque suivante à son auditoire: «Si j’estime que je suis supérieur à vous de par ma naissance, alors je suis un malade mental.»

Un autre invité, le cinéaste militant Staline K, montra des scènes de son documentaire primé sur la discrimination de caste, «India Untouched». Il a félicité Khan à mettre en évidence la question de l’ «intouchabilité» devant un auditoire de la télévision nationale, en disant qu’«il nous a fallu 65 ans pour amener le sujet ici.»

Dans un entretien ultérieur avec Associated Press, Staline K a reconnu que l’émission de Khan n’aborde pas nécessairement de nouvelles questions, mais que «les conversations sont beaucoup plus profondes.» Il a ajouté qu’ «une telle discussion en profondeur dans un laps de temps aussi court est sans précédent.»

D’autres ont mis l’accent sur l’impact potentiel des acteurs de Bollywood sur les questions sociales. Mari Marcel Thekaekara, une journaliste qui a écrit de nombreux articles sur le sort des dalits, a noté sur son blog que l’émission de Khan «a touché un nerf sensible».

«Aamir a exhorté l’Inde à lutter contre l’intouchabilité et la discrimination. Je pense que si nous commencions actuellement une campagne nationale, avec les acteurs de Bollywood, cela pourrait changer radicalement la direction que l’Inde prend aujourd’hui», écrit-elle.

Suite

Page 1 of 212